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La résignation de trop pour les Bleus

La résignation de trop pour les Bleus

Le 12/03/2019 à 09:01

TOURNOI DES 6 NATIONS 2019 - Dimanche, la défaite en Irlande (26-14) a un peu plus mis en lumière le retard du XV de France sur les meilleures nations mondiales. Mais l’impuissance des Bleus a surtout provoqué un sentiment de gêne très singulier.

On pensait avoir tout vécu. Et puis, que pouvait-il arriver de pire à ce XV de France déjà traversé par tous les sentiments depuis dix ans : de la frustration des défaites encourageantes à la honte la plus pesante d’une litanie de corrections. Mais c’était oublié les ressources inépuisables des Bleus à surprendre, encore et toujours. La défaite face à l’Irlande (26-14) restera une date majeure du rugby français.

6 Nations 2019 - Antoine Dupont (France) contre l'Irlande

6 Nations 2019 - Antoine Dupont (France) contre l'IrlandeIcon Sport

Car oui, les protégés de Jacques Brunel ont provoqué chez beaucoup d’observateurs un sentiment bien plus traumatisant que les raclées infligées par les nations du Sud, plus humiliant même que les défaites rencontrées tour à tour face à l’Italie, au Tonga et dernièrement contre les Fidji sans oublier le piteux match nul contre le Japon. Dimanche, c’est bien un sentiment de gêne qui s’est invité à Dublin. La gêne de voir à ce point une équipe de France sans repaires, sans plan B pour inverser la pression, sans leader digne de ce nom pour arrêter ce récital des Irlandais, comme l’a si bien souligné Richard Dourthe dans les colonnes de Midi Olympique, "qui nous ont pris pour des pipes".

17 mètres parcourus balle en mains après 20 minutes de jeu

Oui, après avoir repris nos esprits en relisant certaines statistiques hallucinantes - 17 mètres parcourus balle en mains après 20 minutes de jeu, 93% d’occupation et 80% de possession en faveur des Irlandais après 37 minutes -, la gêne s’est emparée de nous. Par moment, notre regard ressentait de la pitié de voir ces Bleus inoffensifs se faire rentrer dedans, bouger, surclasser par les joueurs de Joe Schmidt. Le rugby français n’avait pas besoin de ce match pour rappeler les lacunes abyssales de son équipe nationale. Mais il ne pensait sans doute pas vivre un jour cette gêne profonde d’impuissance qui a balayé le peu de dignité qu’il restait encore à ce XV de France fantomatique.

6 Nations 2019 - Guilhem Guirado (France) contre l'Irlande

6 Nations 2019 - Guilhem Guirado (France) contre l'IrlandeIcon Sport

Samedi, les Bleus avaient fait le choix de cacher leur traditionnel entraînement du capitaine aux journalistes. Guilhem Guirado, dont le sens des priorités laisse parfois songeur mais qui devrait réviser le petit manuel des droits accordés aux médias lors d’un Captain’s Run, s’était en effet ému d’un Tweet relayant une combinaison tricolore. C’est dire la pauvreté des certitudes tricolores à ce point fragilisées par quelques images autorisées par le protocole média. Le capitaine "rancunier" du XV de France avait déjà perdu son énergie et son sang-froid en épinglant un journaliste lors de la tournée en Afrique du Sud (2017), menaçant au passage publiquement ce dernier qui s’étonnait de l’intervention de Bernard Laporte lors d’un débriefing de match, aux côtés du talonneur du RCT, alors que le président de la FFR avait martelé qu’il ne s’immiscerait jamais dans le sportif…

Jacques Brunel déconnecté de la réalité

Que Guilhem Guirado et ses sbires de parade se rassurent : les bâches de Marcoussis, les huis clos surprises, les discours de façade désormais pondus lors de chaque point-presse ne suffiront pas à masquer le néant du XV de France dont la seule sympathie, reconnaissons-le, est d’avoir lancé de jeunes joueurs talentueux mais à l’avenir incertain. Avec le recul, il aurait mieux valu balancer toutes les combinaisons tricolores aux traitres de journalistes pour tenter de déstabiliser des Irlandais qui, eux, savent mettre en place une stratégie.

Le XV de France fait de son mieux depuis dix ans. Avec son petit bagage technico-tactique d’équipe de deuxième division mondiale. Mais son salut commencera déjà par un constat lucide de la situation. La sortie lunaire de Jacques Brunel à l’issue de la rencontre de Dublin, voulant nous faire croire que son équipe "peut rivaliser avec toutes les équipes du Tournoi", est symptomatique de l’aveuglement des responsables de l’équipe nationale. Et que dire de certains joueurs (vraiment) convaincus qu’ils ne sont "pas si loin". Mais le plus dur ne fait peut-être que commencer. Oh, pas le déplacement en Italie. Par deux fois (2011, 2013), les Bleus s’y sont fourvoyés. Non, le plus dur, c’est bien ce Mondial nippon où une élimination inédite en phase de poules menace le XV de France. "Espérer, c’est démentir l’avenir", estimait Cioran. Tout l’espoir du monde ne semble même plus en mesure de préserver les Bleus d’un avenir funeste.

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