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Poirot : "Si on travaille collectivement, on peut s'en sortir contre n'importe qui"

Poirot : "Si on travaille collectivement, on peut s'en sortir contre n'importe qui"
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 28/01/2020 à 11:07

TOURNOI DES 6 NATIONS 2020 - En conférence de presse, le pilier des Bleus est revenu sur la question de la répartition du leadership et bien sûr du travail de la mêlée, où le XV de France souhaite renvoyer une autre image que celle aperçue lors du Mondial au Japon.

Midi Olympique : Il y a quelques semaines, vous disiez que vous souhaitiez prendre plus d'importance en équipe de France...

Jefferson Poirot : (il coupe) J'ai dit que j'aurais aimé avoir un rôle parce que j'espère pouvoir faire profiter de l'expérience acquise ses quatre dernières années. Mais aujourd'hui, le but pour cette équipe, c'est d'essayer d'être performant, de gagner des matches. Et j'espère avoir un rôle là-dedans. C'était difficile, ces quatre dernières années donc je n'ai pas envie de le revivre.

Justement, pourriez-vous nous expliquer comment le leadership a été réparti?

J.P. : Un peu à la Coupe du monde, on s'est réuni autour de Charles Ollivon. C'est lui qui nous a présenté le groupe leader, il veut des joueurs autour de lui qui sont ses relais dans le groupe. Il veut également s'entourer pour prendre les bonnes décisions, ce qui se fait partout aujourd'hui. On est huit mais ça dépend des allées et venues, des joueurs impliqués sur le match, de ceux qui sont pas là dans le groupe.

Pour parler du match de dimanche, on peut s’attendre à un énorme défi en mêlée, où les Anglais voudront se rassurer après leur défaite en finale de la Coupe du monde ? Un secteur où vous estimiez durant le Mondial que vous étiez encore "des agneaux"...

J.P. : Connaissant les Anglais, je m’attends à une très grosse réaction. A une immense réaction. Il ne faut pas oublier : on est le match d'après pour eux… Mais, nous aussi, on est revenu vexés de cette Coupe du monde et j'ai l'impression qu’on évolue, heureusement. On a pris conscience de tout ce qu'on a mal fait par le passé et on a surtout cette idée de redevenir une conquête forte, ce qui nous a manqué sur la Coupe du monde. On ne va pas se cacher, tout le monde est très vexé de notre niveau...

Justement, qu’avez-vous pris conscience d’avoir mal fait ?

J.P. : On n'a pas travaillé assez collectivement, on était trop désunis. On poussait pas dans le même axe, il n'y avait pas de bonnes liaisons... Beaucoup de trucs collectifs étaient à reprendre. Et là, depuis le début du stage avec William Servat, on est dans l'hyper détail. On travaille sur des choses infimes qui, au final, doivent faire beaucoup de différences. Quand William nous remontre certaines images, on se dit : "Oui, c'est vrai, comment on a pu autant de désunir collectivement sur une phase de conquête et de combat organisé comme ça ?" C'était difficile de pouvoir s'en sortir en étant aussi mauvais collectivement. On est un bloc et si on travaille collectivement, on peut s'en sortir contre n'importe qui.

6 Nations - Une mêlée entre Gallois et Français en février 2019

6 Nations - Une mêlée entre Gallois et Français en février 2019Icon Sport

Il paraît que la tête du joug a été changée pour être remplacée par une autre, beaucoup plus dure...

J.P. : C’est vrai ! (rires). Elle est très dure même. Il y a beaucoup de mousse en moins, elle est épaisse comme ça (il mime un écartement de doigts de quelques centimètres) et il ne reste pratiquement plus que la plaque en bois juste derrière pour taper fort, se rapprocher des impacts en match. C’est William qui l’a voulu. Je découvre cette méthode et c’est une bonne chose.

Ces mêlées perdues en quart de finale contre le pays de Galles vous hantent-elles encore ?

J.P. : Celle qui nous coûte l’essai, pas tellement, au final. Celle que je regrette le plus et qui déclenche ce scenario catastrophe se trouvait de l’autre côté du terrain, quand on se retrouve à 7 contre 8 à cinq mètres de l’en-but gallois et qu’on décide d’effectuer une double flexion, sans mettre de numéro 8 pour canaliser le ballon. On ne le contrôle pas, on le perd en route, et derrière tout s’enchaîne… Aujourd’hui encore, je ne m’explique pas pourquoi nous avons fait ça. J’espère au moins qu’on en retiendra les leçons pour les quatre ans à venir.

Certains de vos partenaires assurent ne pas craindre l'Angleterre. Partagez-vous cette confiance ?

J.P. : Moi, je crains chaque adversaire que je joue. Mais là où je rejoins mes coéquipiers, c'est que la pression est moindre quand on joue la meilleure équipe du monde. Elle est minime par rapport à celle qu’on pouvait avoir en 2016, lorsqu’on affrontait l’Italie qui comptait huit points d’avance sur nous à vingt minutes de la fin... Mais tous les adversaires sont à craindre. On a juste un peu moins de pression, et on va arriver avec de l'enthousiasme.

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