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XV de France : un Tournoi, cinq boulettes

XV de France : un Tournoi, cinq boulettes
Par Rugbyrama

Le 21/03/2019 à 09:30Mis à jour Le 21/03/2019 à 09:31

TOURNOI DES 6 NATIONS 2019 - Bernard Laporte s'active pour trouver le successeur de Jacques Brunel, celui qui guidera les Bleus jusqu'en 2023 et aura la lourde tâche de redresser la barre. Les cadors sont sondés, ceux qui disposent d'une large expérience internationale.

Parmi les noms cités, ceux d'Eddie Jones, John Mitchell, Clive Woodward et, surtout, Warren Gatland, actuel sélectionneur des Gallois qui viennent de décrocher le Grand Chelem. Un autre entraîneur, que Bernard Laporte avait placé en bonne position sur sa "short list", se nomme Joe Schimdt, grand architecte des succès irlandais depuis 2013. Mais Schmidt ne viendra pas, après avoir poliment décliné la proposition pour des raisons personnelles.

Proche de Laporte, Denis Charvet le confirmait ce lundi, sur les antennes de RMC sport. "Il (Laporte) a effectivement rencontré Joe Schmidt et il a été impressionné par son approche très professionnelle". Il y a de quoi être impressionné si on se lance dans la comparaison. Les Bleus, lors du Tournoi qui vient de s'achever, on fait la preuve d'un amateurisme peu concevable à ce niveau de compétition et dont les joueurs ont le plus souvent été les victimes. Tour d'horizon.

1. Le rappel (très) tardif de Camille Chat

Touché gravement à un genou lors de la dernière action de la défaite inaugurale face au pays de Galles (19-24), le talonneur toulousain Julien Marchand confirmait, dès le samedi (lendemain du match) le diagnostic que tout le monde craignait : rupture d'un ligament croisé. Fin de Tournoi, bien sûr, mais aussi fin de saison. Son forfait officialisé, les Bleus se devaient de lui trouver un remplaçant dans le groupe. Étonnamment, l'encadrement français attendra quatre jours avant de dévoiler son nom, qui n'avait pourtant rien d'une surprise : Camille Chat, habitué du CNR Marcoussis (seize sélections).

Quatre jours de perdus, donc. Sans voir venir de convocation, Chat poursuivait tranquillement ses vacances à l'île Maurice et postait sur ses réseaux sociaux des vidéos de lui escaladant un cocotier. L'Europe du rugby a bien ri. Aux dépens des Bleus.

2. Vahaamahina, capitaine improvisé

À l'heure où toutes les nations préparent leurs matchs au millimètre, les Bleus jouent d'improvisation. Premier match face au pays de Galles, toujours. Coaching rapide de Jacques Brunel. Dans l'ordre : Parra, Guirado, Poirot puis Picamoles quittent la pelouse, qui auraient tous pu endosser le rôle de capitaine. Bastareaud, habituel vice-capitaine, n'est pas sur la feuille de match. Dès lors, qui est le capitaine des Bleus dans une fin de match particulièrement tendue et indécise ? Tout le monde l'ignore. Jusqu'au principal intéressé, Sébastien Vahaamahina, qui confia après le match : "Non, je n’avais jamais été capitaine de ma vie".

Vos entraîneur vous ont-ils prévenu pendant la semaine ? "Non, je n’avais pas été prévenu pendant la semaine que cela pourrait arriver ce week-end". Mais alors, quand ? "Je n’ai pas été prévenu non plus pendant le match. C’est l’arbitre, Wayne Barnes, qui est venu me voir pour me prévenir que j’étais le capitaine et que je devais lui communiquer mes décisions". Vous avez dit "amateurisme" ?

3. À Twickenham, les joueurs ignorent leur poste

Concours de circonstances, sur la pelouse de Twickenham : Ramos remplace Huget à la pause, puis Romain Ntamack prend la place de Penaud (47e). Déjà, une interrogation : il n'y a plus qu'un seul ailier sur la pelouse, Gaël Fickou, centre de formation qui plus est. L'équation se complique quand le même Fickou prend un carton jaune (50e). Alors, comment s'organise désormais la ligne arrière tricolore ? Personne ne le sait. Jusqu'aux joueurs. L'un d'eux racontait, après le match : "C'était le bordel sur le terrain. Personne ne savait à quelle place il devait jouer. Nous étions perdus et aucune consigne ne venait du banc". Ça fait désordre.

Tournoi des 6 Nations 2019 - Guilhem Guirado (France) contre l'Angleterre

Tournoi des 6 Nations 2019 - Guilhem Guirado (France) contre l'AngleterreMidi Olympique

4. Les féminines à 22 en Irlande

La guigne a poursuivi les féminines. Pendant la semaine précédant leur match en Irlande, Fiona Lecat déclarait forfait en raison d'une infection à la lèvre. La veille du match, lors de l'entraînement de la capitaine, Laure Touyé se blessait à la cheville. Sa remplaçante Émeline Gros était sommée de prendre l'avion en urgence, le matin du match, pour rallier Dublin et honorer sa première sélection. Mais la jeune Grenobloise ratait son avion. Et comme les Bleues n'ont pas le privilège, comme les hommes, de se déplacer à 25 (ou plus) pour leurs matchs internationaux, elles ne se sont présentées qu'à 22 sur la feuille de match en Irlande. Heureusement, elles l'ont emporté largement (47-17).

"Mais c'est le genre de problème qu'on aimerait ne pas avoir à gérer à ce niveau" déplorait la manager Annick Hayraud. On la comprend.

5. Les quatre secondes de Lopez

Que Romain Ntamack ai pris la place d'ouvreur titulaire au fil du Tournoi est compréhensible et justifié, au regard de ses performances. Que le jeune toulousain ait donné pleine satisfaction à Rome et que, dans ces conditions, il ait disputé l'intégralité de la rencontre est logique. Mais alors, quel était l'intérêt de faire rentrer Camille Lopez à sa place, à seulement quatre secondes de la sirène annonçant la fin du match ?

La question fut posée au sélectionneur, en conférence de presse d'après-match : "Il n'y a rien d'autre d'intéressant sur ce match ?" a simplement répondu Jacques Brunel. Au regard du contenu du match de son équipe, il n'y avait effectivement pas grand-chose de plus intéressant.

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