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L'heure de vérité

L'heure de vérité

Le 22/02/2020 à 11:34Mis à jour Le 22/02/2020 à 11:35

TOURNOI DES 6 NATIONS 2020 - C'est dans l'un des stades les plus chauds d'Europe que ce XV de France, plutôt séduisant depuis le début de la compétition, saura vraiment ce qu'il a dans le ventre. À vous de jouer, garçons...

On aime ou on déteste. Mais les Gallois n'ont pas leur pareil pour scénariser leurs avant-matchs et, par voie de fait, créer la panique dans les rangs de l'adversaire : sous le sarcophage en acier, des lumières que l'on coupe, des flammes de trois mètres qui encerclent l'entrée des joueurs et même, les grands soirs, un bouc de cent plombes qui accompagne la fanfare du "Welsh Royal Regiment". "En 2014, racontait dernièrement Yannick Bru, nos gars avaient laissé de l'énergie dans ce décor qui ressemblait au prélude d'un combat de boxe. Le show les avait beaucoup impressionnés."

Ambiance au Millennium de Cardiff - Galles-France - 21 février 2014

Ambiance au Millennium de Cardiff - Galles-France - 21 février 2014Icon Sport

D'évidence, les France-Galles ont tous eu ces dernières années de vraies gueules de "collector". C'est vrai, quoi ! Aucun d'entre-nous n'a oublié le match de 100 minutes remporté par les Bleus sur le gong, en 2017 et au fil d'une invraisemblable série de mêlées que les Français, suspectés d'avoir "mythoné" la blessure d'Atonio pour faire entrer Slimani, avaient quitté un rien péteux. Tout le monde se souvient encore de Guy Novès, dont l'un des hommes avait été accusé d'avoir mordu George North, prouver par le geste aux journalistes britanniques que l'ailier gallois avait très bien pu se faire une marque lui-même : "Voilà... Maintenant, j'ai moi aussi une trace de morsure...", avait d'ailleurs conclu le patron sportif des Bleus, face à un auditoire abasourdi. Et le France-Galles de l'an passé, alors ? Ne fut-il pas pour le moins inoubliable, dans la mesure où les Bleus, menant 16-0 à la pause, se vautrèrent lamentablement en fin de match après qu'une brique de Sébastien Vahaamahina a été interceptée par George North ?

Et merde, quoi ! Le temps est venu de renverser le cours de l'histoire et tordre le cou à la bête noire. Parce qu'en tout état de cause, ces Diables Rouges commencent à nous les briser menu avec leurs leçons de morale : quand ce n'est pas Sam Warburton qui allume les toubibs du Top 14 ("la France ne prend pas au sérieux ces problèmes de commotion cérébrale !"), ce sont les prédécesseurs de Wayne Pivac, Rob Howley ou Warren Gatland, qui mettent le championnat français dans les cordes pour des raisons similaires. Mais où va-t-on, nom de Dieu ? A-t-on dit quelque chose, chez nous, au sujet de Dan Biggar, victime de trois commotions cérébrales sur les cinq derniers mois et toujours autorisé, outre Manche, à poursuivre le massacre ?

Coupe du monde 2019 - Dan Biggar (Pays de Galles) après la défaite contre l'Afrique du Sud

Coupe du monde 2019 - Dan Biggar (Pays de Galles) après la défaite contre l'Afrique du SudIcon Sport

Quelles que soient les conséquences de ces mini trauma cérébraux sur la santé du meneur de jeu gallois, les Tricolores ont compris au Japon que le dernier affrontement entre les deux entités avait bousculé les valeurs et que désormais, la sélection n'avait plus à faire de complexe face au Poireau, chez qui elle ne s'est plus imposée depuis le 26 février 2010. De fait, ce quart de finale de Coupe du monde fut l'occasion de démontrer que l'équipe de France avait les moyens de dominer une nation du Top 3 mondial et que, sans l'expulsion du grand "Vahaa", elle aurait probablement donné à la fin de règne de Gatland un goût de suif. Alors, on n'est pas assez stupide pour croire le XV de France favori, à Cardiff. On dit simplement qu'à système défensif identique, la bleusaille de Galthié a pour elle des individualités dont sont probablement dépourvus les Gallois...

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