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Le non-investissement

Retour sur non-investissement
Par Rugbyrama

Le 13/03/2011 à 16:06Mis à jour Le 13/03/2011 à 16:16

Si les Français se sont inclinés en Italie (21-22), c’est avant tout en raison d’une démission mentale et générale. Auteurs d’une mauvaise préparation cette semaine, incapables de réagir sous la pression, les Bleus ont clairement manqué d’investissement au Flaminio, ce qui a précipité leur naufrage.

"C’est une faute professionnelle." Yoann Huget ne met pas les formes. Comme l’ensemble des joueurs de l’équipe de France, il plaide coupable quelques heures après le désastreux revers romain. Comment faire autrement ? Les Bleus n’ont jamais répondu présents au Flaminio et ont frôlé le degré zéro de l’engagement. "Nous n’avons pas su relever le défi du combat imposé par les Italiens, reconnaît Thierry Dusautoir. On a reculé sur chaque impact." Et lui et ses partenaires ne sont jamais parvenus à se faire violence, à inverser la tendance alors qu’ils ont pourtant mené jusqu’à 18-6. Allant même jusqu’à littéralement sombrer… La preuve qu’ils n’ont absolument pas abordé cette rencontre dans les meilleures conditions. Certains avancent même l’idée d’un péché d’orgueil. "Peut-être qu’on s’est vu trop beaux", ose Nicolas Mas. "Après avoir résisté en Angleterre, inconsciemment, on s’est peut-être dit qu’avec un peu de patience, ça passerait, même sans mettre assez d’intensité", poursuit Huget.

Un début de semaine indigne

Et samedi soir, dans les bouches françaises, revenait inlassablement le refrain d’un début de semaine calamiteux. Une préparation tronquée du côté de Marcoussis. Marc Lièvremont avait lâché le premier pavé dans la mare en conférence de presse : "J’étais très mécontent des entraînements du début de semaine." Dès lors, les joueurs ne pouvaient que confirmer. En cause : principalement l’opposition de mardi après-midi face aux moins de 19 ans. "C’était effectivement plus que moyen, confirme Julien Bonnaire. Et la semaine entière n’a pas été terrible sur le plan qualitatif." "Marc nous avait prévenu que nous n’étions pas assez impliqués", regrette Huget. "On doit être plus professionnels et chercher une plus-value dans chaque entraînement, affirme Vincent Clerc. On est un peu en retard, on le sait, et il ne reste plus beaucoup de temps. Pour autant, on avait remis les pendules à l’heure dès le jeudi." Visiblement pas suffisamment. Ou alors, il faut trouver les raisons de l’apathie française ailleurs…

"La faillite mentale"

Marc Lièvremont a aussi pointé "un manque de solidarité, de volonté de se faire mal." Son équipe est bridée, totalement en recherche d’une confiance et d’une cohésion qui la fuit inlassablement. "Je ne sais pas pourquoi mais on manque d’intelligence, analyse Clerc. On a donné les armes pour se faire battre. On a laissé la furia italienne nous passer dessus." Une démission mentale à la fois incompréhensible et fatale. Car c’était bien de démission qu’il s’agissait sur la pelouse du Flaminio. La France a tout simplement lâché prise. "Il y a un parallèle entre la défaite contre l’Australie en novembre et celle-ci au niveau de la faillite mentale qui a été la nôtre en fin de match", souligne lucidement Bonnaire. Pourquoi ? Comment ? C’est un dramatique mystère. Cela n’en reste pas moins extrêmement inquiétant car à six mois du Mondial, cette formation ne possède toujours pas les ressources pour rebondir. "Il faut absolument murir mentalement et préparer n’importe quel match de la même façon", appelle Bonnaire. S’il en est encore temps…

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