Dulin - France Argentine - 17 novembre 2012 - Icon Sport
 
XV de France

"Il ne reste qu'à poursuivre sur cette lancée"

"Il ne reste qu'à poursuivre sur cette lancée"

Par Rugbyrama
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 19/11/2012 à 15:46 -
Par Rugbyrama - Le 19/11/2012 à 15:46
Vous avez été nombreux à interroger un journaliste de Midi Olympique sur la capacité des Bleus à reproduire le match de l'Argentine face aux Samoa. Le debrief'.
 

ParraMichalak: Ne trouvez-vous pas que Machenaud a été bien moins en vue, voire même en difficulté face à plus de combat?

Léo FAURE: C'était prévisible: le combat que nous ont imposé les Argentins, supérieurs dans ce domaine aux Australiens, a compliqué la tâche à Maxime Machenaud. Avec des sorties légèrement ralenties et une pression plus importante sur le neuf, le Racingman a été moins à son avantage que la semaine précédente. Il s'est aussi raté sur les dix premières et dix dernières minutes de son match, avec une fébrilité qu'on n'avait pas vu face à l'Australie. Et comme Parra a réalisé une bonne entrée en jeu, le débat semble s'être largement rééquilibré cette semaine entre les deux joueurs pour le poste de neuf. On le sait: Parra est un formidable compétiteur, en plus d'un joueur très doué et précoce. S'il débute samedi face aux Samoa, il aura une grosse carte à jouer.

poloch: Pensez-vous que Nyanga est en train de gagner sa place en enchaînant deux grosses performances de suite ?

Léo FAURE: Sur l'activité dont il a fait preuve pendant deux semaines, il va être vraiment difficile de le laisser à la maison pour les échéances à venir, si toutefois il conserve un tel niveau en club. En troisième ligne, la concurrence s'annonce terrible: Dusautoir et Harinordoquy blessés, Ouedraogo et Nyanga n'ont pas loupé le coche. Les choix pour le Tournoi, si tout le monde est apte, s'annoncent cornéliens. Ils pourraient se faire en fonction des profils... Sachant que pour Dusautoir, si toutefois son statut de capitaine reste inviolé, il a déjà une place de réservée.

fritz: Faut-il changer d’équipe contre les Samoa alors que nous restons sur trois victoire d'affilée avec pratiquement la même équipe à chaque fois?

Léo FAURE: Je pense qu'on peut donner du temps de jeu à certains sans forcément tout chambouler. La France gagne à 23, pas à 15 et se doit même de compter à l'avenir sur un groupe d'au moins 30 joueurs dont on sait qu'ils sont compétitifs à ce niveau de la compétition: il serait ainsi intéressant de voir les remplaçants sur des temps de jeu plus longs. La première ligne clermontoise, Chouly, Parra, Trinh-Duc ou Huget doivent ronger leur frein et ont des choses à montrer. Pour les quatre joueurs rappelés, et notamment les trois novices (Fickou, Gunther et Vahaamahina) une place dans le groupe pourrait leur permettre un premier aperçu du haut-niveau, en fin de rencontre. Dans ces conditions, le risque est limité voire nul, et permettrait d'élargir ce groupe déjà très séduisant.

Benjamin: Êtes-vous d'accord pour dire que le jeu au pied d'occupation est une des grosses satisfactions de ce match ?

Léo FAURE: C'est même en ce sens que j'ai trouvé la deuxième période particulièrement riche en enseignements. Si après l'Australie, la première période a confirmé qu'on était au niveau dans le combat et l'animation offensive, il restait une interrogation sur notre capacité à gérer tactiquement un match plus haché: la seconde période a répondu aux attentes. Moins de rythme, des joueurs rapidement dans le rouge après une première période au rythme infernal... Dans ces conditions, Michalak a confirmé qu'il avait bien changé de dimension. Il n'est plus seulement un superbe animateur, il est aussi devenu un leader de jeu, capable de temporiser, d'être à l'écoute de ses partenaires et d'occuper à merveille le terrain au pied quand le jeu le demande. S'il n'était une touche non trouvée sur pénalité (après les deux face à l'Australie), sa copie se rapprocherait de la perfection.

JimNastic: Pensez-vous que le défi physique que les Samoa imposent peut être un frein à la performance des Français qui penseront aux matchs de Top 14 à venir et qui peuvent "lâcher" un test ?

Léo FAURE: Question "défi physique", on va crescendo dans cette tournée d'automne! Si ce n'est plus la seule arme des Samoa, en très net progrès, cela reste leur atout numéro 1. Dans ce secteur, ce sera un vrai test, mais on a du répondant! Et puis, de là à voir les joueurs lâcher, je n'y crois pas une seconde. On est sur la première année d'une nouvelle ère, avec un nouveau sélectionneur. Les cartes ont été redistribuées, comme on peut le voir pour Nyanga. Et je crois que personne ne veut manquer le bon wagon. Dans l'engagement, je n'ai aucun doute: on répondra présent au gros défi proposé.

micmac: Fofana ne mérite-t-il pas d'être revu au centre malgré ses performances en demi-teinte à l'aile ?

Léo FAURE: On a en tout cas envie de le revoir. Il n'a jamais caché sa préférence pour le poste de centre où ses performances avec Clermont attestent qu'il est un des tout meilleurs. Fofana est un joueur de rupture, sans commune mesure en France sur les cinq premiers mètres. Il lui reste à progresser encore dans sa capacité à faire jouer son équipe derrière lui. Il a encore été un peu gourmand samedi, sur plusieurs coups. Mais aucun doute, vu le potentiel de ce jeune joueur et ses performances en club: on a envie de voir ce qu'il peut apporter aux Bleus à son poste de formation. Pendant le Tournoi, nous n'avions vraiment pas eu à le regretter...

trenchtown: Mermoz a-t-il perdu sa place au centre à la vue de sa prestation mitigée?

Léo FAURE: Bien heureusement, on n'est pas définitivement exclu après une rencontre, surtout lorsque l'issue est positive. Maxime Mermoz n'a pas non plus était dépassé! Son erreur défensive, sur l'essai de Marcelo Bosch, plaide contre lui, c'est une évidence. Mais Mermoz reste un joueur immensément doué, qui "pue" le rugby. Il reste dans le jeu de la concurrence. D'autres auront leur chance. Mais il n'y a rien de définitif à tirer d'un match à trois ans de la Coupe du monde. Ni dans un sens, ni dans l'autre. La route continue...

TEMA: Est-ce que la France sera dans les quatre premières nations à l'issue des tests-matchs ?

Léo FAURE: Si les Bleus battent les Samoa, et vu la défaite des Anglais face à l'Australie, oui, cela devrait passer.

Theo: Comment est justifiée la titularisation de Forestier à la place de Domingo ?

Léo FAURE: Face à l'Australie, PSA avait expliqué vouloir bénéficier de la première ligne clermontoise en intégralité sur le banc, pour garder de la cohésion au moment du coaching en première ligne. Et puis lors de ce match, Forestier a été très à son avantage, comme le reste de l'équipe. Pas de raison donc le retirer du XV de départ pour affronter l'Argentine. Domingo a tout de même bénéficié de temps de jeu, étant à chaque fois le premier Français à entrer en jeu (avec Kayser). Il pourrait maintenant être bien de le voir débuter face aux Samoa. Il faut aussi se rappeler des gros efforts fournis par ce joueur pour revenir au niveau des joutes internationales, après deux graves blessures. Il est tout proche de son meilleur niveau. S'il le retrouve, il sera difficile à déloger.

trenchtown: Dans quels domaines la France doit-elle progresser?

Léo FAURE: Par rapport aux deux premiers matchs, on serait tenté de dire qu'il ne reste qu'à poursuivre sur cette lancée... en attendant de faire le point face à ce qu'il se fait de mieux. Sur cette tournée, on se place clairement comme la nation européenne la plus en forme. Commençons par confirmer ce statut samedi, puis pendant le Tournoi. La vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Si on y parvient, on aura alors tout le loisir de savoir où nous en sommes vraiment, en juin prochain avec trois rencontres face à la Nouvelle-Zélande, chez elle. L'écart entre les grandes et les très grandes équipes, c'est souvent la capacité à gérer les temps forts et temps faibles: être réaliste sur les premiers, intelligent et fort mentalement sur les seconds. C'est (beaucoup) une question de maturité collective. Mais on peut envisager l'avenir avec appétit.

sebastien34-31: Pensez-vous que l'équipe de France a atteint le niveau attendu par les experts et surtout par le staff?

Léo FAURE: Pour ma part, oui, largement. C'est même une agréable surprise, après un Tournoi puis une tournée d'été mitigés, pour ne pas dire plus. L'équipe joue avec de la fraîcheur, de l'ambition, de l'intelligence et beaucoup d'enthousiasme, ce qu'on n'avait plus ressenti depuis bien longtemps. Cela fait du bien et c'est contagieux! L'encadrement, évidemment, était aussi très satisfait samedi soir...

Guest: Les joueurs qui ont été les plus en vue sont les Toulousains...

Léo FAURE: Oui mais pas seulement! Michalak, Mas, Ouedraogo, Dulin, Papé ou Szarzewski sont-ils des Toulousains? Il serait stupide de s'arrêter à la victoire d'un club...

 
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