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6 NATIONS - Flashback : France - Italie 2002, le jour où Bernard Laporte a fait trembler les murs

Flashback : France - Italie 2002, le jour où Laporte a fait trembler les murs

Le 08/03/2017 à 17:48

6 NATIONS - Il y a quinze ans, le match d’ouverture du Tournoi des 6 Nations 2002 entre la France et l’Italie avait été le théâtre d’une scène culte à la mi-temps, captée par les cameras de France Télévisions : un emportement de Bernard Laporte fustigeant ses Bleus silencieux. Une colère historique mais efficace...

2 février 2002, jour de tempête à Saint-Denis. A la mi-temps du match d’ouverture du Tournoi des 6 Nations contre l’Italie, les Français, guidés par un nouveau capitaine Olivier Magne - Raphaël Ibanez était remplaçant et Fabien Galthié absent - mènent 19-12 malgré une prestation sans relief. "Un match brouillon et très tendu", analysera Magne. En entrant dans les vestiaires, les Bleus peuvent espérer un temps calme pour reprendre leurs esprits et recalibrer leur stratégie. Ils verront la foudre s’abattre au moment où le sélectionneur Bernard Laporte entrera dans la pièce. Le Kaiser s’y métamorphosera alors en Bernie le Dingue.

31 secondes d'un monologue dantesque, que personne n’osera interrompre. Durant lequel, rares même seront les joueurs à oser regarder leur sélectionneur. Le ton et les mots incitaient seulement à baisser les yeux. "Bon, maintenant on va s’y filer un peu. D’accord. On va mettre un peu de rythme. Sur les touches, sur les mêlées. On va y aller les premiers. Et ça va redémarrer là... Et ça va redémarrer. Et on va les respecter. On ne va pas faire de faute. C’est clair ça ? Je ne sais même pas de quoi on peut parler. Du jeu ? On n’a rien fait. Vous voulez qu’on parle de quoi ? Des touches, des mêlées ? Je ne sais pas, dites moi !"

Personne ne dira rien mais les Bleus réagiront. Ils finiront par faire plier les Italiens 33-12 puis battront vingt jours plus tard l’Angleterre, qu’ils n’avaient plus dominée depuis 1998 et achèveront quelques semaines plus tard le Tournoi par un Grand Chelem, le 7e de l’histoire du XV de France. La suite lui a donné raison. Et pourtant, Bernard Laporte aurait préféré se passer de ces 31 secondes sous les projecteurs.

Le regret, ce n’est pas cette colère, mais plutôt qu’elle ne soit pas restée entre lui et ses hommes. Quand Marc Lièvremont cèdera aussi à la tentation de la tempête après un match décevant contre l’Italie (défaite 22-21 le 12 mars 2011), il le sous-entendra. "Je la comprends. J'en ai piqué des colères. Là aussi, je pense qu'il fallait qu'ils s'enferment entre eux et pas dire à l’extérieur qu'ils étaient des merdes. Dans ces moments-là, c'est l’entraîneur qui doit monter au feu."

Nicolas Jeanjean - Equipe de France

Nicolas Jeanjean - Equipe de FranceAFP

Un coup de gueule qui deviendra un coup de pub

Mais Bernard Laporte n’est pas homme à se retourner : "Je vais changer quoi ? Elles y étaient les caméras. Je ne savais pas. J'ai fait ou pas une erreur, c'est comme ça. Point à la ligne. Bien sûr que ça me fait chier quand on me passe en train de gueuler comme un abruti sur les joueurs. C'est pas valorisant. C'est comme ça. Je n’ai insulté personne..."

N’empêche, même si cela n’avait pas été calculé, ces quelques secondes pourraient bien l’avoir renforcé dans sa stature du patron. "Si c'est ça la légitimité, engueuler les mecs... Je ne crois pas", rétorquera t-il. Pour les joueurs peut être pas mais pour les annonceurs, en tout cas ça y ressemble.

Bernard Laporte

Bernard LaporteAFP

Témoin, ce spot commandé quelques semaines plus tard par Lustucru avec Bernard Laporte qui rejouera dans son propre rôle, la scène de l’entraîneur indigné... Une publicité qui débouchera sur une expression culte. La preuve : ces mots de Bernard Viviès, alors adjoint de Bernard Laporte, prononcés avant de recevoir de nouveau l’Italie pour le Tournoi 2004. Un soupir : "Il ne faudrait pas qu'à la mi-temps, Bernard Laporte nous refasse une Lustucru..." Ce souvenir, les Bleus de 2017 qui vont affronter l’Italie samedi, peuvent le garder à l’esprit.

  • Le XV de France contre l'Italie le 2 février 2002 : Jeanjean (Garbajosa 53e) ; Rougerie, Marsh, Traille, Bory ; Merceron (o), Michalak (Albouy, 80e) (m); Magne (cap), Hall, Betsen ; Privat, Auradou (Pelous 59e) ; De Villiers, Bru (Ibanez 59e), Crenca.
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