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Huget : "Nous sommes en retard et on le sait"

Huget : "Nous sommes en retard et on le sait"

Le 13/03/2019 à 16:15Mis à jour Le 13/03/2019 à 16:16

TOURNOI DES 6 NATIONS 2019 - S'il reconnaissait ses torts et ses manques, l'ailier toulousain encourageait son équipe à ne pas baisser la tête.

Rugbyrama : Vous avez effectué le debriefing du match perdu en Irlande lundi. Qu'en est-il ressorti ?

Yoann Huget : Tout le monde a pu voir à quel point on avait été dominés en première période, dans l'incapacité à sortir de notre camp. Tout le monde l'a vu, nous aussi. À nous de trouver les solutions.

Existent-elles ?

Y.H. : Bien sûr et nous les avions en mains, avant le match. Le plan de jeu était établi : notre idée, c'était justement d'occuper le terrain. Mais le scénario du match fait qu'après deux minutes, les Irlandais ont déjà marqué et qu'ils sont de retour dans notre camp, avec le ballon. Dès lors, nous n'avons eu que très peu de ballons. Quand on en récupérait un ou deux, est-ce qu'il fallait rester dans nos plans et s'en séparer immédiatement en occupant au pied ? Peut-être. Nous ne l'avons pas fait.

Pourtant, en jouant, vous rendiez aussi systématiquement le ballon...

Y.H. : La pression appelle la faute. Les Irlandais nous ont asphyxiés et nous ont poussé à commettre ces fautes. Heureusement, nous avons été solidaires. Sinon, c'est un match où on aurait pu prendre quarante points.

Le retard que concède la France sur les nations majeures est-il irrémédiable, dans l'optique de la prochaine Coupe du monde ?

Y.H. : Nous sommes en retard et on le sait. Notre groupe est nouveau, il doit encore se construire. Sexton-Murray jouent ensemble depuis une éternité. Nous "Toto et Romain" (Dupont et Ntamack, N.D.L.R.) découvrent seulement ce niveau. Il leur faut du temps. Il en faut de toute façon pour que les choses se mettent en place.

Yoann Huget (France) auteur d'un essai contre l'Écosse

Yoann Huget (France) auteur d'un essai contre l'ÉcosseIcon Sport

Ce temps, vous ne l'avez justement pas, avec une Coupe du monde dans six mois...

Y.H. : La cible est loin, oui, et nous avons peu de temps pour l'atteindre. Mais une Coupe du monde est un format particulier. Tous les compteurs sont remis à à zéro. Nous aurons trois mois pour bien nous préparer et travailler sur les affinités. Est-ce que ce sera suffisant pour être au niveau des meilleures nations à la Coupe du monde ? Je l'espère et j'ai envie d'y croire.

Comment vivez-vous les critiques, nombreuses, qui s'abattent sur vous ?

Y.H. : Avec un peu d'expérience, on commence à mieux l'appréhender. De toute façon, chacun sait faire son auto-critique. Nous n'avons pas besoin des avis extérieurs pour savoir si nous avons été bons, ou pas. Les critiques, c'est juste une partie du jeu, on s'y habitue. C'est plutôt pour nos proches que c'est dur à vivre.

Vous étiez venus en Irlande avec l'objectif annoncé de gagner. Avec le recul et au regard de l'écart constaté, était-ce un objectif réaliste ?

Y.H. : Oui, c'était raisonnable et réaliste. Au regard de leur match face à l'Angleterre et en Italie, les Irlandais ne nous semblaient pas inatteignables. C'est réaliste par rapport au potentiel de notre groupe et son ambition. Le terrain a livré un autre verdict, avec une accumulation de fautes individuelles de notre part. Mais nous nous devons de conserver cette ambition.

Comment Jacques Brunel vit-il sa remise en cause régulière dans son rôle de sélectionneur ?

Y.H. : Jacques a assez d'expérience et de vécu pour gérer ces situations et ces critiques. Il est surtout visé pour le reste du groupe, c'est son rôle de pare-feu et il le joue.

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