Chouly a marqué des points lors de la tournée en Australie. Pas Burban ni Le Roux - Icon Sport
 
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XV de France

Bilan tournée d'été XV de France - Certains ont gagné du crédit, mais beaucoup en ont perdu !

Certains ont gagné du crédit, mais beaucoup en ont perdu !

Par Clément Mazella
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Dernière mise à jour Le 23/06/2014 à 13:49 -
Par Clément Mazella - Le 23/06/2014 à 13:49
Avec trois défaites en Australie, les satisfactions de la tournée ont été rares. Mais les déceptions légion. Nous dressons le bilan joueur par joueur.
 

Ils ont marqué des points

Trois matchs, trois titularisations et trois copies de bonne facture : Damien Chouly a vraiment tiré son épingle du jeu durant cette tournée d’été. Le Clermontois a franchi un vrai palier. Nommé capitaine de touche, le numéro 8 montre une technique individuelle intéressante. Surtout, il peut être utilisé à tous les postes de la troisième ligne. En l’absence de Szarzewski et Kayser blessés, Guilhem Guirado s’est rappelé au bon souvenir des sélectionneurs, étant l’autre élément très en vue de ce périple à l’autre bout du monde. Propre sur ses lancers et solide en mêlée fermée, il a surpris par son activité dans le jeu courant. Pour le moment, il serait le troisième talonneur pour le Mondial. Du renouveau, les Bleus en ont besoin en première ligne et deux satisfactions se dégagent: Alexandre Menini et Rabah Slimani. En mêlée fermée, ils ont prouvé qu’ils tenaient la comparaison. Petit souci: un certain manque de discipline. Surtout pour Slimani. A 24 ans, cela peut toujours se corriger. Mais il ne faut pas trainer en route. Derrière Papé et Maestri, Alexandre Flanquart s’est imposé comme la solution la plus crédible pour être le troisième deuxième ligne à être inscrit sur une feuille de match. Très intéressant dans les airs et en défense, malgré un certain manque de puissance.

Les indéboulonnables

240 minutes de temps de jeu pour Yoann Maestri et Wesley Fofana: clairement, pour Saint-André, ces deux joueurs sont des cadres indéboulonnables. Maestri, après une saison décevante, a retrouvé une certaine énergie qui lui a permis d’être l’un des meilleurs Bleus de la tournée. Pour Fofana, il aurait peut-être été judicieux de le faire souffler un peu et d’essayer d’autres solutions. Sauf que Saint-André était dans l’urgence de résultats positifs… Usé, Yoann Huget n’a pas trop brillé durant les trois tests mais il reste une valeur sûre et un indispensable de PSA (240 minutes jouées). Joueur le plus tranchant en attaque et surtout le plus entreprenant, Brice Dulin a encore pris un peu plus d’avance sur la concurrence et confirmait - s’il le fallait - qu’il était l’arrière numéro 1 du XV de France. Pas à 100% lors du premier test, Thierry Dusautoir reste un véritable exemple pour le reste du groupe. Généreux, fédérateur, il ne rechigne jamais à la besogne et abat un travail considérable en défense. Le capitaine, c’est lui ! Surpuissant, Mathieu Bastareaud a mis ses qualités de défense au service des Bleus et ses grosses facultés de grattage. Mais on attend bien plus du centre toulonnais, au jeu stéréotypé en attaque et qui n’arrive que rarement à faire jouer derrière lui. Performant en défense, Rémi Tales reste lui l’ouvreur titulaire aux yeux du staff des Bleus. On ne peut rien dire sur sa belle disposition au plaquage. Mais offensivement, le Castrais reste englué dans des schémas fermés et bien trop neutre dans l’animation, ne prenant guère d’initiatives. Il respecte à la lettre ce que lui demande le staff.

Gros travail de Dusautoir en défense face à l'Australie
Gros travail de Dusautoir en défense face à l'Australie - Icon Sport

Les énigmes

Deuxième ligne ? Troisième ligne ? Où situer Sébastien Vahaamahina ? Telle est la question. Une chose est sûre: le futur Clermontois a des qualités physiques incroyables mais n’a pas l’air de s’en rendre compte. Sa nonchalance sur le terrain - et en dehors – surprennent à un tel niveau. Bernard Le Roux, lui, est devenu le nouveau couteau suisse des Bleus pour cette tournée, étant utilisé en deuxième ligne alors qu’il n’y a jamais joué en club cette saison. Nouveau pari perdu par le staff français. Le rendement du Racingman n’est pas au niveau de ses aptitudes physiques. Laissé de côté par le RCT pour les phases finales, Frédéric Michalak a erré sur le terrain comme une âme en peine. Et puis, il serait bien de le fixer une fois pour toute à un seul et unique poste pour qu’il ait entièrement ses marques. Gaël Fickou, lui, a du talent mais le diamant reste à polir. Difficile toutefois de progresser sous le maillot bleu vu que Fofana et Bastareaud sont devant lui et que Saint-André les associe régulièrement. Pourtant, un puncheur pourrait être une belle option en tant que second centre. Ou du moins, une solution à tester. Perforant et mobile dans le jeu courant, Christopher Tolofua ne pourra pas percer au plus haut niveau s’il n’améliore pas son lancer en touche, déficient même lors des entraînements (!) Pour Yannick Nyanga, si ses matchs et qualités sont toujours mis en avant, il ne fait pourtant pas l’unanimité quand il s’agit de dégager les titulaires. Pourtant, il semble être l’un des meilleurs liens entre avants et trois-quarts.

Les déceptions

Un fantôme ! Thomas Domingo n’a plus rien à voir avec ce pilier qui tordait tous ses adversaires en mêlée et en faisait de lui l’une des références mondiales du poste. A besoin de recharger les batteries. Nicolas Mas, lui, est sur la pente descendante. Difficile de le blâmer tant il a apporté au rugby français. A 34 ans, le poids des ans semble avoir raison de lui. Comme Domingo, une bonne coupure lui fera du bien. Le Montpélliérain a même raté le test de Sydney en raison d’un "état de fatigue généralisé". C’est dire… Vincent Debaty, lui, reste éternellement dans l’ombre et ne convainc jamais pour obtenir une place de titulaire. Heureusement qu’il demeure polyvalent, sinon… En manque total de rythme, Fulgence Ouedraogo n’a fait que subir sur les impacts et fut rapidement dans le rouge. Impressionnant en championnat, Antoine Burban bloque lorsqu’il s’agit de briller au plus haut niveau. Hargneux mais aussi trop indiscipliné. A la mêlée, Morgan Parra et Maxime Machenaud n’ont quasiment rien montré et que trop rarement posé sur le jeu. La menace Kockott fera sans doute une victime chez l’un des deux joueurs. Enfin, Maxime Médard a perdu beaucoup de crédit. Ses dernières prestations laissent vraiment à désirer alors que son talent est immense. S’il continue comme cela, le Toulousain constituerait un immense gâchis.

Pourquoi les avoir pris ?

Usé et toujours en délicatesse avec une hanche, Louis Picamoles se serait bien passé d’un déplacement au Australie. Surtout pour jouer deux bouts de match et 35 minutes. Son potentiel, on le connait. C’est l’un des rares avants à régulièrement avancer. Autant le laisser se reposer et le rappeler pour les tests d’automne. Brice Mach, lui, n’a joué que neuf minutes. Comment le juger avec un si faible temps de jeu. Et pourquoi le prendre alors qu’il disputait la finale du Top 14 et ne pouvait postuler que pour les deux derniers matchs ? Felix Le Bourhis, pour sa première, était vraiment attendu. C’était vraiment intéressant de le retenir dans le groupe pour le récompenser de sa saison et de tester ce style de joueur. Ce fut un flop. Le titulariser à l’aile, lui habituel centre, constitue un véritable cadeau empoisonné. Le Bordelais n’a eu qu’une chance, c’est quand même dur. Rémi Lamérat, a joué les trois rencontres… et à chaque fois remplaçant. Et à une seule reprise à son poste de centre. Que peut alors en déduire le staff des Bleus ?

Félix le Bourhis lors du match Australie-France - 7 juin 2014
Félix le Bourhis lors du match Australie-France - 7 juin 2014 - Icon Sport