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14 ans après, Thomas Lièvremont "ne pardonnera jamais à Jacques Delmas"

14 ans après, Thomas Lièvremont "ne pardonnera jamais à Jacques Delmas"
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 28/12/2020 à 19:08Mis à jour Le 28/12/2020 à 19:10

Dans un long entretien à Sud-Ouest, l’actuel consultant de Canal + est revenu sur le choix assumé par Jacques Delmas de lui préférer Thierry Dusautoir pour disputer la finale du championnat de France en 2006, alors qu’il était le capitaine du BO. Une décision qui n’est toujours pas passée...

Quatorze années se sont écoulées depuis le sacre du BO en 2006. Pas assez cependant pour atténuer la rancœur de Thomas Lièvremont, alors numéro huit et capitaine de Biarritz, relégué sur le banc de touche pour la finale du championnat pour laisser place à Thierry Dusautoir. Un choix douloureux dont l’actuel consultant pour Canal + s’est longuement ouvert dans les colonnes de Sud-Ouest, expliquant avoir vécu là le moment le plus dur de sa carrière. "Ce n’est pas le fait d’être remplaçant ou titulaire pour une finale. C’est tout un système qui s’écroule. Il y avait à Biarritz un modèle qui reposait sur le respect du groupe. En tant que capitaine, je me suis évertué à prolonger ce que ces mecs avaient mis en place. Sans m’emballer, j’étais peut-être le garant de cet esprit biarrot. Ce jour-là, ils ont décidé de passer dans un autre monde."

Un "ils" qui englobe évidemment le président Serge Blanco et surtout l’entraîneur des avants Jacques Delmas, à en écouter Thomas Lièvremont. "Autant, j’ai pu dire à Patrice Lagisquet ce que je pensais, et je sais que c’est quelqu’un de droit qui a participé à ce choix pour le bien de l’équipe, autant d’autres, ce n’était pas pour des raisons sportives. C’est pour ça que j’avais dit à Jacques Delmas que je ne lui pardonnerais jamais ce qu’il a fait, et qu’il le paierait un jour. [...] Mettre Thierry Dusautoir à la place de Thomas Lièvremont, il y aurait pu avoir une logique sportive. On peut, ou pas, le comprendre. Mais pour moi, ce n’était pas ça, ou juste dans l’œil de Patrice Lagisquet à qui on l’a fait croire. Et qui l’a reconnu des mois plus tard et s’en est excusé."

"Ils ont cassé un modèle vertueux"

Car si ce titre de 2006 demeure le dernier en date du BO, ce n’est pas un hasard, à en écouter Lièvremont. " Ce serait prétentieux de dire cela mais à partir de cet instant, certaines choses ont changé à Biarritz. J’en veux encore à ces personnes parce qu’il y avait un modèle vertueux. On aurait pu le conserver. C’était la période charnière entre ceux qui avaient connu le rugby amateur et ceux qui n’avaient connu que le rugby professionnel. À Biarritz, il y avait vraiment de la valeur. Ils ont voulu couper cela. Ils ont cassé un modèle vertueux. Ils ont cassé quelque chose ce jour-là, et pas que chez moi. D’un fonctionnement collectif, ils ont ouvert la porte aux individualités. Pas parce que Thierry Dusautoir a joué, soyons clairs. C’était quelqu’un tourné vers le groupe, altruiste même s’il était introverti. Mais par rapport au choix symbolique qu’ils ont fait. Il y a eu des explications de texte, d’ailleurs. Ils l’ont assumé. Et pour moi, c’est la fin de mes idéaux, de mes croyances, de ma naïveté, de beaucoup de choses…"

Même si l’aventure de Thomas Lièvremont au BO s’arrêtera en réalité un an plus tard, après trois titres de champion, dont ce dernier au goût doux-amer...

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