• XV de France - Le sélectionneur Fabien Galthié a animé une séance type XV de France pour les joueurs de Fédérale 2 de Belvès.
    XV de France - Le sélectionneur Fabien Galthié a animé une séance type XV de France pour les joueurs de Fédérale 2 de Belvès. Midi Olympique - Patrick DErewiany

Reportage - Fabien Galthié, à Belvès comme à Marcoussis

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Ce mardi soir, en Dordogne, Fabien Galthié a animé un entraînement du Stade Belvèsois, une équipe de deuxième division fédérale. Pour l’occasion, le sélectionneur avait décidé de proposer aux joueurs locaux une séance habituellement concoctée pour le XV de France.

C’est à Belvès, ce village de 1400 habitants situé au cœur de la Dordogne, que Fabien Galthié a choisi d’effectuer sa rentrée 2023, ce mardi soir. Cette fois, il n’était pas entouré de William Servat, Laurent Labit ou Karim Ghezal mais bien des entraîneurs du Stade Belvèsois, qui évolue en deuxième Division Fédérale. Pas d’Antoine Dupont ou de Grégory Alldritt sur le terrain non plus, mais les joueurs de l’équipe locale, dont certains sont arrivés en retard pour le rendez-vous en raison de leurs obligations professionnelles, même s’ils ont été accueillis avec le sourire par le sélectionneur. Comme il en a l’habitude depuis le début de son mandat, il a voulu – à travers cette initiative – associer le rugby amateur à la réussite du XV de France. Débarqué sur place en fin d’après-midi, il s’est d’abord isolé avec les coachs pour préparer la séance qu’il était chargé de superviser et d’organiser. Après ce premier « briefing » du staff, Galthié a réuni l’ensemble du groupe dans le club-house pour présenter le programme. Et il a entamé sa prise de parole en réclamant aux joueurs, forcément intimidés sur leurs chaises, de se rapprocher de lui et du tableau sur lequel il s’apprêtait à détailler le planning.

Préparer le match dimanche, à 15h

Puis, le technicien est passé aux choses plus sérieuses : « D’habitude, vous ne vous entraînez pas le mardi soir. Avec les coachs, on a modifié le programme de la semaine pour préparer le match dimanche, à 15h. L’objectif est d’arriver au top sur la rencontre. On va donc faire l’entraînement que je fais normalement le mercredi avec l’équipe de France. » Un incroyable plongeon dans la réalité de Marcoussis et du rugby international pour des hommes initiés aux joutes fédérales. Le nom de la séance ? Le même qu’en équipe nationale : « Ball in play ». Explications de Fabien Galthié : « Le but est d’effectuer un entraînement à intensité maximale, sans concessions, pour être à l’aise avec la vitesse du jeu et se mettre dans les conditions du match. » L’intéressé a alors justifié l’intérêt de procéder de la sorte, chiffres à l’appui : « Un match international, c’est 38 minutes de temps joué, c’est cinquante-deux séquences en moyenne... Après un échauffement de dix minutes, cinq en individuel puis cinq en collectif, il y aura deux équipes : les probables et les possibles. Il y aura aussi un groupe de finisseurs. » Un vocabulaire que les Bleus entendent depuis trois ans.

Short, crampons et sifflet à la bouche

En clair, Fabien Galthié avait concocté plusieurs séquences d’une durée d’une minute, une minute et trente secondes ou deux minutes, entrecoupées de temps de repos réduits. « Je vais adapter le temps de jeu en vous observant, a insisté le sélectionneur. C’est un entraînement rugby mais aussi physiologique. On va voir comment, avec la fatigue, vous allez réagir techniquement. » Puis de prévenir les leaders de jeu : « Il est important de bien utiliser les temps non joués pour récupérer et communiquer. » Les joueurs n’étaient pas les seuls à être mis à contribution, comme Galthié l’exprimait : « Entre les deux premiers blocs de séquences et les deux derniers, on va faire une pause de dix minutes durant laquelle tout le monde va revenir aux vestiaires. Ce sera comme une mi-temps. Là, ce sont les coachs qui vont s’entraîner, qui vont devoir dire ce qu’il faut. Il est essentiel d’être bon dans ces instants. »

Quelques minutes plus tard, ses protégés d’un jour étaient sur la pelouse du Stade municipal Sem Gallet pour vivre une expérience unique, devant une centaine de personnes venues observer cette séance pas comme les autres. En short, crampons et sifflet à la bouche, Galthié a animé les débats et donné les voix pour délivrer de précieux conseils pendant une heure. Soucieux d’unifier toutes les strates du rugby français, le Lotois (il a grandi à quarante kilomètres de Belvès) n’a pas ménagé ses efforts pour s’investir dans sa mission. Un moment évidemment apprécié par les dirigeants et les supporters locaux, lesquels étaient ensuite à l’affût pour obtenir un selfie ou un autographe, même si la fameuse « mi-temps » avait déjà été mise à profit pour organiser une séance photos de Fabien Galthié au milieu du terrain, notamment avec l’école de rugby d’un village en ébullition.