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6 Nations 2019 - Jason White : "Je me demande si Jacques Brunel est un coach de classe mondiale"

White : "Je me demande si Jacques Brunel est un coach de classe mondiale"

Le 21/02/2019 à 09:32Mis à jour Le 21/02/2019 à 09:33

TOURNOI DES 6 NATIONS 2019 - Ancien troisième ligne de Clermont entre 2009 et 2012, Jason White a surtout été pendant 77 sélections le flanker emblématique du XV du Chardon, dont il fut à 19 reprises le capitaine. Alors, quand celui qui eut aussi l’honneur de porter le maillot des Lions parle de rugby, on se tait, et on écoute…

Rugbyrama : D’abord, qu’êtes vous devenu depuis votre retraite sous le maillot de l’ASMCA, voilà déjà sept ans ?

Jason White : Lorsque j’ai arrêté ma carrière avec Clermont, je suis rentré au pays où j’ai tenu un rôle d’agent de joueurs dans l’entreprise Red Sky Management. J’ai notamment travaillé sur les venues en France de Richie Gray et Greig Laidlaw, j’ai accompagné pas mal de jeunes joueurs écossais dans leur accession au haut niveau. J’ai aussi travaillé avec les meilleurs athlètes olympiques et paralympiques écossais... Tout cela me plaisait beaucoup mais en 2017, j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’école privée de Loretto en tant que directeur des sports. C’était une superbe opportunité, dans laquelle je m’épanouis pleinement auprès des jeunes, garçons et filles.

Quel regard portez-vous sur les deux premières sorties du XV du Chardon lors de ce Tournoi ?

J.W. : L’Écosse a été vraiment fantastique contre l’Italie pendant 60 minutes. On a senti ce que Greg Townsend voulait mettre en place, à savoir des sorties de balles rapides, beaucoup de mouvement et de vitesse derrière. Malheureusement, la sortie de Greig Laidlaw a un peu désorganisé l’équipe et l’Italie a réussi à bien terminer, ce qui a coupé notre dynamique. Ensuite, contre l’irlande, l’Écosse n’a joué qu’à 85 % de son potentiel, et cela s’est ressenti. Nous sommes le genre de sélection à devoir être à 100 % en permanence si on veut rivaliser avec les meilleurs. Il faut dire que les sorties sur blessure de Ryan Wilson ou Stuart Hogg ne nous ont pas aidé.

Il y a quelques années encore, une Écosse privée de Hogg et Russell n’aurait pas nourri le moindre espoir avant de se déplacer en France… Mais cette année, malgré l’hécatombe, les choses semblent différentes.

J.W. : (il marque une pause) C’est vrai… C’est un beau challenge, mais l’équipe peut y parvenir. L’Écosse a été capable de bons résultats en déplacment ces dernières années : en Australie, en Argentine… En revanche, elle n’a pas encore été capable de bien s’exporter dans le cadre du Tournoi des Six Nations. Mais malgré nos absences, on veut croire que c’est possible.

Au vu des blessures qui vont diminuer la troisième ligne écossaise, la clé pour les Bleus ne sera-t-elle pas d’imposer un énorme combat dans le jeu au sol ?

J.W. : Cette question est très intéressante. Sans nul doute, ce secteur sera la clé du match. Face à la troisième ligne irlandaise, les Écossais ont vécu un cauchemar absolu. Ryan Wilson est chez nous le joueur capable de jouer le rôle d’un Tom Curry ou d’un Sam Underhill chez les Anglais, et il nous a clairement manqué. J’ai vu que les Bleus allaient aligner une troisième ligne très puissante avec Picamoles et Iturria, auxquels ils ont ajouté Wenceslas Lauret pour ralentir les ballons au sol. Face à eux, il s’agira d’être très rapide et très propre. Mais si l’Écosse parvient à gagner et à recycler ses ballons pour mieux les faire circuler, les avants français pourraient être en difficulté sur leur déplacement.

Jason White avec Clermont en 2012

Jason White avec Clermont en 2012Icon Sport

Ce Tournoi semble être celui du grand retour du jeu au pied offensif, secteur où Français et Écossais ont respectivement souffert face à l’Angleterre et l’Irlande...

J.W. : (il coupe) La première mi-temps que les Bleus ont jouée face aux Gallois a rappelé à tout le monde à quel point la France pouvait être dangereuse balle en main lorsqu’elle fait les choses dans l’ordre, avec certains joueurs de Clermont qui ont apporté une vraie plus-value en attaque. La France est une équipe qui a besoin de contrôler la possession et le territoire pour s’exprimer. Malheureusement, leur machine s’est grippée en deuxième mi-temps, et on a vu le résultat...

D’un point de vue écossais, parvenez-vous à comprendre le visage qu’a offert l’équipe de France en deuxième mi-temps face au pays de galles, puis pendant 80 minutes à Twickenham ?

J.W. : Non. C’est très dur à comprendre, ce qui se passe chez les Bleus. Vraiment très. On avait déjà appris que Vahaamahina ne savait même pas qu’il était capitaine pour finir le match contre les Gallois, puis on a vu contre l’Angleterre des joueurs qui ne savaient plus où aller sur le terrain après le carton jaune de Fickou. C’était presque gênant à regarder.

Comprenez-vous que les Bleus aient une nouvelle fois choisi de sacrifier leur charnière après la débâcle de Twickenham ?

J.W. : Non, vraiment, c’est quelque chose que je ne comprends pas. (il insiste) Vraiment pas. Cela a été une énorme surprise quand j’ai regardé la composition d’équipe française. Camille Lopez est un fantastique joueur, qui contrôle le jeu dans un des meilleures équipes d’Europe, pourquoi n’y parviendrait-il pas avec les Bleus ? En plus, vous le remplacez par Romain Ntamack, qui a très peu d’expérience internationale, et joue sa première vraie saison au niveau professionnel au poste de centre… Et pour corser le tout, vous ne l’accompagnez même pas avec un joueur expérimenté comme peut l’être Morgan Parra ! Le jeune Antoine Dupont a d’énormes qualités, qui sautent aux yeux. Mais lui aussi aurait peut-être eu besoin d’être lancé accompagné d’un joueur plus expérimenté…

Jason White soulevant la Calcutta Cup

Jason White soulevant la Calcutta CupIcon Sport

Vous avez arrêté votre carrière à Clermont, en 2012. Pensiez-vous alors que l’afflux jamais tari de joueurs étrangers pourrait affaiblir à ce point le XV de France ?

J.W. : J’ai toujours entendu ce débat sur les joueurs étrangers dans le Top 14. J’ai toujours pensé qu’il fallait voir les choses du bon côté, et que les joueurs étrangers pouvaint être une chance d’apprendre auprès des meilleurs pour les jeunes joueurs français. À Clermont, Wesley Fofana a fait son apprentissage aux côtés de joueurs comme Sitiveni Sivivatu, Brock James, Benson Stanley ou Regan King. Je ne pense pas que ça l’ait beaucoup desservi… Pour moi, le plus gros problème de l’équipe de France, c’est ses entraîneurs. Honnêtement, quand je vois comment le jeu des Bleus est structuré, je me demande si Jacques Brunel est un coach de classe mondiale…

Un pronostic pour samedi ?

J.W. : J’espère une victoire de l’Écosse, bien sûr, qui serait la première à Paris depuis 20 ans… Allez, disons 27-25.

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