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Mêlée : la gloire amère

Mêlée : la gloire amère
Par Rugbyrama

Le 08/02/2010 à 15:15Mis à jour

Brillante et dominatrice contre l'Ecosse dimanche à Murrayfield, la mêlée française aurait pu tutoyer la perfection si l'arbitrage de Nigel Owens n'avait pas été aussi timide. Un scénario qui n'a pas été apprécié part les Tricolores. Et qui pourrait surmotiver face à l'Irlande.

Tout sauf convenu. Rien ne l'y obligeait mais quand est venue l'heure de l'analyse après le succès inaugural contre l'Ecosse, l'ailier Vincent Clerc a dédié ses derniers mots à ses avants, signalant "une grande performance". S'il avait fallu attribuer le prix spécial du jury, c'est d'évidence la mêlée qui aurait été soulignée.

Un match brillant, efficace. Un point fort d'abord pour faire plier l'Ecosse ensuite pour l'empêcher d'envisager ne serait-ce qu'une minute, un quelconque retour. La domination fut trop constante. Et pourtant, les Bleus en gardent un goût amer. Si ce n'était pas son job, le talonneur William Servat - toujours pondéré - en aurait presque eu le coeur à rire : "On a fait beaucoup d'efforts en mêlée mais nous n'avons pas été récompensés à la hauteur de notre investissement. J'aurais aimé savoir quelle était l'analyse de Nigel Owens sur l'arbitrage des mêlées." Les Bleus assurent que l'arbitre gallois a rappelé la première ligne écossaise à l'ordre à plusieurs reprises... Les cartons jaunes se font encore attendre.

"L'arbitrage, je n'en dirai pas un mot" soufflait d'abord le gaucher Thomas Domingo... Jusqu'à ce que la tentation soit trop forte : "Leur gaucher Dickinson a triché en posant la main au sol, leur droitier Moray Low a passé tout le match à se sortir. Et ils anticipaient systématiquement à l'impact.. C'est frustrant parce qu'on arrivait à prendre le dessus à chaque fois." Les Bleus ont fait face mais à quel prix ? Domingo répond : "Ils tapaient fort mais on arrivait à se reprendre sur la force pure en étant serré, très serré. Seulement, ça nous a demandé beaucoup d'efforts et on y a laissé du jus." Et si Marc Lièvremont a aimé voir ses joueurs - "très investis, très solidaires et relativement disciplinés face à l'arbitrage particulier de monsieur Owens", il y a donc des regrets à avoir.

Un travail essentiel

D'abord parce que la mêlée a surtout servi à conquérir des pénalités plutôt que de servir de base aux lancements de jeu des Bleus. Et que l'arbitre Nigel Owens aurait pu en siffler le double. Ensuite et surtout, la France ne fut pas géniale sur les introductions adverses. Et que la frustration est grande : "On connaît les Ecossais, rappelait Lionel Nallet ce lundi dans Midi Olympique. Un coup ils rentrent très tôt, un coup ils refusent l'entrée, un coup ils tournent. Et quand ils sont pris, ils se relèvent ou tombent... Résultat, en multipliant les trucages, ces derniers ont gagné toutes leurs mêlées, sauf une, alors que nous avons fait l'effort sur toutes les poussées. Mais je me console en me disant que le jus qu'ils ont laissé dans ce secteur les a rendus moins performants par ailleurs..." William Servat valide : "Si les Ecossais ont lâché prise, c'est grâce aux efforts en mêlée fournis dans un premier temps..." Plus que jamais, leur travail aura été dans l'ombre. Plus que jamais, il aura été essentiel. Contre l'Irlande, c'est le même scénario qui devra s'écrire. Qu'importe l'arbitrage : le pack a le talent pour se sortir des pièges et punir le vice. Que les avants sachent que Vincent Clerc et les autres ne l'oublieront pas.

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