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Nationale - “La suprématie de la région est vraiment en jeu”, supporters et anciennes gloires sont prêts pour la demi-finale

Par Emilien Terme
  • Narbonne aura l’avantage du terrain pour la demi-finale de Nationale face à Carcassonne.
    Narbonne aura l’avantage du terrain pour la demi-finale de Nationale face à Carcassonne. Icon Sport / Antoine Camblor RC Narbonnais
Publié le Mis à jour
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L’heure du coup d’envoi de la demi-finale de Nationale entre Narbonne et Carcassonne approche et l’impatience se fait ressentir. Supporters et anciens joueurs se sont livrés sur ce derby qui devrait quoi qu’il arrive rester dans les mémoires.

Ce n’est pas un simple match, c’est un derby, ce n’est pas n’importe quelle rencontre, c’est une demi-finale ! À quelques heures du coup d’envoi d’un duel fratricide entre Narbonnais et Carcassonnais pour une place en finale de Nationale, la tension et l’excitation ne cessent de monter chez les supporters. "On ne parle que de ça, on ne pense qu’à ça !", confie Thierry Assemat, responsable du club de supporters Les Pastagas. Soixante kilomètres plus loin, l’engouement est tout aussi présent dans la cité de Carcassona : "Quand on se promène dans le centre, les gens en parlent forcément, on commence même à entendre parler d’aller à Chambéry (lieu de la finale, NDLR)", raconte Frédérick Gau, responsable du groupe de supporters des Patriotes.

\ud83d\udce3 ? ??? personnes !

Nouvel objectif : 9000 supporters au stade! \ud83d\udcaa

Il n'est pas trop tard pour participer à cette fête et soutenir notre équipe dans ce match crucial!

\ud83c\udf9f\ufe0fbilletterie : https://t.co/e2v5YVG6Ic

Allez le Racing ?\u26ab pic.twitter.com/Quslm5EuA4

— Racing Club Narbonnais (@RCNarbonnais) May 9, 2024

Narbonne a gagné le droit de recevoir ce match couperet et compte bien pousser derrière son équipe. Si les tribunes du Parc des sports et de l’amitié seront pratiquement pleines, le soutien de la ville dépasse largement le pourtour du stade : "La mairie a mis les couleurs du club sur l’hôtel de ville, dans le centre-ville aussi certains magasins se mettent aux couleurs pour le match, ça dépasse le cadre du terrain et des supporters. Tous les Narbonnais poussent derrière."

\ud83c\udfc9 #Rugby – Nationale : à l’approche de la demi-finale contre #Carcassonne, la mairie de #Narbonne se met aux couleurs du @RCNarbonnais @us_carcassonne https://t.co/9poKDgbng1 via @lindependant

— L'Indépendant (@lindependant) May 6, 2024

Une atmosphère qui rappelle Gilles Belzons, ancien président du RC Narbonnais, aux bons souvenirs des semaines de gros matchs : “À l’approche de match comme celui de samedi, l’ambiance monte crescendo tout au long de la semaine pour finalement exploser samedi. Supporters, joueurs, dirigeants, samedi, on va passer par tous les états : de la joie, de la crispation et de la tension jusqu’au coup de sifflet final. C’est aussi pour ça qu’on aime vivre ce genre d’événement”. Des matchs couperets que les Narbonnais ont malheureusement perdu l’habitude de jouer. Les plus anciens se rappellent pourtant un passé glorieux : “Ça fait 40 ans que je supporte Narbonne et samedi, ça sera un match particulier, ça fait des lustres que l’on n’a pas eu de phase finale à Narbonne et en plus un derby, c’est la cerise sur le gâteau”, explique Fabien Engels (Les Tigres Cathares). La dernière épopée en date, “une finale du bouclier européen contre les Harlequins en 2001”, complète Thierry Assemat (Les Pastagas).

"Je me souviendrai toujours de ce match"

Une ambiance des grands soirs permise par la forte mobilisation des Carcassonnais qui, malgré la montée des prix de la billetterie, seront bel et bien présents dans le virage sud du stade : “Je pense qu’on doit leur faire peur ! À l’image de Montpellier avec Perpignan, ils ont peut-être eu un coup de stress de voir une armée jaune et noir arriver chez eux ! Qu’importe la hausse des tarifs, elle sera présente cette armée”, promet Valentin Bonnefoy, responsable du Collectif Ultra 11. Une détermination partagée par l’ensemble des groupes de supporters qui feront le déplacement tous ensemble grâce aux bus mis à disposition par le club. Tous ou presque, car Arnaud Ricard et sa bandas, Los Sambaderos, prendront les devants en préparant le virage sud : "On s’est tous donné rendez-vous au virage sud pour y mettre le feu ! Nous y serons en avance pour préparer les festivités avec notre groupe de percussions brésiliennes".

Cette ferveur populaire, Samuel Marques s’en souvient encore. L’international Portugais a porté les couleurs de l’US Carcassonne entre 2021 et 2023, signant au passage l’une des plus belles saisons du club. Samuel Marques a eu la chance de vivre ce type de match qui reste dans les mémoires. Lors de la saison 2021/22 de l’USC, quelques semaines avant le barrage de phase finale de Pro D2 à Nevers (meilleure performance de l’histoire du club), Samuel Marques et ses coéquipiers reçoivent l’Aviron Bayonnais au stade Albert Domec pour l’avant-dernière journée de la saison régulière. "C’était déjà un match de phase finale, car il devait nous permettre de se qualifier en barrage avant que les résultats de la journée ne nous obligent à aller gagner à Béziers lors du dernier match", explique le demi de mêlée.

Samuel Marques sous les couleurs de L’US Carcassonne.
Samuel Marques sous les couleurs de L’US Carcassonne. Icon Sport - Anthony Dibon

Ce soir-là, l’armée jaune et noire a joué son rôle de 16e homme : "Ce match contre Bayonne m’a profondément marqué. On prend un jaune et finalement, on gagne à un de moins contre l’Aviron Bayonnais qui était alors l’équipe phare de Pro D2 dans un stade fou. De la pelouse, on ressentait un engouement énorme. Ce jour-là, on a montré l’état d’esprit de l’équipe avec un public qui a toujours cru en nous, qui nous a poussés malgré la descente. Les supporters ont aussi été là quand ça ne se passait pas bien et c’est ça qui fait la force de ce club et de ses supporters", relate Samuel Marques avant de rêver à de potentielles retrouvailles : "Je me souviendrai toujours de ce match, j’espère qu’ils remonteront pour avoir l’occasion de jouer contre eux !"

"C’est le vrai Derby"

Quand le terme derby est associé à Narbonne, la ville de Béziers n’est jamais loin. Pourtant, pour Christian Labit, le vrai derby aura lieu ce samedi : "Narbonne contre Béziers, c’est le derby du passé. C’était l’époque du grand Béziers, régulièrement sur le devant de la scène, mais ce n’était pas représentatif de la région. Samedi, la suprématie de la région est vraiment en jeu, ça offre l’occasion aux joueurs de vivre des matchs qui n’ont pas l’habitude de vivre à ce niveau avec un stade plein". Faux derby, vrai derby, la réponse sera, sans aucun doute, donnée par les tribunes samedi estime Gilles Belzons : "Je me refuse à dire qu’un derby n’a pas de sens. Samedi, les joueurs étrangers ou qui n’ont pas la culture occitane vont vite se rendre compte que ce match n’est pas ordinaire. Ils vont se sentir Occitans !"

Les supporters ont pour certains pris le temps de rappeler l’importance du derby : "J’ai envoyé un message à Romain Manchia pour lui dire qu’on était à 200 % derrière l’équipe et qu’ils allaient écrire une belle page de l’histoire du club", raconte Arnaud Ricard (Los Sambaderos) tandis que Philippe Soum responsable du groupe de supporter carcassonnais des Hérétiques a vu une mobilisation particulière : "Il est important de laisser à l’équipe le soin de se préparer dans les meilleures conditions, mais c’est vrai que les habitués des séances d’entraînement ouvertes au public ont vu de nouvelles têtes se montrer cette semaine".

Christian Labit lorsqu’il était entraîneur de Narbonne.
Christian Labit lorsqu’il était entraîneur de Narbonne. Icon Sport - Alexandre Dimou

Une omniprésence qui, si elle rajoute de la dramaturgie à la rencontre, peut s’avérer nocive pour certains joueurs : "Ils ne peuvent pas aller en ville sans qu’on ne leur parle du derby parce qu’il y a dans ces deux villes un attachement très fort au club. Lorsque j’étais manager, j’essayais d’aborder ce genre de match avec une certaine détente. Je ne voulais pas qu’il essaye de se transformer au risque de déjouer. Certains se nourrissent de cette ambiance particulière, d’autres au contraire peuvent se retrouver tétanisés", explique Christian Labit, ancien entraîneur des deux équipes.

Son rôle le supporter, que son noir soit accompagné d’orange ou de jaune, il le prendra ce samedi dès son départ pour le Parc des sports et de l’amitié. Une enceinte qui n’a jamais aussi bien porté son nom qu’à la veille d’une guerre fratricide qui verra le jaune et l’orange se mêler dès le coup de sifflet final : "C’est le quatrième match contre Narbonne, on commence à bien connaître tous les supporters adverses. C’est un derby amical entre les différents supporters, on mange souvent ensemble avec les Narbonnais. Sur le terrain, c’est pareil, une fois le coup de sifflet final les joueurs se connaissent et se retrouvent avec plaisir. Il y a beaucoup de proximité entre les deux clubs", explique Frédérick Gau (groupe de supporters des Patriotes). Qui sait, peut-être que l’orange et le jaune s’associeront, pour le retour de l’Aude en professionnel dans quelques semaines à Chambéry.

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Les commentaires (3)
JCT38RCS Il y a 13 jours Le 11/05/2024 à 12:34

Un article plein de couleurs qui illustre à merveille un Derby qui s'annonce fabuleux.

biilyzekid Il y a 13 jours Le 11/05/2024 à 07:37

Tu parles d'une suprématie à ce niveau là...

talon0211 Il y a 13 jours Le 11/05/2024 à 10:11

À quel niveau tu as joué toi ??