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Russell : "Les critiques font partie du jeu"

Russell : "Les critiques font partie du jeu"

Le 26/02/2018 à 11:01Mis à jour Le 26/02/2018 à 11:02

Le demi d'ouverture de l'Ecosse a signé une prestation quatre étoiles contre l'Angleterre, alors qu'il avait été critique après son match contre la France. Il s'est expliqué sans problème et sans manière après la rencontre de samedi dans un style décontracté et affable, aux antipodes de l'attitude hautaine de certains autres joueurs internationaux. Lui semble heureux d'être là...

Rugbyrama : Les critiques vous ont elles motivé ?

Finn Russell : Non, c'est le sport, ça fait partie du jeu. J'aurai toujours des hauts et des bas. La dernière fois, nous avions gagné et l'on disait que je n'avais pas été bon, à Cardiff, c'est toute l'équipe qui s'était faite éreinter. Les choses se sont faites en deux temps, l'équipe a rebondi contre la France, elle l'a fait d'avantage aujourd'hui, moi y compris peut-être. Tous ces commentaires font partie de mon boulot, j'en accepte les bons et les mauvais côtés. En ce moment, je savoure un très bon moment, je l'avoue...

Vraiment très bon ?

F.R. : Oui, même si je n'ai pas tant d'ancienneté que ça pour comparer. Mais je ressens un truc que je n'ai jamais ressenti auparavant, je suis non seulement content d'avoir battu l'Angleterre, mais ce n'est pas tant d'avoir battu cet adversaire là que d'avoir gagné avec un certain style. Nous avions un plan de jeu et nous l'avons exécuté presque parfaitement. Bien sûr, en revoyant les images, on trouvera quelques imperfections, mais je crois qu'on ne fera pas la fine bouche.

Avez vous une façon de récupérer mentalement après un match décevant ?

F.R. : Non pas vraiment. Mais disons que je comprends très bien que d'un match à l'autre on décide de me retirer certaines charges. Par exemple, Stuart Hogg a été préposé aux coups de pieds en touche après les échecs face à la France, je ne l'ai pas du tout mal pris. Comme je ne prends pas mal que Greg Laidlaw soit chargé des tirs au but alors que dans beaucoup d'équipe, c'est l'ouvreur qui s'en charge. Rien de tout cela me gêne.

Stuart Hogg (Ecosse) vs France le 11/02/2018

Stuart Hogg (Ecosse) vs France le 11/02/2018Icon Sport

On vous a senti à l'aise dans le jeu offensif votre spécialité, mais aussi sur le jeu au pied tactique…

F.R. : Je ne dirais pas que c'est un truc qu'on travaille spécialement à l'entraînement. Mais on savait que les Anglais joueraient beaucoup la carte de l'occupation et qu'il faudrait leur répondre. Nous l'avons fait et c'est vrai que dans ce domaine, notre copie fut de grande qualité, surtout dans les choix finalement. Nous avons senti les moments où il fallait occuper et les ballons qu'il fallait jouer à fond, ce fut peut-être une des clés du succès.

Nous savions que la défense anglaise sait s'y prendre pour venir vous contrer dans vos 22 sur des mauvaises contre-attaques. Ils l'avaient fait face aux Gallois, alors sur certains ballons récupérés, il valait mieux taper en fonction de la montée adverse. Je le répète, tout est une question d'opportunité. Parfois, c'est nous qui sommes parvenus à leur mettre la pression sur du jeu paid long.

Qu'est ce qui vous a donné cette confiance pour jouer tous ces ballons au large, même dans vos 22 mètres. C'était quand même très risqué.

F.R. : Des risques ? Quels risques ? Je joue comme ça car je sais que l'équipe me soutiendra toujours dans mes choix, nous sommes une famille.

Sur le second essai conclu par Maitland, vous tentez une longue passe pour Huw Jones qui débloque l'action. N'avez vous pas eu peur de la voir interceptée ?

F.R. : Non, je ne suis pas sûr que Joseph s'y attendait en fait. Il a été surpris, j'avais vu l'espace libre et j'ai tenté ma chance. C'est sûr que s'il avait prévu ce coup, il aurait pu la prendre et nous poignarder, mais ça ne s'est pas passé comme ça. Huw, a compris tout de suite ce que j'allais faire, c'est l'avantage de jouer souvent l'un avec l'autre. Quand on voit ça de loin, ça paraît risqué mais une équipe c'est aussi un gars qui a confiance en lui et qui a confiance dans les gars qui sont autour de lui.

Sean Maitland (Ecosse) vs Angleterre

Sean Maitland (Ecosse) vs AngleterreIcon Sport

A quel moment avez vous senti que vous étiez vraiment bien partis ?

F.R. : Je l'ai pensé durant notre semaine d'entraînement qui fut de qualité. A 22-6 pour nous à la pause, nous savions que les Anglais allaient revenir dans la partie, ce n'était pas possible autrement. Ils nous ont en effet arqué un essai très vite mais ensuite, nous n'avons pas paniqué, nous sommes resté maîtres de notre jeu et j'ai compris que nous tenions le bon bout. Dans les cinq ou dix dernières minutes, nous avons un peu souffert dans nos 22, mais notre défense n'a jamais craqué. Nous étions assez euphoriques...

Etait-ce le meilleur de match de l'Ecosse auquel vous ayez participé ?

F.R. : Non, car nos matchs contre la Nouvelle-Zélande et contre l'Australie furent également de grande qualité. Nous étions déjà à ce niveau en novembre. Nous savions que nous pouvions le retrouver. Dans cette perspective, notre victoire n'est pas une surprise.

Que s'est il passé dans le tunnel avant la rencontre ? On n'a parlé d'une échauffourée...

F.R. : Avec moi ? Vous plaisantez... Non, je ne suis pas au courant, je n'ai rien vu. Je laisse ce genre de choses aux gars plus barraqués que moi.

Eddie Jones a dit que vous étiez un joueur de classe mondiale...

F.R. : Je ne sais pas, je ne vais quand même pas me noter moi-même. Demandez à d'autres que moi. Mais je suis juste un joueur qui se trouve dans une équipe de classe mondiale qui a été capable de respecter un plan de jeu à la perfection.

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