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"Je ne crache pas dessus"

Parra: "Je ne crache pas dessus"
Par Rugbyrama

Le 20/02/2008 à 07:30Mis à jour

Propulsé demi de mêlée titulaire du XV de France à seulement 19 ans, Morgan Parra se sent de taille à supporter la pression avant de défier l'Angleterre. Le Berjallien ne nourrit aucun complexe.

Quand avez-vous appris votre titularisation?

M.P. : Ce matin, juste avant l'annonce officielle du XV. Lundi, les entraineurs étaient venus me voir pour savoir si je me sentais bien dans mes baskets, si j'avais bien compris le projet de jeu mis en place depuis trois semaines. Je leur ai répondu que tout était OK pour moi et que je me sentais prêt, y compris pour être titulaire.

Vous êtes le demi de mêlée du XV de France. Cela veut-il dire que vous êtes le meilleur demi de mêlée de France?

M.P. : Non, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. D'abord, il y a Jean-Baptiste Elissalde, qui était le taulier. D'autres auraient mérité cette place de titulaire, comme Dimitri Yachvili, Pierre Mignoni, et même d'autres jeunes, comme Julien Tomas. Maintenant, des choix sont faits et je ne crache pas dessus. Il faut de la chance dans nue carrière. La chance d'être titulaire un jour pour pouvoir montrer ce dont vous êtes capables. J'ai eu cette chance à Bourgoin, je l'ai aujourd'hui chez les Bleus.

Vous n'avez pas peur?

M.P. : Ça reste un match de rugby. C'est sûr que c'est un gros baptême du feu pour une première titularisation. J'ai eu des difficultés lorsque je suis rentré contre l'Ecosse. Face à l'Irlande, je me suis senti beaucoup mieux. Les ballons sortaient plus vite, j'ai pu davantage m'exprimer. J'espère faire un gros match pour ma troisième sélection.

En tant que titulaire, vous aurez tout de même beaucoup plus de pression que lors de vos deux premiers matchs. Vous êtes prêts à la supporter?

M.P. : Je vous dirai ça samedi soir après le match. Je n'en sais rien. Moi, je me sens prêt. Après, franchement, les responsabilités, qu'on joue un quart d'heure ou qu'on soit titulaire, on les a. Moi, je prends les choses comme elles viennent, je profite du plaisir et du bonheur que me procurent ces moments. Je vais juste essayer de jouer comme je sais le faire.

Le fait d'être associé à la charnière à un joueur très jeune, comme vous, est-ce un avantage ou un inconvénient?

M.P. : C'est peut-être mieux comme ça. Ce sera plus simple pour se dire les choses. Avec François, on se connait bien, il ya une certaine complicité entre nous. On déconne pas mal en dehors du terrain. Dans le jeu, on se découvre encore. Je crois qu'on va beaucoup parler ensemble et aussi avec Louis Picamoles dans les jours qui viennent pour être prêts samedi.

Comme Elissalde, vous êtes un ouvreur de formation. C'est un atout pour savoir ce que va faire votre partenaire de la charnière?

M.P. : Oui, c'est un petit avantage. J'ai un petit temps d'avance dans la réflexion. Je peux anticiper sur ce qu'il va faire.

Vous vous sentez davantage demi de mêlée que demi d'ouverture aujourd'hui?

M.P. : Moi, tant que je joue, ça me va... Mais j'ai beaucoup plus d'assurance désormais comme demi de mêlée, car c'est à ce poste que je joue depuis que je suis dans le groupe pro à Bourgoin. Je n'ai fait que quelques piges en 10, cette saison, avec Eric Catinot. Je me sens vraiment numéro neuf. J'aime ce poste.

Qu'est-ce qui vous plait particulièrement?

M.P. : Le fait de pouvoir commander. Je ne suis pas spécialement autoritaire, mais j'ai ce côté meneur. Le demi de mêlée a le pouvoir de commander les avants, d'accélérer ou de ralentir le jeu. J'aime ça.

C'est simple de commander ses avants en équipe de France quand on a 19 ans?

M.P. : Je ne pense pas que ça pose un problème. Ils savent que c'est le poste qui veut ça. S'il faut engueuler des gars qui ont dix ans de plus que moi, je le ferais. Je ne crois pas que quelqu'un va venir me dire de la fermer. Inversement, si je suis coupable de quelque chose, ils sauront me le dire et c'est très bien comme ça.

Affronter l'Angleterre, c'est une excitation supplémentaire pour vous?

M.P. : Jouer n'importe quel match du XV de France au Stade de France, c'est une excitation suffisante, croyez-moi. Quand vous avez le coq sur le maillot, peu importe l'adversaire. L'Angleterre, c'est un petit plus.

Où étiez-vous le soir de la demi-finale de Coupe du monde France-Angleterre au mois d'octobre?

M.P. : J'étais chez moi, devant ma télé. Et j'étais loin d'imaginer que quater mois plus tard, je serai ici...

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