Icon Sport

ÉLECTIONS FFR - Les raffûts et débordements de la campagne

Les raffûts et débordements de la campagne pour la présidence de la FFR
Par AFP

Le 01/12/2016 à 16:59

ÉLECTIONS FFR - Piques entre candidats et comparaisons plus ou moins douteuses, batailles juridiques et affaires sorties de terre : la campagne pour l'élection à la présidence de la Fédération française de rugby (FFR), samedi, s'est parfois déroulée à la limite du hors-jeu.

  • "Corée du Nord" et "bande de charlots"

Bernard Laporte a lancé les hostilités en déclarant en novembre 2015, quelques mois après son entrée en campagne, ne pas vouloir que la Fédération soit la "Corée du Nord du sport français". Il souhaite y "insuffler un vent de démocratie". Son directeur de campagne Serge Simon a également usé d'une analogie avec un système totalitaire communiste en affirmant, après l'assemblée générale de la FFR le 2 juillet, avoir "affaire à un appareil stalinien des années 50".

Longtemps silencieux, Pierre Camou et ses soutiens ont lâché leurs coups à l'approche de l'échéance. Comme l'ancien international Michel Palmié, qui qualifiait, dans L'Equipe le 18 novembre, l'environnement de Laporte de "bande de charlots", composée "d'affairistes". Le président sortant est lui-même ensuite sorti de sa réserve, estimant que Laporte, sans cependant le citer, promouvait "les valeurs de l'argent". "Je n'arrive pas du monde politique, donc des méthodes que je n'aurais pas espéré trouver dans le monde du sport me surprennent, me dépassent", a-t-il ajouté.

Pierre Camou au Congrès de la FFR - 2 juillet 2016

Pierre Camou au Congrès de la FFR - 2 juillet 2016AFP

  • Accusations de pressions

Camou a ensuite développé sa pensée : Je ne fais pas pression sur les gens, je n'appelle pas les uns et les autres sur leur téléphone privé. L'un de ses soutiens, le président du comité du Centre André Prigent, a affirmé début novembre à Midi Olympique que Bernard Laporte l'aurait menacé de "représailles", en cas de victoire, s'il prenait position.

Laporte a lui aussi accusé, fin septembre dans Le Figaro, Pierre Camou d'avoir usé des mêmes méthodes : "Quand Pierre Camou appelle un président (de club) de Côte Basque qui nous a donné procuration en lui disant qu'il n'oubliera pas, ne pardonnera pas, mais il se prend pour qui ?"

Bernard Laporte

Bernard Laporte AFP

  • Batailles juridiques

La campagne s'est aussi déroulée par avocats interposés. Soutien de Camou, le président du comité de Paris, Peter McNaughton, a porté plainte pour diffamation envers Laporte après que celui-ci eut affirmé qu'il y avait eu "fraude" et "triche" lors de l'élection à la présidence du comité, en septembre.

Les deux candidats ont aussi bataillé juridiquement sur la question très technique du vote décentralisé pour l'élection de samedi. Finalement pas mis en place, il aurait permis aux clubs d'éviter de se déplacer à Marcoussis et donc de limiter le nombre de procurations, censé avantager le président sortant. Le troisième candidat Alain Doucet, qui a poussé pour sa mise en place, a ainsi dénoncé "le mépris" de la direction de la FFR.

  • Affaires

A l'approche du vote, la FFR a été éclaboussée par plusieurs affaires. Callisto XV, opposé à la construction du Grand Stade en banlieue parisienne, a porté plainte en novembre contre Pierre Camou pour "détournement de fonds publics, abus de confiance et escroquerie". Ce regroupement d'anciens internationaux, professionnels du BTP et l'architecture, accuse Pierre Camou de ne pas avoir respecté les procédures dans l'attribution du contrat constructeur du futur stade. Camou a porté plainte contre Callisto XV, déjà condamné dans une autre affaire pour diffamation envers la FFR.

0
0