Icon Sport

L'antisèche : des Bleuets sans trou d'air

L'antisèche : des Bleuets sans trou d'air
Par Rugbyrama

Le 13/07/2021 à 20:49Mis à jour Le 13/07/2021 à 21:00

6 NATIONS U20 - Lors de l'ultime journée du Tournoi, les Bleuets se sont imposés devant l'Irlande, 34 à 28, pour terminer à une honorable deuxième place, juste derrière l'Angleterre. Les jeunes Français tiennent probablement leur match référence. Cette fois, ils sont en plus restés réguliers sur la quasi-intégralité de la rencontre.

Le match : un deuxième acte enfin réussi !

Les secondes mi-temps des Bleuets ont souvent posé problème durant ce Tournoi des Six Nations U20. Mais après avoir craqué contre l’Angleterre, s’être fait très peur face à l’Italie ou encore s’être relâchés contre le pays de Galles, les Bleuets ont enfin livré une prestation régulière et consistante, en première comme en deuxième période. Après un premier acte étriqué, où les Français mènent grâce à des essais de Debaes (19e), Bochaton (24e) et Mallez (36e), répondant à un premier essai irlandais (Jamie Osborne, 12e), les jeunes coqs creusent l’écart.

Sans trop souffrir, ils parviennent à bien occuper le camp irlandais, de par une gestion aux petits oignons de la charnière Le Garrec-Debaes, assez performante dans jeu au pied d’occupation. C’est donc une équipe de France des moins de 20 ans mature que l’on a vu à l’oeuvre ce mardi, à l’Arms Park de Cardiff. Et une équipe de France qui maintiendra son adversaire à distance, avec un essai de Bielle-Biarrey (66e), puis une ultime pénalité de Nolann Le Garrec (70e).

Les Bleuets se feront une légère frayeur en fin de match, mais rien de bien méchant. Ils n’ont presque rien cédé aux Irlandais lors du deuxième acte. Résultats : ils l’emportent et signent une quatrième victoire dans la compétition, synonyme de deuxième place.

L’action : la mêlée bleue engloutit l’Irlande

Comme un symbole de l’énergie positive déployée par les Tricolores 80 minutes durant, l’action de la 75e minute voit les hommes de Philippe Boher mettre une pression dingue sur leurs opposants du soir. Les Bleuets mènent en effet de onze points (34-23 alors), et il reste un peu plus de cinq minutes à jouer. Or, les Irlandais ont une excellente possession à négocier, avec une mêlée placée à 5 mètres de la ligne bleue, juste en face des perches.

Cela représente probablement leur dernière opportunité de revenir dans le match, et de rester dans la course pour l'honorifique deuxième place. C’est l'ouvreur Nathan Doak, replacé en position de demi de mêlée, qui introduit la gonfle. Oui mais voilà, une énorme poussée du pack tricolore, emmené par sa première ligne Bibi Biziwu-Boudou-Kiteau torpille le huit de devant des Verts. Emportée, la mêlée irlandaise cède le ballons aux jeunes coqs, et à Thibault Debaes, qui ne se fait pas prier pour envoyer un gros coup de pompe dans le camp adverse.

L'image est alors aussi forte que symbolique. Dans le sillage d’un pack dominant sur la phase qui précède, six Bleuets se précipitent vers l’ouvreur Nathan Doak, soutenu de son côté par un seul de ses compatriotes. La marée bleue engloutit le ruck et, contre toute attente, c’est le petit demi de mêlée Théo Idjellidaine qui met les mains dans le cambouis pour arracher une pénalité, sûrement annonciatrice d’un revers du XV du Trèfle, dont la tentative d’offensive venait d’être sauvagement repoussée.

Le constat : le paradoxe des ballons portés

C’est tout un paradoxe. "Forte sur ses possessions, faible sur celles de l’adversaire" : voilà une phrase qui pourrait parfaitement convenir à la performance des deux formations, lors des phases de mauls. Côté français, cela a d’ailleurs été un mal récurrent durant ce Tournoi 2021. Assez tôt dans le match, les Irlandais insistent donc sur ce point, en misant sur les ballons portés pour faire souffrir les Bleuets. Ainsi, lors du premier essai des Verts, ces derniers se servent du maul comme rampe de lancement. Et cela marche, puisque les Français souffrent, reculent et sont impuissants devant le paquet d’avants irlandais. Avant le quart d’heure de jeu, ils concèdent d’ailleurs une pénalité, là aussi sur un ballon porté.

En revanche, lorsqu’elle était en possession du cuir, la France est souvent parvenue à avancer. Mieux, son troisième latte Pierre Bochaton va même en terre promise à partir d’une combinaison basée sur un maul désaxé petit côté (24e). Arme redoutable en attaque, point faible en défense, on ne saura donc dire si ce secteur du jeu aura été une bonne ou une mauvaise chose ce mardi.

Le paradoxe du match, mais aussi du Tournoi, se poursuit jusqu’au bout. La dernière possession irlandaise peut permettre aux Verts de repasser devant et de s’octroyer la victoire au nez et à la barbe des Français. Cela tombe bien, ils disposent d’une touche dans le camp tricolore. L’occasion d’user encore de la recette miracle : un bon vieux maul irlandais, à l’ancienne. Mais cette fois, ce qui avait été une faiblesse française durant ces Six Nations, permet aux Bleuets d’arracher la victoire, en coffrant intelligemment la balle. L’arbitre sifflera la fin de la partie, là-dessus.

La stat' : trois passes décisives pour Le Garrec

Une fois n’est pas coutume, le demi de mêlée français a été l’un des meilleurs joueurs sur la pelouse de l’Arms Park. Auteur de quatorze points au pied, le Racingman a surtout distillé trois passes, dira-t-on décisives, au cours de la partie. D’abord, à la 19e minute, pour le premier essai tricolore. Après un bon relai de Tixeront dans les 22 mètres irlandais, Le Garrec fait son job de demi de mêlée en servant son ouvreur, Thibault Debaes. Ensuite, une bonne quinzaine de minutes plus tard, juste avant la pause, les Français campent dans le camp adverse. Et le pilier Paul Mallez profite lui d’un super service laser de son numéro 9 pour aller à dame, inscrivant ainsi le troisième essai des petits Bleus. Enfin, le récital Le Garrec se conclut presque de la plus belle des manières, avec une pénalité jouée rapidement et une diagonale, téléguidée pour Bielle-Biarrey, auteur de l'essai du bonus offensif. Et voilà un triplé de passes décisives pour la pépite française.

La question : les Bleuets ont-ils perdu le Grand Chelem sur une mi-temps ?

Vainqueurs ce mardi soir, les Bleuets terminent leur Tournoi à une honorable deuxième place, avec quatre victoires en cinq rencontres. S’ils n’ont pas toujours été géniaux au cours de la compétition, les hommes de Philippe Boher se sont néanmoins montrés très solides, pour finir devant des Irlandais fidèles aux principes de leurs aînés, ou devant des Italiens très accrocheurs, et porteurs d’espoirs pour la Squadra Azzurra.

Cependant, les jeunes coqs n’ont pas rempli l’objectif annoncé, à savoir remporter le Tournoi. Alors, l’argent au lieu de l’or, la faute à quoi ? Probablement à cette deuxième période cauchemardesque face au XV de la Rose, en ouverture des Six Nations. 40 minutes qui leur avaient valu une large défaite, sans point de bonus, et avec un bonus offensif pour leurs rivaux anglais (38-22).

Le plus dur, c’est que la France avait été étincelante durant le premier acte, en marquant notamment trois essais, lui permettant de mener 19 à 3 à la pause. Certes, on ne refera pas l’histoire, mais la question est de savoir si les Bleuets seraient allés au bout, pour peu qu’ils n’aient pas lâché cette victoire qui leur tendait les bras lors du premier match, qui plus est face aux futurs vainqueurs…

Les Bleuets ont-ils perdu le Grand Chelem sur une mi-temps ?

Sondage
1492 vote(s)
Oui
Non

Par Dorian VIDAL

Contenus sponsorisés