Midi Olympique

Là où tout a commencé...

Là où tout a commencé...
Par Rugbyrama

Le 03/02/2010 à 17:15Mis à jour

Simple évolution ou vraie révolution... Le 3 février 2008, le XV de France entrait dans une nouvelle ère avec les débuts victorieux du trio Lièvremont-Retière-N'Tamack à sa tête pour l'ouverture du Tournoi en Ecosse. Deux ans plus tard, quasiment jour pour jour, les Bleus reviennent à Murrayfiled.

C'était le temps de l'espoir, de l'optimisme. A outrance ? Certainement. Exagéré ? Peut-être un peu aussi. Mais il faut dire que la Coupe du monde 2007 avait laissé un amer goût d'inachevé. Nommés quelques semaines auparavant, les nouveaux hommes forts du XV de France débutaient leur mission en Ecosse. "C'était le début de l'aventure, se remémore Didier Retière, l'entraîneur des avants tricolores. Je me souviens qu'il y avait ce côté exaltant de débuter une autre histoire mais en même temps, cette dose d'incertitude qu'engendre tout départ dans quelque chose de nouveau". Et pour leur première sur la scène internationale, les "Bleus nouvelle génération" n'avaient pas raté leur représentation. Une partition quasi parfaite : large succès (27-6), match maîtrisé, fauteuil de leader du Tournoi à la sortie... Mais surtout un vrai festival offensif avec trois essais à la clé et de belles ambitions affichées dans le jeu. Des intentions symbolisées par les cannes de feu des flèches oranges (en référence à la couleur de leurs crampons) Vincent Clerc et Cédric Heymans, et de leur entente géniale sur la pelouse de Murrayfield.

Nouvelle génération aussi car le staff avait décidé de rafraîchir, voire rajeunir, le visage de l'équipe de France. Plusieurs "bleus" chez les Bleus. C'est ainsi que l'ailier Julien Malzieu, ou encore les jeunes François Trinh-Duc ou Morgan Parra effectuaient leurs débuts sous la tunique tricolore ce jour-là. Des paris du sélectionneur. Mais des paris réussis puisque ces trois joueurs n'avaient pas manqué leur entrée sur les planches écossaises et sont encore présents dans le groupe qui prépare le Tournoi 2010. "C'était mon premier match sous le maillot de l'équipe de France, explique le Clermontois. Première fois titulaire, première victoire et premier essai. C'est par conséquent un souvenir à part à mes yeux. Même si cela s'était moins bien passé, cette première sélection m'aurait de toute façon marqué. Alors là..."

" Tellement proche et tellement loin à la fois"

Alors, au moment de retourner à Murrayfield, les souvenirs rejaillissent. Pour tous. "Murrayfield reste pour moi, et donc pour l'ensemble du staff, un stade particulier. Je garde un excellent souvenir de ce premier match. Il reste gravé dans mon esprit. Mais c'est tellement proche et tellement loin à la fois", tempère Didier Retière. Tellement loin, c'est vrai. Car pour reprendre les mots de l'entraîneur des avants, le temps de l'exaltation a passé. Celui de l'incertitude s'est figé. Paralysant ainsi les objectifs à plus long terme du XV de France. Voilà pourquoi il existe des airs de ressemblance avec l'ouverture du Tournoi 2008. Après deux années marquées par des bilans décevants dans cette compétition continentale et des exploits face à la Nouvelle-Zélande ou l'Afrique du Sud, les Bleus sont toujours en quête de repères et de constance. "La constance, ça se construit, indique Didier Retière. Ce n'est pas une dimension naturellement française. Mais nous travaillons dessus. Pour cela, il faudra réussir l'entrée en matière en Ecosse. Après, cela reste un premier match. Nous sommes donc un peu dans l'inconnu". Cela rappelle quelque chose...

Comme il y a deux ans, la France a ainsi besoin de se rassurer, de créer une dynamique sur laquelle surfer par la suite. La période des essais est presque terminée et les Bleus doivent franchir un cap. La charnière Parra/Trinh-Duc, qui reste la vitrine de la nouvelle génération, doit par exemple s'affirmer. Et ce retour aux sources prend des airs de symbole. "Deux ans plus tard, on revient donc au même endroit mais dans d'autres dispositions, note Didier Retière. A un an et demi de la Coupe du monde, nous sommes dans une nouvelle dimension". Car elle est bien là la principale différence. Le 3 février 2008, le staff avait encore du temps devant lui. Aujourd'hui, le temps presse...

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