Saint André - Xv de France - 15 juin 2013 - Icon Sport
 
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XV de France

Tournée d'été 2013 XV de France - Bleus: La leçon de rugby

Bleus: La leçon de rugby

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 16/06/2013 à 17:07 -
Par Rugbyrama - Le 16/06/2013 à 17:07
Le XV de France a durement mesuré à Christchurch le chemin le séparant du "très haut niveau", en subissant une véritable leçon de rugby des All Blacks (30-0) qu'il faudra pourtant contrer samedi prochain.

- Des lacunes techniques et tactiques

Le contraste fut criant à Lancaster Park. D'un côté, des All Blacks d'une extrême précision dans leurs gestes et d'une grande lucidité, dans les temps forts comme dans les temps faibles. De l'autre des Français coupables d'approximations, étouffés par la défense agressive adverse, incapables aussi de concrétiser leurs meilleures occasions. "On a pris une leçon de simplicité, d'efficacité, a convenu d'entrée Philippe Saint-André en conférence de presse. Comme au premier test, on a plus de possession qu'eux (60%, ndlr), c'est nous qui mettons l'action de plus de trois minutes (en début de seconde période). Mais on s'est aussi épuisé contre des Néo-Zélandais qui ont été d'un réalisme rare." Il en résulte un terrible constat d'impuissance côté français. "On ne peut pas dire que l'on n'a pas essayé", se lamente ainsi PSA, énumérant "picks and go", ballons "au large", "ballons portés", "passes intérieures". Mais, trop déficients en touche, trop poussifs dans l'animation offensive, baladés dans le deuxième ou le troisième rideau par le jeu au pied horloger néo-zélandais, ils n'ont au final guère inquiété les All Blacks. "La vitesse d'exécution des Néo-Zélandais, la capacité d'être en défense et d'un coup jouer les ballons de récupération dans un timing exceptionnel, ça fait toucher du doigt à nos joueurs le très très haut niveau", souligne Saint-André en s'inscrivant, comme à son habitude, dans une logique à long terme, en vue du Mondial 2015.

- De l'état d'esprit

Depuis le début de la tournée en Nouvelle-Zélande et même après la première défaite (23-13) à l'Eden Park puis la seconde à Christchurch, l'encadrement n'a cessé de le vanter: l'état d'esprit des joueurs est "impeccable". "Je veux souligner le courage, l'abnégation de mes joueurs, car ils se sont envoyés pendant 80 minutes, martèle le sélectionneur tricolore. Il n'y a rien à redire. Quand tu vois que les joueurs vont jusqu'à 29 nettoyages dans une partie qui est pratiquement à 40 minutes de temps de jeu effectif..." Selon Saint-André, qui a joué "six fois les Néo-Zélandais", l'addition aurait pu être bien plus lourde sans la ténacité mentale de ses hommes. "Si tu lâches individuellement et collectivement tu peux en prendre 50 ou 60", assure-t-il, invoquant le souvenir de 2007 (61-10). "Au niveau de l'investissement, on est beaucoup mieux sur cette Tournée que durant le Tournoi des six nations", glisse-t-il encore, un peu énigmatique. Tout en convenant que derrière Thierry Dusautoir, son équipe manquait encore de leaders capables de sublimer les troupes.

- L'école pour tous à New Plymouth

Pour le troisième et dernier test, Saint-André a laissé entendre qu'il y aurait quelques changements, dans la perspective d'offrir à tous du temps de jeu, et donc d'apprentissage, face aux All Blacks. "On sera obligé de réadapter le XV qui commence. Ce qui est bien c'est que tu t'étalonnes sur ce qui se fait de mieux." Avec la blessure de Frédéric Michalak à l'ouverture et l'évidente baisse de forme de Maxime Machenaud à la mêlée, la charnière pourrait être totalement renouvelée, Jean-Marc Doussain étant associé à Rémi Talès ou Camille Lopez. Idem avec la blessure de Louis Picamoles, qui donnera un strapontin à Damien Chouly ou Antonie Claassen. Mis en difficulté sur quelques lancers, Dimitri Szarzewski devrait aussi céder sa place à Benjamin Kayser. Et pourquoi ne pas tester aussi Noa Nakaitaci à l'aile ? Quant au jeu, "il faudra trouver d'autres solutions", souffle Saint-André, sans encore ébaucher de piste, si ce n'est la nécessité de "faire douter les Blacks". "Je suis sûr que cette tournée va faire énormément grandir nos joueurs, conclut Saint-André. On a l'habitude de dire qu'un bon match de Top 14 ça remplace trois-quatre mois d'entraînement. Alors, trois tests en Nouvelle-Zélande contre les All Blacks c'est presque une année de niveau international." Et l'école reprendra en novembre, avec la venue en France des mêmes All Blacks.