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Mermoz et la frustration

Mermoz : "La frustration reste dans la chambre"
Par Rugbyrama

Le 08/03/2012 à 13:41Mis à jour Le 08/03/2012 à 16:23

Remplaçant pour la quatrième fois consécutive pour la rencontre face à l'Angleterre, dimanche, Maxime Mermoz (25 ans, 17 sélections), finaliste du Mondial néo-zélandais, connaît un Tournoi particulier. Son statut, son futur, sa vision des choses: le trois-quarts centre de l'Usap n'élude aucun sujet.

Pour la quatrième fois de suite dans ce Tournoi, vous allez débuter une rencontre sur le banc. Dans quel état d'esprit avez-vous appris la nouvelle ?

Maxime MERMOZ: Je m'y attendais un peu par rapport à la volonté du staff d'installer certains joueurs. Même avant la première composition, ce discours était annoncé. C'était clair, je m'étais fait une raison dès le début : il fallait être fataliste et être le moins sensible à ça. Alors, je ne suis pas spécialement déçu. C'est particulier comme situation mais je préfère voir le verre à moitié plein. On fera les comptes après...

Ce mercredi, Philippe Saint-André a loué votre état d'esprit et a annoncé qu'il allait discuter avec vous dans l'après-midi. Comment s'est passé ce rendez-vous ?

M.M: Notre discussion reste privée. Il y avait des choses à éclaircir. C'était plus un échange qu'un monologue. Nous avons parlé du futur. Le coach a été joueur, il sait ce que c'est. Il a fait des choix et tout peut changer. Je dois juste les respecter et me préparer pour participer aux victoires. J'essaie de me mettre à sa place : il n'y a pas encore eu de défaite et des choses sont à corriger. Il n'y a pas de polémique.

Le fait qu'il vous accorde du temps en privé montre qu'il compte sur vous à l'avenir...

M.M: Il y a eu enormément de changements sur les quatre dernières annéees. Nous, joueurs, ne devons pas trop nous attacher aux discours, à tout ce qu'on peut dire mais travailler. Car les coachs peuvent avoir un plan en tête et il peut varier.

Comment vivez-vous les matchs depuis le banc des remplaçants ?

M.M: Sur le banc, tu peux trouver le temps long. Mais dès que tu arrives au stade, tu dois te mettre en mode match international car tu ne sais pas quand tu vas entrer. Quand tu es sur le terrain, tu ne penses pas à ta situation de remplaçant. Et si tu n'es pas performant, c'est toi le fautif, pas les entraîneurs. Mais quand tu entres, ce n'est pas toujours évident : par exemple, contre l'Irlande, le jeu était concentré autour des regroupements. Tu ne peux pas espérer beaucoup de choses.

Le fait de n'avoir disputé que quatre minutes, face à l'Italie, doit rendre votre situation d'autant plus délicate...

M.M: Que tu rentres un quart-d'heure ou pas du tout, si tu es un compétiteur, ça ne te change pas la vie.

Pensez-vous être compatibles avec Wesley Fofana au centre du terrain ?

M.M: Je me suis vite fait un avis sur cette question. Pour moi, la réponse est évidente. Mais ce n'est pas à moi de le dire.

Au quotidien, comment vivez-vous votre situation ?

M.M: Je n'ai pas le droit de le faire ressentir. Je dois tout donner à chaque entraînement et garder la frustration dans la chambre. Je suis quelqu'un de professionnel et je n'ai aucun doute par rapport à mon niveau. Il faut savoir être patient et je me dis que le temps fera aussi les choses. J'espère faire changer la situation actuelle.

Avez-vous changé votre manière de vous préparer et de vous entraîner ?

M.M: Non, je m'entraîne comme d'habitude. Simplement, en dehors, je travaille avec le préparateur. Car quand tu ne joues pas, tu perds une grosse séance d'entraînement.

Ne croyez-vous pas que vous seriez plus utile à l'Usap, actuellement en lutte pour le maintien ?

M.M: Je n'avais pas joué contre Biarritz et l'Usap avait réalisé un de ses meilleurs matchs. Le rugby reste un sport collectif.

Vous êtes en fin de contrat à l'Usap et n'avait toujours pas pris de décision pour votre avenir. La situation actuelle ne doit rien arranger...

M.M: Quand tout va bien, les réponses sont évidentes. Pour le moment, il y a beaucoup d'inconnu et d'incertitudes. Je suis en pleine réflexion et j'ai du mal à trouver les réponses.

Cette saison, vous aurez en tout cas tout connu : une belle Coupe du monde, la lutte pour le maintien et maintenant cette situation en Equipe de France. Qu'en retirez-vous comme enseignements ?

M.M: Je comprends maintenant pourquoi j'ai du mal à savourer à fond quand tout va bien. Car tout peut arriver. Mon parcours n'a pas été linéaire, il y a eu beaucoup d'obstacles. Et ça continue.

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