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"Les laisser se démerder"

"Laisser les joueurs se démerder"
Par Rugbyrama

Le 12/03/2011 à 19:39Mis à jour Le 12/03/2011 à 20:40

Le sélectionneur des Bleus, Marc Lièvremont est apparu abattu au moment de s'exprimer après la claque reçue face à l'Italie (22-21). Il déplore cette nouvelle désillusion après l'humiliation infligée par l'Australie. Il a clairement mis la responsabilité de cette défaite sur le dos des joueurs.

Quel est votre premier sentiment après cette défaite ?

Marc LIEVREMONT : De la tristesse, une déception de plus. Mais je veux d’abord rendre hommage à cette équipe italienne qui a mis des valeurs d’engagement, de solidarité et de conviction autres que les nôtres. Nous n’avons même pas sauvé les apparences.

Est-ce votre plus grosse déception depuis que vous êtes sélectionneur ?

M.L. : C’est difficile de les classer. Il commence à y en avoir tellement… Là, je suis désappointé. Et encore, le mot est faible. Compte tenu du contexte, il n’était pas envisageable de prévoir une telle prestation.

Mais la déception est-elle plus forte qu’après l’Australie ?

M.L. : Le contexte est différent. On peut parler de jeu, de ce que l’on veut produire. Si vous ne mettez pas les valeurs nécessaires, cela devient trop compliqué. C’est la base de notre sport.

Est-ce un cauchemar pour vous ?

M.L. : Le mot est trop fort. Mais il faut être lucide quand on voit notre investissement sur le terrain…

Aviez-vous senti venir ce manque d’investissement ?

M.L. : Non, même si j’étais très mécontent du début de semaine. Mais dès jeudi, je croyais que les joueurs étaient dedans. D’entrée, dès les premières minutes, on a senti que ce n’était pas le cas.

Même quand la France menait 18-6 ?

M.L. : Mais c’était contre le cours du jeu, ou pas loin. Ce n’était pas mérité et donc presque aléatoire. Le combat a été perdu dès la première seconde. Évidemment, j’aurais quand même préféré une triste victoire à cette défaite.

Comment expliquer ce manque d’engagement ?

M.L. : Il faut le demander aux joueurs. Je me suis toujours construit dans la remise en cause. Là, je n’ai pas parlé aux joueurs après le match. J’ai juste dit quelques mots à Thierry Dusautoir en aparté. Moi, je n’ai l’impression de m’être passé d’hommes providentiels. Aujourd’hui, très peu de joueurs ont évolué au niveau que j’attendais. J’ai vu le capitaine (Thierry Dusautoir) se battre, Bonnaire, Clerc quand il a eu des ballons. Peut-être que la vidéo en sauvera d’autres.

Pensiez-vous être à l’abri de ce genre de déconvenue après l’Australie ?

M.L. : Je pensais en tout cas être à l’abri de cette décompression, au moins dans la volonté de se faire mal. On n'avait pas le droit de réaliser ce genre de prestation, de rendre une telle copie. Et pourtant, on l’a fait. Sincèrement, je pense que le groupe vit bien. Il vit peut-être trop bien… Je crois qu’il y a une bonne communication, une bonne ambiance… Pendant 80 minutes, les joueurs ont démontré le contraire.

Avez-vous envie d’abandonner ?

M.L. : C’est dur à encaisser. Je suis partagé entre la déception et la colère mais le renoncement ne fait pas partie de mon vocabulaire. Il faut continuer à se battre mais moi, je ne suis pas sur le terrain.

Comment réagir maintenant ?

M.L. : On parle toujours de ressources humaines. Là, je crois que je vais laisser les joueurs se démerder tout seuls…On a une semaine pour tenter encore de réagir.

Vous sentez-vous lâché par vos joueurs ?

M.L. : Je ne sais pas. Il faut leur demander.

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