• FFR : "Ovale ensemble" accentue la pression avant le référendum
    FFR : "Ovale ensemble" accentue la pression avant le référendum Icon Sport - Icon Sport

FFR : "Ovale ensemble" accentue la pression avant le référendum

Par Arnaud Beurdeley
Le

FFR - A partir de ce lundi midi et jusqu’au jeudi 26 janvier 12h00, les présidents de clubs amateurs sont appelés à voter électroniquement pour savoir si, oui ou non, Patrick Buisson doit devenir le président délégué de la FFR durant la mise en retrait de son président, Bernard Laporte. Ce vendredi matin, le collectif Ovale ensemble, groupe d’opposition mené par Florian Grill, a donné une dernière conférence de presse pour rappeler les enjeux de ce vote.

Le rendez-vous avait été donné à 9h30, dans le club house du Puc en raison de l’interdiction de s’exprimer à partir de ce vendredi 12h00 dans le cadre du référendum qui se tiendra à partir de lundi midi. Mais Florian Grill, plus déterminé que jamais, tenait à prendre la parole une dernière pour convaincre les clubs amateurs de refuser la proposition de Bernard Laporte de désigner Patrick Buisson au titre de président-délégué en raison de sa mise en retrait de sa fonction de président après sa condamnation pour corruption et trafic d’influence en première instance le 13 décembre 2022 par le tribunal de Paris. Condamnation dont il a fait appel.

"L’image du rugby français est plus dégradée que jamais, que ce soit en France ou à l’international, a débuté le leader du groupe Ovale Ensemble. Les révélations de l’Equipe montrent un désastre autour de France 2023 et de sa gouvernance par la FFR. Les révélations du Parisien avec le scandale de la billetterie et un ancien salarié de la FFR impliqué ajoutent encore au trouble. La coupe du monde est déstabilisée, non pas pas nous mais par cette gouvernance et par un Directeur Général du GIP, Claude Atcher, nommé par Bernard Laporte sans aucune précaution ou enquête préalable lors de sa nomination. Il nous paraît essentiel que cette Fédération, qui part à vau-l’eau, soit reprise en main." 

Des propos exempts de toute ambiguïté. Il a évoqué "un échec total" pour qualifier la gouvernance de France 2023, ajoutant que les comptes du GIP n’ont jamais été transmis aux élus du comité directeur "en dépit de multiples relances". Il a également dénoncé "un soutien aveugle à Claude Atcher qui représentait la France au Comité du Tournoi des 6 Nations il y a quelques semaines." 

Donnez nous vos trois raisons de voter NON que vous considérez majeures parmi les 10 qui sont listées. Exemple : 4 - 2 - 6 ! #VoterNON #DireSTOP pic.twitter.com/KqYa7WqnCL

— Ovale Ensemble (@Ovale_Ensemble) January 20, 2023

Florian Grill : "Personne ne comprend qu’un président condamné en première instance puisse choisir son successeur"

De toutes ces affaires, il répété que "le préjudice pour la FFR est énorme", précisant au passage que "les finances de la FFR vont dans le mur en réussissant l’exploit de faire le Grand Chelem de six années de déficit d’exploitation courant, uniquement sauvé par la vente du Tournoi des 6 Nations à un fonds d’investissement."

Florian Grill, entouré de son bras droit Jean-Marc Lhermet, de Philippe Spanghero et d’Olivier Pouligny, président de Suresnes (Nationale), a également dénoncé "des règles d'éthique bafouées en permanence". Il a alors pris l’exemple d’un courrier envoyé par Bernard Laporte à tous les licenciés de la FFR quelques heures après avoir été mis en retrait ou encore "un président qui continue d’appeler les clubs" dans le cadre du référendum à venir.

Florian Grill a donc renouvelé, avec force et détermination, son appel à voter contre la désignation de Patrick Buisson comme président délégué de la FFR. "Personne ne comprend qu’un président condamné en première instance puisse choisir son successeur, a-t-il martelé. Si le oui l’emporte, nous serons respectueux de la décision des clubs mais si c’est le non, il appartiendra au comité directeur de la FFR d’être respectueux à son tour de l’intérêt supérieur du rugby et surtout d’être responsable. Il devra organiser des élections générales."

Face au silence de la FFR, Ovale Ensemble réclame le remboursement des frais d’avocats avancés à Bernard Laporte, condamné pour corruption. #rendrelargentauxclubs #DireSTOP #DireNON https://t.co/fG45mOub2c

— Ovale Ensemble (@Ovale_Ensemble) January 12, 2023

Si le non devait l’emporter jeudi prochain, il sera très difficile à la gouvernance actuelle de résister à la pression conjuguée du ministère des sports et de l’opposition. "Nous sommes très confiants parce que nous avons le retour de nos relais au sein des clubs, ajoute Florian Grill. Mais nous sommes inquiets de la sécurisation de ce vote électronique. Nous n’avons aucune garantie pour le moment. Nous voulons une totale transparence." 

Sans doute est-ce pourquoi, en visite à Toulouse ce vendredi pour signer une charte avec le Stade Toulousain autour de la transition écologique, la Ministre des sports Amélie Oudéa-Castéra a annoncé à nos confrères de France Bleu qu'elle sera présente au siège de la FFR le 27 janvier "pour analyser le référendum de la FFR".

La ministre a également ajouté : "Cette consultation est un moment fondamental pour les valeurs du rugby. Je veux qu'elle soit entourée du plus grand des fair-play. Ce n'est pas une formalité administrative, c'est un vrai temps démocratique qui est engageant. Je ne doute pas que le comité directeur tirera les conclusions de manière responsable le 27 janvier quand il lui reviendra d'analyser cette consultation, à la fois le taux de participation, la réponse apportée et la manière dont elle se sera déroulée." La fin de semaine prochaine s’annonce d'ores et déjà tendue...