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Un champ de ruines

A la rencontre d’un champ de ruines
Par Rugbyrama

Le 14/03/2011 à 11:31Mis à jour Le 14/03/2011 à 12:23

Après les naufrages en Afrique du Sud et en Argentine, après le cataclysme de l’Australie, les Bleus se sont inclinés pour la première fois de leur histoire en Italie (21-22) samedi. Le tout en l’espace de neuf mois. Et à six mois du Mondial, le XV de France est à l’agonie. Voici le terrible constat

. Un système anarchique :

C’est le principal enseignement de ce week-end cauchemardesque en Italie. Le rupture entre staff et joueurs était officieuse lors de la tournée de novembre. Là, elle a été de notoriété publique. Parce que d’un côté, les acteurs sont accusés de faire ce qu’ils veulent sur le terrain. Mais surtout parce que d’un autre, Marc Lièvremont les a lâchés et lynchés après la déroute romaine. Les priant de "se démerder tout seuls" quelques minutes après le match. Puis les accusant de l’avoir "trahi" le lendemain. Et enfin avouant son envie de les laisser fonctionner en auto-gestion. "C’est déjà ce qu’ils font. Mais même ça, ils n’en sont pas capables." Le divorce avec le groupe actuel est consommé – "ce n’est plus eux et moi ensemble" - et en pratiquant la politique de l’exil, le sélectionneur a définitivement instauré une forme d’organisation anarchique, au moins l’espace de quelques heures.

. Un projet de jeu toujours aussi flou :

Le rugby proposé par les Bleus n’a jamais été aussi triste. Perméable défensivement en début de Tournoi, l’équipe de France fait preuve d’une pauvreté considérable dans son animation offensive depuis des mois. Peu de franchissement, une alternance réduite, une redistribution défaillante, des combinaisons stériles, un manque d’inventivité flagrant… Et voilà comment le XV de France bute la plupart du temps sur les défenses adverses. Les intéressés prônent une incompréhension autour du plan de jeu. "Il existe sûrement des choses qui sont encore mal comprises ou pas assimilées, reconnaît Clerc. Pour intégrer, il faut du temps." Marc Lièvremont, lui, pointe les joueurs après l’Italie: "Cela dépassait l'entendement. Je ne me suis pas reconnu dans leur prestation. Vous croyez que c'est qu'ils ont fait contre l'Italie que je leur demande ? J'en ai honte. Ce match était une hallucination. Je ne veux pas me dédouaner mais ils inventent des choses sur le terrain." Le fameux carnet de jeu distribué en début de compétition à chacun n’a donc pas servi à grand-chose…

. Des ressources insuffisantes :

Dominés dans tous les secteurs à Flaminio, les Bleus ont beaucoup subi. Notamment physiquement. Et pourtant, ils ont mené jusqu’à 18-6 dans le second acte avant de se faire renverser par le rouleau compresseur italien. Comment est-ce possible ? Mais parce qu’outre son manque d’engagement et d’investissement, cette équipe a évolué sans des valeurs essentielles au niveau international: combat, rigueur, envie, solidarité… Et peut-être fierté aussi ! Chacun le reconnaissait samedi soir. Il n’empêche que les Français ont complètement baissé les bras et démissionné à Rome. "L’explication est avant tout mentale. Il y a un parallèle entre l’Australie en novembre et l’Italie sur le plan de la faillite mentale en fin de match. On doit grandir et mûrir à ce niveau", confirme Julien Bonnaire. Certes, mais aujourd’hui, l’équipe de France ne possède clairement pas les ressources pour se faire violence, réaliser un exploit ou tout simplement être à l’abri d’un naufrage.

. L’éternelle attente d’une réaction d’orgueil :

Le scénario se répète. A l’été dernier, après les corrections subies en Afrique du Sud et en Argentine, on attendait des Bleus qu’ils montrent un autre visage en novembre. Après le cataclysme du revers face à l’Australie au stade de France, on attendait du XV de France qu’il réagisse lors de ce Tournoi 2011. Et maintenant, au lendemain d’une défaite humiliante en Italie, on attend quoi ? "Il est impossible de classer les déceptions en équipe de France. Il commence à y en avoir tellement", soufflait Lièvremont samedi soir. "La victoire est indispensable contre le pays de Galles", explique Clerc. "Il faut au moins une prestation honorable. On ne peut pas espérer plus. On va juste attendre une réaction d’orgueil. Encore une fois", répond Lièvremont. Car le Tournoi est déjà largement gâché. Démuni, le sélectionneur, qui avait annoncé avoir fermé son groupe, a effectué six changements. Certainement dans l’espoir de créer un électrochoc. A coup sûr son ultime cartouche.

Retrouvez ce lundi dans Midi Olympique un dossier spécial XV de France. Midol pose les questions qui fâchent : "L'inévitable rupture", "A qui la faute ?", "Comment sortir de l'impasse ?"

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