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XV de France : le pire ? Oui, pour le moment...

Le pire ? Oui, pour le moment...

Le 14/02/2018 à 19:04Mis à jour Le 14/02/2018 à 19:34

Dimanche, nous étions nombreux à craindre que le pire, qu'on nous disait ancré dans le passé, soit finalement devant nous : suspendu à un avenir plus incertain que jamais. La réponse est, hélas, venue d'Ecosse où l'équipe de France a défrayé la chronique au lendemain d'un énième revers sportif...

Lundi matin, l'avion de la délégation tricolore n'a pas décollé en fin de matinée. Il est resté bloqué deux heures durant par la police écossaise, venue chercher six joueurs français auditionnés en qualité de témoins dans une histoire d'agression sexuelle... A l'intérieur de l'avion, dirigeants, staff, joueurs et partenaires ont longtemps compté les valises sorties des soutes et les sièges vidés, avant de s'en remettre aux explications de Bernard Laporte. La plainte a été rapidement levée, selon les médias britanniques. Et les six Bleus ont rejoint la France dans la soirée, avec Serge Simon.

En marge de cette affaire, la sortie nocturne et alcoolisée d'une bonne douzaine de membres de la sélection a marqué les esprits autant que les corps : Iturria (nez largement ouvert, quinze points de suture) et Palis (huit points de suture à une arcade) auraient donc été victimes de chocs avec une tête de lit et un lampadaire... C'est la version officielle, censée démentir les faits de bagarre qui se seraient produits dans la nuit d'Edimbourg.

Arthur Iturria (France) vs Ecosse

Arthur Iturria (France) vs EcosseRugbyrama

Vous l'aurez donc compris, le cauchemar continue. Neuf ans après l'affaire de la table de nuit qui agressa Mathieu Bastareaud dans un hôtel de Wellington, le rugby français se perd une nouvelle fois dans les miasmes de ses troisièmes mi-temps. Les mêmes causes reproduisent les mêmes effets. Ils sont simplement décuplés par la proximité géographique, amplifiés par l'omniprésence des réseaux sociaux.

Franchement, on ne s'y prend pas autrement pour salir l'image de la sélection, celle de tout un sport dont la culture est bafouée par les dérives de ce monde tricolore qui n'a de professionnel que le nom.

Louis Picamoles - France

Louis Picamoles - FranceIcon Sport

Pour n'avoir pas su poser un cadre précis aux hommes, pour avoir oublié de donner du sens au projet collectif quand il était mis en danger par l'individualisme galopant, pour avoir cru que l'engagement en faveur de la « Cocotte » et l'amour du maillot seraient toujours plus forts que l'argent des imposants salaires versés en club, la fédération a laissé sombrer son vaisseau amiral.

Dès mardi, Jacques Brunel a coupé huit têtes tricolores pour préparer la réception de l'Italie. Aucune sanction sportive mais une punition clairement assumée pour certains des Bleus qui ont « bringué » dans la nuit écossaise. C'est l'entorse de trop après l'échec sportif et l'image d'une discipline minée par la rumeur.

Une chose est sûre, si le rugby français a longtemps fermé les yeux sur ses dérives, le charme est bien rompu. Les professionnels ne bénéficieront plus jamais de l'auréole de grâce qui planait au-dessus des amateurs ; tout simplement parce qu'ils accomplissent là leur métier, avec ses droits et ses devoirs. Et, au stade ultime de la pyramide, l'exemplarité ne pourra jamais être galvaudée.

Le football français a su se remettre en questions après l'épisode du bus de Knysna. La Fédération, dont le silence était pesant jusqu'à son communiqué, n'échappera pas à une profonde réforme si elle entend éviter que l'avion d'Edimbourg ne devienne son boulet. Le pire restant encore à venir...

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