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6 NATIONS - Flashback : pays de Galles - France 1998, le chef d'oeuvre de Wembley

Flashback : pays de Galles - France 1998, le chef d'oeuvre de Wembley

Le 15/03/2017 à 18:33

6 NATIONS - Le 4 avril 1998, le XV de France concluait le Tournoi par une incroyable victoire à Wembley contre le pays de Galles (0-51). Une démonstration offensive qui allait l'emmener à son deuxième Grand Chelem de rang.

C'était il y a 19 ans. Une éternité. C'était un match pour l'Histoire : le premier du XV de France à Wembley, temple du football anglais ; le tremplin vers un deuxième Grand Chelem de rang après celui de 1997, une performance inédite. L'Histoire, les Bleus l'ont embrassée.

Quatre mois plus tôt, le 22 novembre 1997, ils encaissaient une humiliation contre l'Afrique du Sud : la plus grande défaite à domicile depuis le 1er janvier 1906 contre les All Blacks (52-10). Mais ils ont su en tirer des leçons pour en donner une de résilience. Ce 4 avril, l'équipe de France affronte donc le pays de Galles à Wembley, l'Arm's Park étant réduit à l'état de chantier. Après trois succès - Angleterre (24-17), Écosse (16-51) et Irlande (18-16) - ce dernier round du Tournoi 1998 est la dernière étape vers le Grand Chelem. Elle virera à la journée magique pour les Bleus de Jean-Claude Skrela et Pierre Villepreux : une démonstration totale et absolue de rugby infligée au pays de Galles.

Un moment magique que ne peut avoir oublié Pierre Villepreux. L'ancien capitaine des Bleus, devenu sélectionneur en 1997, se souvient du contexte dans lequel son équipe s'est sublimée. "C'était le dernier match du Tournoi et il y avait une envie exacerbée de le gagner, c'était la première à Wembley donc forcément un événement et puis les joueurs étaient extrêmement bien préparés. Il y avait beaucoup d'envie, on a vu beaucoup de jeu, beaucoup d'essais. Ce fut un match en phase avec mes idées..."

Thomas Castaignède - Pays de Galles - France 1998

Thomas Castaignède - Pays de Galles - France 1998AFP

Les Dragons rouges n'étaient pas de taille à rivaliser, ils seront balayés. Villepreux restitue : "Certainement le pays de Galles traversait une période difficile (deux victoires dans ce Tournoi tout de même, ndlr). À cette époque, cette équipe ne gagnait pas beaucoup. Il y avait un certain malaise dont nous avons un peu profité. Nous avons marqué très vite puis la confiance aidant, le rythme aidant, la capacité à bien jouer aidant, nous avons réussi un grand match de rugby. Il fait partie de l'Histoire et de mes bons souvenirs".

La plus grande victoire française de l'histoire du Tournoi

À Wembley, les Bleus imposent donc très vite leur suprématie : Sadourny signe un doublé en 13 minutes, Thomas Lièvremont et Stéphane Glas ajoutent un essai chacun pendant que les Gallois écopent de trois cartons jaunes (Charvis, S. Davies, Appelyard) et à la mi-temps, l'affaire est entendue (0-29). La suite se jouera sur le même rythme : trois essais signés Garbajosa (2) et Galthié pour un 0-51 d'anthologie. Un seul regret à Wembley : Bernat-Salles en quête d'un Chelem personnel n'a pas marqué. Mais avec un total de 18 essais inscrits dans le Tournoi, les Bleus ont matière à se réjouir.

Une histoire de philosophie, dit Villepreux : "Le message était clair : les joueurs avaient toute liberté pour jouer tous les ballons. Il n'y avait aucune réserve sur les initiatives d'où qu'elles viennent. Nous considérions que les erreurs faisaient partie de la progression." Celle-ci fut en tout cas évidente : on parle là d'une des cinq plus grandes défaites du pays de Galles, de la plus grande victoire française de l'histoire du Tournoi laquelle figure toujours en 2017, dans le top 10 de l'Histoire des Bleus. Loin de la France, un seul succès a été plus retentissant : le 2 juin 1987 à Auckland contre le Zimbabwe (70-12).

Marc Liévremont - Pays de Galles - France 1998

Marc Liévremont - Pays de Galles - France 1998AFP

Aucune victoire contre les Gallois depuis 2011

"On est toujours le Sud-Africain de quelqu'un", écrira l'Humanité. Pour Pierre Villepreux, être celui des Gallois voulait dire beaucoup. Je me souviens des affrontements avec le pays de Galles dans les années 1970, c'était fabuleux. Il s'agissait de sommets de créativité, de qualité de jeu. Mais nous ne gagnions pas trop… Une victoire, c'est toujours une revanche. J'étais heureux d'être félicité par Barry John, Gareth Edwards. Ça, je ne peux pas l'oublier.

C'était il y a 19 ans. Une éternité. 0-51 en 1998, 5 défaites de rang depuis 2011. "On a manqué des marches dans la montée vers le rugby d'aujourd'hui. Avec un rugby d'obligations, fait de nécessité pour les joueurs de réaliser telle ou telle chose, nous avons bloqué leurs facultés d'adaptation, leur créativité. Les Britanniques ont su prendre une bonne voie à travers les formes d'entraînement et en établissant l'objectif de jouer le meilleur rugby pour que les résultats suivent. De notre côté, nous nous sommes arrêtés sur l'analyse de la première touche, des plaquages effectués, des mètres parcourus par tel ou tel joueur. Ce n'est pas ça le rugby", regrette Villepreux. "Les Gallois ont su faire l'effort de se remettre en question pour retrouver leur force et leur puissance". Justement le chemin emprunté par Guy Novès et son staff. Une histoire de résilience, toujours.

Stéphane Glas - Pays de Galles - France 1998

Stéphane Glas - Pays de Galles - France 1998Icon Sport

  • Le XV de France le 4 avril 1998 : Jean-Luc Sadourny ; Philippe Bernat-Salles, Christophe Lamaison (Jean-Marc Aué, 78e), Stéphane Glas, Xavier Garbajosa ; (o) Thomas Castaignède (David Aucagne, 68e), (m) Philippe Carbonneau (Fabien Galthié, 68e) , Olivier Magne, Thomas Lièvremont (Philippe Benetton, 64e), Marc Lièvremont ; Fabien Pelous, Olivier Brouzet (Thierry Cleda, 78e) ; Franck Tournaire, Raphaël Ibañez (cap) (Marc Dal Maso, 78e), Christian Califano (Cédric Soulette, 68e).
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