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ELECTIONS FFR - Le programme du candidat Alain Doucet

Pas de Grand Stade, une Pro D3 à 28 clubs... le candidat Doucet à l'attaque

Le 23/09/2016 à 14:46

ELECTIONS FFR - C'est à Pouyastruc, village dans lequel il réside à côté de Tarbes, au stade Jean-Azpiroz où il a joué et dans le club où il fut dirigeant, qu'Alain Doucet (64 ans) a lancé, jeudi soir, sa campagne à la présidence de la Fédération Française de Rugby (FFR). Au programme : une Pro D3 à 28 clubs, des relations plus étroites avec la Ligue et une opposition farouche au Grand Stade.

Après Pierre Camou, Bernard Laporte, il s'inscrit comme le quatrième mousquetaire dans la course à la tête de la grande maison du ballon ovale. Pendant que certains de ses adversaires se déchirent à coups de phrases chocs, Alain Doucet représente une voie médiane et une alternative très sérieuse en s'appuyant sur son expérience et un solide projet soutenu notamment par Lucien Simon et Eric Champ.

Un Grand Stade qui pose problème

Le Bigourdan, ancien président du comité Armagnac Bigorre de 1995 à 2001, fut pendant quinze ans secrétaire général de la FFR aux côtés de Bernard Lapasset, puis de Pierre Camou. Un poste duquel il a démissionné en juillet dernier, lors du congrès de Pau, en raison notamment de son profond différend avec son président au sujet du Grand Stade. "Le programme de Camou est axé sur le Grand Stade", martèle-t-il. "Or, après les études effectuées, sa construction représente un réel danger pour le rugby français. Aussi, je l'ai informé de ma démarche et j'ai choisi de démissionner pour être cohérent".

Une des vues du futur Grand Stade de la FFR - Crédit: FFR

Une des vues du futur Grand Stade de la FFR - Crédit: FFROther Agency

Le Grand Stade endetterait selon lui le rugby français de 600 millions d'euros. Si le montage financier de sa construction s'avère possible, qu'adviendra-t-il ensuite de son exploitation ? "L'équipe de France y jouera six fois, or l'on sait qu'il faudra y organiser a minima 17 manifestations par an pour qu'il soit rentable", insiste-t-il. "Avec la concurrence du Stade de France et celle de l'Accordhôtels Aréna, comment peut-on espérer une telle chose ?"

Une Pro D3 à 28 clubs

Plutôt que de gaspiller l'argent, il propose de le redistribuer dans la formation, en direction des petits clubs et pour venir en aide aux bénévoles. Son opposition au Grand Stade constitue certes un des piliers du projet, pour autant cet axe ne doit pas cacher ses nombreuses propositions. Alain Doucet est notamment opposé aux joueurs sous contrats permanents et entend insuffler une nouvelle méthode qui consiste à récompenser plutôt qu'à punir.

Il souhaite conserver de la proximité dans le rugby d'en bas et respecter l'identité de chaque comité en les maintenant. Il annonce être favorable à la création d'une Pro D3 (appelée promotion professionnelle) qui regrouperait 28 clubs : 14 équipes désignées par wild card et les 14 équipes espoirs du Top 14. "Ce sera une opération gagnant-gagnant pour tous et ainsi on arrivera à promouvoir le rugby dans le nord de la France", argumente-t-il. En parallèle, il regrouperait le championnat de Fédérale 1 et 2 en une seule entité (CFA 2) dans laquelle évolueraient 120 équipes (10 poules de 12 équipes réparties géographiquement).

De véritables relations avec la Ligue

D'autres mesures émergent : assouplir la couleur des licences ; créer une licence départementale afin de juguler peu à peu le nombre d'étrangers dans les équipes amateurs ; donner de l'air au rugby féminin ; autoriser les regroupements provisoires des petits clubs ; créer un prix national Albert-Ferrasse qui récompenserait la technique individuelle des gamins avec des sélections par département puis une finale nationale ; encourager les stages rugby vacances dédiés au travail individuel ; créer de véritables relations avec la Ligue afin d'avancer main dans la main.

Le XV de France en groupe avant le premier match face à l'Argentine

Le XV de France en groupe avant le premier match face à l'ArgentineAFP

"C'est inconcevable qu'on ne se rencontre jamais avec la Ligue", dénonce-t-il. "Nous devons aussi associer les entraîneurs du Top 14 au projet de l'équipe de France. Quand je pense que nous n'invitons même pas les présidents des clubs du Top 14 aux matches du Tournoi, c'est quand même eux qui nous fournissent les joueurs !" Il avoue que l'idée émise par Mourad Boudjellal telle que la création d'une Coupe de France ne lui déplaît pas, et qu'il verrait aussi d'un bon œil l'organisation d'un tournoi de rugby à 7 sur Paris.

Qu'elles sont ses chances ?

Alain Doucet évalue ses chances d'être élu à la présidence à 50%. Il sait en revanche que le chemin sera parsemé d’embûches d'autant que le vote électronique a été écarté par Pierre Camou. "Une lettre du ministère nous est parvenue le 9 juin, indiquant que nous pouvions le mettre en place", explique-t-il. "Il aurait suffi lors du congrès de Pau de caler deux dates d'AG pour le valider, or il n'a pas voulu. Je luis reproche, ce n'est pas normal !"

Alain Doucet lors de la soirée de lancement de sa campagne - Photo : Marc Bruno

Alain Doucet lors de la soirée de lancement de sa campagne - Photo : Marc BrunoRugbyrama

Il n’empêche que ce choix de l'opacité à la transparence laisse planer de gros doutes sur l'issue du scrutin. En tout cas le Bigourdan est clair, il ne rejoindra aucun des autres camps même si on lui fait les yeux doux. "Dès aujourd'hui, je me lance à fond dans la campagne. Je sais pertinemment que ce sera compliqué mais j'irai au bout", avoue-t-il. "Si on gagne, tant mieux pour le rugby français. Sinon, la vie continuera et je m'investirai ailleurs dans mon département, mon club ou autre".

En tout cas lors de cette soirée de lancement à Pouyastruc, la salle située au premier étage des tribunes était pleine à craquer. Mais qui a dit un jour que "nul n'était prophète en son pays" ? Il dévoilera sa liste définitive mi-novembre.

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