Pascal Papé, Vincent Debaty et Fulgence Ouedraogo - Argentine France - 17 juin 2012 - AFP
 
XV de France

Les regrets bleus

Les regrets bleus

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 17/06/2012 à 14:07 -
Par Rugbyrama - Le 17/06/2012 à 14:07
En se montrant trop gourmands à plusieurs reprises, les Bleus de Philippe Saint-André ont fini par tomber dans le piège tendu par le XV des Pumas qui a capitalisé sur les erreurs françaises. Pas assez pragmatiques, les Bleus avaient le sentiment d’avoir offert la victoire à leurs adversaires.
 

Il est bien connu que la générosité est une caractéristique française. Les Français sont généreux, donc. Trop, même. Et le XV de France l’est aussi. A l’issue de leur premier test perdu face à l’Argentine samedi soir, ils étaient plusieurs à pester contre cette sale manie de faire des cadeaux à l’adversaire. Outre les fautes d’indiscipline qui furent converties en points par l’artilleur local Felipe Contepomi (trois pénalités, neuf points), ce sont bien les transmissions hasardeuses qui ont coûté le match aux Bleus. Patrice Lagisquet, d’abord: "Il y a des matches qu'on pense ne pas pouvoir perdre. C'est ça qui est décevant. Tous les points que l'on prend, c'est cadeau". Wesley Fofana, ensuite: "On a perdu le match tout seul en leur rendant des ballons inutiles. On aurait pu, à quatre minutes de la fin, garder le ballon et on veut faire des passes impossibles, faire du beau rugby. On leur rend le ballon, ils font une contre-attaque, ils vont marquer et on perd le match. Je dirais qu'on a marqué quarante points."

Même constat pour le puncheur toulousain Florian Fritz, qui peinait à comprendre comment les siens avaient laissé filer la victoire: "On se demande presque encore comment on a pu perdre ce match. La plupart du temps, on avait le ballon, on faisait le jeu. Ils subissent la plupart du match en conquête directe, dans le jeu. Tous les points qu'ils ont marqué, on leur a gracieusement donné." Les "cadeaux" en question ont en effet causé deux interceptions argentines: la première suite à une passe de Trinh-Duc à destination de Fofana dans les 22 mètres (4e minute), et l’autre en fin de partie sur une passe de Frédéric Michalak que Fulgence Ouedraogo laissait échapper, alors que les Bleus étaient devant au tableau d’affichage: "Deux ballons. Quatorze points", lâchait amèrement Philippe Saint-André.

Les raisons d’y croire

Sitôt le match terminé, l’entraîneur des avants Yannick Bru avait déjà en tête le plan de travail de la semaine à venir: "On manque de rigueur dans la transmission, dans la conservation du ballon. C'est le point noir de la rencontre. Il y a des moments où il faut savoir conserver le ballon, tenir compte du scénario du match. Il y a forcément un manque d'automatismes mais bon... Il faut qu'on avance en se disant que tous les points que nous met l'adversaire, il faut que ce soit mérité et aujourd'hui, ça n'a pas été le cas. On prend des points facilement, deux essais à une passe. Notre axe de travail est là".

Ce XV de France a finalement été victime de son insouciance et de son envie dévorante de faire circuler le ballon. Mais qu’importe. Il apprendra de ses erreurs. Le capitaine Pascal Papé reconnaissait que son XV n’avait pas été "assez froid, pas assez pragmatique ». Il rappelait tout de même que les Tricolores avaient été sérieux sur les fondamentaux: "Le combat a été rude, comme toujours face à l'équipe d'Argentine". Patrice Lagisquet abondait dans ce sens: "Il y a aussi des satisfactions: la conquête était dominatrice, on n'a jamais été vraiment en danger en défense. Leurs séquences longues se sont terminées par des pénalités ou des turnovers en notre faveur". Une conquête efficace, une défense solide, un bel essai conclu par Louis Picamoles... Avec un peu plus de sang-froid, on peut espérer que les Bleus ne retomberont pas dans le piège des Pumas, la semaine prochaine à Tucuman.

 
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