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Profession impact-player

Profession impact-player
Par Rugbyrama

Le 08/03/2012 à 09:27Mis à jour Le 08/03/2012 à 09:36

Philippe Saint-André a souligné le rôle prépondérant du banc dans l'encourageante deuxième mi-temps contre l'Irlande. Aux yeux du sélectionneur, les remplaçants ont apporté puissance et détermination. Devenu remplaçant régulier, Vincent Debaty décrypte ce statut à part d'impact player.

Les faux départs, les retards à l'allumage, les premiers choix stratégiques... Toute la problématique des entames du XV de France a focalisé l'attention en début de semaine. Au point de rendre anecdotique, ou presque, les deuxièmes périodes des Français. Et pourtant, lors des trois premières journées de ce Tournoi, les Bleus ont à chaque fois livré des secondes mi-temps intéressantes et décisives, même. Contre l'Italie, ils ont accentué leur avance et écarté le danger (de 15-6 à 30-12) ; en Ecosse, ils sont devenus maîtres des débats après avoir frôlé la faillite (de 10-10 à 17-23) ; et face à l'Irlande, ils ont signé un vibrant sursaut d'orgueil pour mourir au pied de la victoire (de 6-17 à 17-17). Philippe Saint-André livre une des clés de ce phénomène: "Les remplaçants ont amené de la puissance et ont fait avancer l'équipe en fin de match contre l'Irlande. Pour l'Angleterre, nous gardons un banc d'expérience et puissant afin de faire du coaching derrière".

Au coeur de cette dynamique positive, les remplaçants occupent en effet une place moteur. Vincent Debaty, entré en cours de deuxième période face au XV du Chardon et du Trèfle, incarne à merveille ce rôle d'impact-player: ses percutantes charges et sa dépense d'énergie ont impressionné à chaque apparition. "Quand je ne suis pas titulaire, je ne ressens aucune frustration mais juste l'envie de me donner à 100 %, promet le pilier clermontois. D'ailleurs, je n'avais pas été très bon en débutant contre l'Italie et j'ai senti que j'apportais plus en entrant en jeu lors des deux derniers matchs. Peut-être, inconsciemment, que ce rôle me convient mieux..."

"Un oeil plus avisé"

Jouer moins pour jouer mieux: l'humble Debaty, à l'expérience internationale encore fraîche, a donc récemment découvert cette drôle de formule. Avec le numéro 17 dans le dos, l'Auvergnat de 30 ans (4 sélections) se sent en fait davantage libéré: "Tu ne joues que vingt ou trente minutes, alors, tu dois t'investir au maximum et apporter tout ton punch pour aider l'équipe. Quand j'entre en cours de match, je me propose plus dans le jeu. Et je réflechis moins, je ne me pose pas de questions. Mais tu n'as pas le droit à l'erreur car sinon tout le monde ne retiendra que ça."

Le fait de commencer une rencontre sur le banc peut présenter un avantage décisif sur un plan tactique: "Quand tu es remplaçant, tu vois la rencontre avec un oeil plus avisé, plus reculé et tu t'aperçois mieux de ce que tu peux apporter". Mais les jokers ne brillent pas toujours en provoquant l'éclair. Ils peuvent aussi s'illustrer en enfonçant le couteau dans la plaie. Comme face à l'Irlande... "Le jeu mis en place pendant la deuxième période avec plus de jeu devant a permis de nous mettre en bonne position et d'être efficaces". Dans quelle mesure le résultat de dimanche sera-t-il bouleversé par le vent des changements ? Wait and see. Grâce au punch de Debaty, à la surpuissance de Picamoles, à l'expérience de Servat ou à la robustesse de Nallet, le XV de France possède en tout cas, avec son banc, une précieuse arme pour sa quête de victoire finale...

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