Abonnés

L'édito du lundi : La fête est trop folle

  • Les Clermontois se sont imposés à Perpignan ce week-end.
    Les Clermontois se sont imposés à Perpignan ce week-end. Icon Sport - FEP
Publié le
Partager :

Ne boudons pas notre plaisir : le Top 14 fut rarement aussi disputé, ouvert et spectaculaire à trois journées du clap de fin de sa saison régulière. Ce week-end, Clermont tape l’Usap à Perpignan, Bayonne renverse le Racing à… Auxerre (cherchez l’erreur) et Bordeaux renvoie sa fessée au Stade rochelais quand Toulouse prend la tête du classement, facile, contre Paris. Sans oublier Pau et Toulon qui déroulent et Castres qui résiste au désespoir montpelliérain.
Bref, quasiment partout nous avons vu du grand spectacle, des matchs acharnés, endiablés, et quelques essais de folie, magnifiques. C’est bien suffisant pour crier au génie et célébrer le meilleur championnat des clubs au monde (quasiment le seul, au vrai).

Ne boudons pas cette douce euphorie mais ne fermons pas les yeux, non plus. Car les dérives de cette folie font planer une drôle d’ambiance autour des terrains et parfois même sur le pré, si l’on en juge la provocation stupide de Matthieu Jalibert à l’endroit de Grégory Alldritt, son capitaine tricolore. Autour, donc, les excès s’enchaînent. Citons Pierre Mignoni qui, l’autre semaine, menaça un journaliste en conférence de presse d’après-match sans être rattrapé par la « patrouille » disciplinaire. Citons l’accrochage physique et verbal survenu il y a quinze jours à peine entre Philippe Tayeb et Yannick Bru après Bayonne-Bordeaux qui, lui, connaîtra certainement des suites. Citons l’inélégance de Bernard Laporte qui, en difficulté sportive au MHR, préfère charger ses prédécesseurs. Citons l’ambiance détestable de la fin de match à Aimé-Giral samedi où l’arbitre (M. Rozier) fut raccompagné aux vestiaires sous escorte et insultes; là encore, difficile d’imaginer que nos dirigeants fermeront les yeux en attendant que tout cela passe…

Attention, donc, aux débordements. Le risque est grand d’avoir à considérer ces événements comme de simples péripéties, tels les affres de l’ivresse banale d’un sport professionnel qui se pique à bon compte de nourrir la passion mais qui vit sous la pression constante du résultat. Or, les deux ainsi réunis forment un cocktail explosif dont il convient de maîtriser le bon dosage. C’est justement le job des responsables d’y veiller comme à la prunelle de leurs yeux. Parce que c’est du rugby dont on parle : un sport qui ambitionne d’être une fête, avec son modèle économique désormais basé sur la liesse des jours de matchs ; avec sa culture tout entière forgée sur le défi autant que sur le respect et l’ouverture à l’autre.

Considérer que tout cela appartient au folklore, et que l’impératif d’exemplarité s’arrête désormais à ce qui se voit sur le terrain reviendrait à piétiner les fondamentaux mêmes de notre discipline. Au bout du compte, ce serait scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis. Désolé les gars, mais au rugby, tous les coups ne sont pas permis.

Vous êtes hors-jeu !

Cet article est réservé aux abonnés.

Profitez de notre offre pour lire la suite.

Abonnement SANS ENGAGEMENT à partir de

0,99€ le premier mois

Je m'abonne
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (8)
Cincent Il y a 12 jours Le 13/05/2024 à 21:33

Un article qui sort du lot, avec des vrais questions de fond.

Ovalie34 Il y a 13 jours Le 13/05/2024 à 15:08

Bel article. En espérant que les autorités le lisent et prennent leur responsabilités, maintenant, avant que cela dégénère.

jaco63 Il y a 13 jours Le 13/05/2024 à 12:51

Bravo M Massicard. Un article plein d intelligence