Abonnés

"Wayne Barnes, encore" : en finir avec l’obsession de l’arbitrage après Leinster - Toulouse

  • Wayne Barnes, lors de de la demi-finale de Champions Cup Leinster - Toulouse.
    Wayne Barnes, lors de de la demi-finale de Champions Cup Leinster - Toulouse. ActionPlus / Icon Sport
Publié le Mis à jour
Partager :

Le coup de sifflet final de ce Leinster-Toulouse n’avait pas encore résonné que le coupable avait déjà trouvé son nom, son maillot et son attribut, aux yeux de la vindicte populaire et populiste : Wayne Barnes, maillot jaune, sifflet en main. Triste déjà vu du mois de février, Irlande-France dans le Tournoi des 6 nations : même stade, mêmes hommes ou presque sur le terrain, même arbitre. Même scénario, donc. Et même litanie de critiques, du cordial jusqu’au nauséabond, uniquement dirigées vers un seul homme. Le coupable idéal, pour qui s’évite de lire un match par d’autres biais que les coups de sifflet.

Est-il ici question d’affirmer que tout fut parfait, samedi après-midi, dans la conduite du match orchestrée par M. Barnes ? Évidemment que non. Le plaquage retourné de Porter sur Mallia (35e) aurait évidemment mérité un visionnage vidéo et vraisemblablement un carton jaune. L’action de Neti, qui lui valut ledit carton, est moins limpide qu’un brave coup de tronche asséné sans raison et, a minima, aurait dû être arbitré des deux côtés, de la charge kamikaze de Van der Flier au geste du front du Toulousain. De ces décisions et ces oublis, Toulouse a clairement pâti, explosant en vol lors de chacune de ses périodes d’infériorité numérique. Un avantage du nombre dont il n’aura, à l’inverse, jamais profité.

 

Ce tableau posé, il convient désormais de l’analyser en s’épargnant la complainte du supporter, versant dans cette partialité que l’on reproche à l’accusé. D’abord, Wayne Barnes n’est évidemment pas le seul responsable. Au rugby, on arbitre comme on joue : en équipe. Et dans la chaîne décisionnelle, les absences de son assistant vidéo, d’une réalisation irlandaise parfois douteuse et de ses préposés à la ligne de touche valent autant que ses coups de sifflet.

 

Plus embêtant : en matraquant de tous les maux le seul Wayne Barnes, garçon au demeurant délicieux et dont on ne saurait jamais douter de l’impartialité au regard de son immense carrière, on omet de nombreux facteurs : d’abord, il n’est écrit nulle part qu’une équipe à 14 contre 15 doit systématiquement encaisser deux essais. Ce que les Toulousains ont pourtant fait, par deux fois, pour un 28-0 qui fait désordre bien au-delà des seuls faits d’arbitrage. Pour cela, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, comme sur des choix de coachings qui les ont clairement handicapés.

 

Ensuite, il apparaît difficilement contestable que la meilleure équipe a gagné, samedi à Dublin. Que l’issue du match ne tient en rien à un fait d’arbitrage et que le Leinster, pourtant orphelin de ses meilleurs généraux (Sexton, Henshaw, Lowe) a fait régner une loi incontestable. Les Toulousains y ont opposé beaucoup de cœur, de vigueur, pas mal de talent mais nettement moins de précision, ce qui fait la différence entre les grandes équipes et les champions. A cet écart, l’arbitre ne peut rien et l’ampleur du score, dépassant encore une fois les 40 points en faveur des Blues irlandais, devrait suffire pour épargner à Wayne Barnes bon nombre des critiques injustes et insultantes qui lui sont adressées.

 

Au moment de regretter le délitement des « valeurs » dont un sport s’était auto-attribué l’exclusivité, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, on implorera d’en préserver une, au moins : l’arbitre a toujours raison. Même quand il siffle en votre encontre et votre désespoir. A ce sujet, la classe d’Antoine Dupont et Ugo Mola devrait ici inspirer quelques-uns de leurs plus fervents contemplateurs. « Quand il y a quarante points contre soi, on ne parle de rien » et

« Je maintiens ce que j'ai dit, à savoir que Wayne Barnes est un arbitre de haut niveau » ont successivement martelé les deux hommes forts du club rouge et noir, après la rencontre. Merci à eux.

Vous êtes hors-jeu !

Cet article est réservé aux abonnés.

Profitez de notre offre pour lire la suite.

Abonnement SANS ENGAGEMENT à partir de

0,99€ le premier mois

Je m'abonne
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (18)
Tatane Il y a 9 mois Le 02/05/2023 à 22:53

Si la gestion des ralentis video est géré de la même manière pour la coupe du monde 2023 qui arrive et bien nous sommes dans de beaux draps !! Vive la gestion , le respect et la rigueur Anglo Saxonne !! bien orientée .

Monget Il y a 9 mois Le 02/05/2023 à 21:42

La réalisation irlandaise n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, pendant le tournoi, elle avait dissimulé des plans. Sur l'essai refusé à O Brien, le plan sur lequel l'en avant était le plus flagrant a mis très longtemps à arriver et il faut rendre hommage à Barnes d'avoir su l'attendre pour prendre sa décision

JIMYAUMI Il y a 9 mois Le 02/05/2023 à 17:16

Et si Mr Barnes était suspendu .....