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6 Nations 2019 - Louis Picamoles (XV de France) : "Ce n'est pas le monde des bisounours"

Picamoles : "Ce n'est pas le monde des bisounours"
Par Arnaud Beurdeley via Midi Olympique

Le 05/02/2019 à 17:09Mis à jour Le 05/02/2019 à 17:51

TOURNOI DES 6 NATIONS 2019 - Calme et posé, Louis Picamoles est revenu ce mardi sur la défaite de vendredi dernier face au pays de Galles. Le troisième ligne centre veut capitaliser sur les quarante très bonnes premières minutes de la rencontre. Il a aussi choisi de répondre aux anciens joueurs du XV de France qui s'expriment sur les résultats actuels...

Rugbyrama : Louis, vous fêtez vos 33 ans ce mardi. Est-ce que vous parvenez à le faire avec le sourire ?

Louis Picamoles : Oui, je vis mes derniers anniversaires de rugbyman, autant en profiter.

Quelle est l'ambiance depuis dimanche ?

L. P. : Ça va, on a digéré. On a basculé sur la préparation du match de dimanche. Il a évidemment fallu évacuer la déception de la défaite, mais ça a été assez facile, au regard du défi qui nous attend dimanche.

En tant que leader, quel a été votre discours depuis le début de semaine ?

L. P. : On n'est pas dupe de l'ambiance qui pèse autour de l'équipe de France. Ça nous pèse aussi en interne. L'idée, malgré la mauvaise passe, c'est d'avoir conscience de la chance qui est la notre d'être ici, de profiter de ces moments-là. Il y a quand même eu des choses très positives vendredi dernier. Or, on parle beaucoup du négatif. On a peut-être besoin de positiver un peu. Je ne dis pas que c'est le monde des "bisounours", mais à force de voir, de lire, d'entendre des choses trop négatives, on le devient aussi. Et inconsciemment, sur le terrain, ça ne nous aide pas.

Etes-vous touché par les critiques des anciens internationaux ?

L. P. : Même quand on n'a pas envie de lire, on a des potes qui nous envoient les trucs.

Et vous en pensez quoi ?

L. P. : J'en pense que si je finis comme ça, je demanderai à mes potes de m'en filer une. Il y a des choses que je peux entendre, d'autres qui m'irritent. J'ai envie de leur dire de venir passer une semaine avec nous au lieu de porter des jugements. Surtout que ces mecs-là, quand on les croise, j'aimerais qu'ils aient la franchise d'échanger avec nous de la même façon. C'est plus facile de le faire derrière un téléphone. Malheureusement, la société est ainsi faite : beaucoup d'anciens internationaux donnent leur avis à la télévision, dans les médias. Il faut être capable de l'accepter, mais je pense que je ne finirai pas comme certains.

6 Nations 2019 - Louis Picamoles (XV de France) contre le Pays de Galles

6 Nations 2019 - Louis Picamoles (XV de France) contre le Pays de GallesIcon Sport

Cette défaite, au scénario cruel, n'a-t-elle pas été plus difficile à évacuer ?

L. P. : Ces derniers temps, nous sommes coutumier du fait malheureusement. Perdre les matchs dans les derniers instants, c'est rageant. On a pourtant fait une première mi-temps quasi-parfaite. Mais on a moins bien maîtrisé la seconde où on a été moins sûrs de nous. Et puis il y a eu quelques faits de jeu qui nous ont fait mal.

L'accumulation de ce genre de défaites suscite-t-elle un manque de confiance ?

L. P. : Je n'ai pas cette sensation. Sur le terrain, on n'a pas le temps de penser à ce qui s'est passé lors des matchs précédents. Le deuxième essai gallois sur le jeu au pied derrière une mêlée nous a fait mal psychologiquement. Malgré ça, on ne s'est pas écroulé puisqu'on est repassé devant au score. On s'est même donné la possibilité de gagner le match. Et puis, il y a ce dernier essai, probablement évitable... Si il y avait eu une grosse faillite, c'est le genre de match où on aurait pu prendre beaucoup plus de points. Je ne pense pas que l'équipe ait lâché mentalement, même si il y a des petits doutes par moment. Quand j'ai revu le match, j'ai pensé qu'on aurait pu s'éviter ces choses-là.

Dans quel état d'esprit abordez-vous ce "Crunch" ?

L. P. : Un match à Twickenham contre l'Angleterre, c'est toujours unique. C'est ce que j'ai dit à mes coéquipiers. C'est un moment assez magique à vivre. Il faut qu'on soit capable de le vivre, pas de le subir. Si on se met une trop grosse pression négative, on va s'enterrer. Si on décide de profiter, de le vivre et de donner notre maximum, on verra bien ce que ça donne. Parler d'un résultat aujourd'hui, dans notre position, c'est difficile. Mais on se doit au moins d'avoir de la fierté à la fin du match.

Qu'avez-vous pensé de la performance des Anglais contre l'Irlande ?

L. P. : Je les ai trouvé fidèles à eux-même : pragmatiques, agressifs. Les Anglais ont mis beaucoup de pression. Et le jeu irlandais, très structuré, très planifié, n'a pas pu être mis en place. L'Angleterre a vraiment fait déjouer l'Irlande. Elle l'a fait à la perfection. Les Anglais vont s'armer de la même façon pour le faire contre nous, ils sont en confiance. Et un Anglais confiant, on sait ce que c'est...

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