Feu de paille ou sacré?

Feu de paille ou feu sacré?
Par Rugbyrama

Le 01/03/2009 à 12:45Mis à jour

Aussi convaincante fut-elle, la victoire face au pays de Galles ne doit pas laisser croire au XV de France qu'il est arrivé. Marc Lièvremont se charge de le rappeler et attend maintenant de son groupe qu'il répète ce type de performances sur la durée. Et si le plus dur commençait pour les Bleus?

Tellement français. La victoire des Bleus face au pays de Galles, vendredi, en a surpris plus d'un. Elle s'inscrit dans une tradition tricolore bien ancrée dans l'histoire du rugby. Les Français, d'une génération à l'autre, n'ont pas leur pareil pour sortir le grand jeu quand on ne les attend pas. C'est leur force. Leur charme, aussi. Mais cette médaille bleue a toujours eu un revers. A l'inverse, le XV de France a souvent eu la triste habitude de trébucher quand elle se voyait trop belle. Pour ne citer que lui, le souvenir encore de la dernière Coupe du monde en témoigne.

Sitôt les festivités de la fête dionysienne, chacun, dans le camp français, s'est donc attaché à tempérer les ardeurs. Dans ce registre, Marc Lièvremont a donné le ton. Mesuré dans la difficulté, le sélectionneur se veut également tempéré après ce beau succès. L'évocation d'un match référence le fait sourire. "C'est à la mode, les matches références. Evidemment, les joueurs se sont prouvé presque à eux mêmes qu'ils étaient capables d'accomplir ce genre de performance et de rivaliser avec les meilleurs. La gageure, le pari c'est quand même d'arriver à enchaîner ce type de prestation, de ne pas être sans arrêt sur le mode réactionnaire, le couteau entre les dents, pour accomplir ce genre de prestation", explique-t-il.

Ni zéros ni héros

Si, dans deux semaines, les Bleus ne digèrent pas le thé anglais, l'embellie aura été de courte durée. C'est exactement ce que veut éviter le staff. Depuis la prise de fonctions du triumvirat Lièvremont-N'Tamck-Retière, l'équipe de France n'a jamais réussi à offrir un visage séduisant et cohérent sur la durée. Si elle veut devenir autre chose qu'une équipe de coups, capable de tout, mais aussi de rien, elle se doit de gagner en régularité. "On ne peut pas se satisfaire d'un exploit, un par saison, et on ne travaille pas pour ça. On est persuadé du potentiel de cette équipe. On travaille pour changer de statut", plaide le sélectionneur.

Visiblement, les mises en garde ont été entendues. Après le match, les joueurs relayaient le message de leurs coachs, notamment les anciens. "Le jour où on pourra jouer de cette manière n'importe quand et face à n'importe qui, on sera une grande équipe. La différence entre les grandes équipes du Sud et nous, c'est leur faculté à jouer avec une intensité égale pratiquement à chaque match et pendant 80 minutes", souligne Cédric Heymans. Et l'ailier toulousain de lancer un appel à la prudence: " Franchement, il serait malvenu de tomber dans l'euphorie. Ce serait idiot. Nous n'étions pas aussi mauvais que certains ont voulu le dire. Mais nous ne sommes pas la meilleure équipe du monde parce que nous venons de battre les Gallois chez nous." Ni zéros ni héros en somme.

Le défi, désormais, est "d'aller plus loin", comme le dit Marc Lièvremont. Comment? "Il y a encore beaucoup de boulot, rappelle-t-il. Le mien sera de me souvenir du brouillon de rugby qu'on a offert contre l'Ecosse et à la défaite contre l'Irlande. Chaque match, défaite ou victoire, nous a donné certaines satisfactions. On fait souvent un pas en avant et deux en retrait le week-end suivant. C'est la difficulté. C'est un mal un petit peu français qui dépasse le rugby de manière générale. " On saura dans deux semaines à Londres si le XV de France souffre toujours de ce mal récurrent. Et tellement français.

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