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Vincent Moscato: "Si je changeais quelque chose, je ne serais pas devenu celui que je suis"

Moscato: "Si je changeais quelque chose, je ne serais pas devenu celui que je suis"

Le 01/01/2015 à 16:58

Est-il encore utile de présenter Vincent Moscato tant l'homme brille chaque jour à la radio mais aussi au théâtre et au cinéma ? Ancien talonneur international passé par Gaillac, Graulhet, Bègles-Bordeaux, le Stade Bordelais, Brive puis le Stade Français (deux Brennus), il endossa le rôle d'entraineur avant de se diriger, par sa gouaille et son humour vers les médias. Il s'est livré pour nous.

On connait Vincent Moscato homme de radio, humoriste, acteur... Retrouvez vous un lien, un fil conducteur entre ces activités artistiques et le rugby, votre sport ?

Vincent MOSCATO: Ecoutez, c'est un peu compliqué car ce sont des univers assez opposés. Je suis plus dans l'effort intellectuel quand je fais du one-man-show ou je joue la comédie. En sport aussi vous me direz mais c'est vraiment un exercice particulier, assez atypique que ce soit le sport de haut niveau, le one-man show ou faire l'acteur. Il y a toujours des points qui se ressemblent, des similitudes mais ce n'est pas tout à fait pareil.

Quel est votre plus grand regret, votre plus grande déception durant votre carrière de rugbyman ?

V.M: Je crois sincèrement que si je changeais quelque chose, je ne serais pas devenu celui que je suis actuellement. C'est important de rencontrer des réussites mais aussi des échecs et d'avoir, je pense, une carrière assez atypique avec quelque chose qui a été très violent pour moi, l'expulsion de l'équipe de France ad vitam aeternam. Mais on se réadapte par rapport à cela ce qui devient pour plus tard, un allié, une force. Je ne changerais rien !

Pourquoi ne pas avoir prolongé dans le métier d'entraineur ?

V.M: Parce que j'ai eu à faire un choix. Après le Racing-Métro (2002 NDLR), j'étais contacté par plusieurs clubs mais il fallait quitter Paris et je ne le voulais pas. A partir du moment où le virage a été amorcé, il m'a fallu faire des choix et donner des réponses surtout professionnelles. Je n'ai pas choisi ce métier car ce n'est pas celui qui me plaisait le plus. Je voulais faire du théâtre, du cinéma, de la radio... faire ce que je fais actuellement. Cela m'a donné raison et vous savez, des fois, il faut se lancer, sans filet. C'était dangereux pour moi de partir sur autre chose. J'ai fais ce choix et on peut penser que c'est courageux mais je ne le crois pas. Inconsciemment, peut- être, on sait que l'on va y arriver donc je ne pense pas que la question du courage se pose. Elle est plutôt sur le fait qu'il faut se jeter quelque part mais surtout faire des vrais choix dans la vie. C'est un choix du cœur, de passion avant tout car je n'avais rien fait auparavant dans ce genre de professions.

" C'est important de rencontrer des réussites mais aussi des échecs et d'avoir, je pense, une carrière assez atypique avec quelque chose qui a été très violent pour moi: l'expulsion de l'équipe de France ad vitam aeternam"

Vous avez une forte actualité avec de nouveaux projets qui arrivent en 2015. Le lancement de la "MoscaTV" le 1er mars 2015 et, cerise sur le gâteau, cette magnifique salle de l'Olympia où vous jouerez pour la Saint-Valentin. Parlez nous de ces évènements qui vous tiennent à cœur.

V.M: C'est important pour moi d'occuper l'espace des nouveaux médias. Ce projet de la "MoscaTV" sur internet est un projet familial. Avec Krystel (son épouse), Xavier (le fils de Krystel), Alysée. C'est une aventure qui démarre en famille, avec nos enfants et nous avons essayé de faire quelque chose de sympa sur internet. Je suis très fier de ce projet. Il y aura plusieurs rubriques, des sketchs, de l'humour, de la politique, de la mode, du sport... un peu de tout. Je vais commenter l'actualité à ma manière où l'on retrouvera des billets d'humeur mais aussi des débats politiques sérieux avec Xavier pour en parler. C'est encore un peu tôt pour l'évoquer complètement mais je vous brosse l'idée sachant que les gens auront la possibilité de s'abonner lorsqu'ils seront sur le site. Après l'Olympia, le 14 février... c'est une consécration même si je l'ai déjà fait une fois. Cela reste un moment assez fort car il y a beaucoup de pression, d'adrénaline, de frissons et d'émotions à jouer dans ce lieu mythique pour mon second one-man-show "Moscato au galop". C'est aussi un clin d'œil à Krystel. Elle travaille avec moi et c'est un peu mes bras, mes jambes, ma tête... un peu tout en fait ! On est vraiment tous les deux à la base de tous nos projets et bien plus souvent elle que moi (rires). Des fois, je n'ai pas trop envie de bosser donc elle me pousse un peu. Nous sommes en fusion. On écrit le one-man show ensemble, on bosse ensemble... elle est à tous les étages, de la production à la mise en scène en passant par les lumières, les conseils...

Vincent Moscato a intégré RMC en 2005

Vincent Moscato a intégré RMC en 2005Icon Sport

Une forte pression et excitation doivent commencer à monter mais est-elle différente à gérer de ce que vous avez connu comme rugbyman de haut niveau ?

V.M: C'est différent. La pression existe toujours mais quand tu es en one-man show, tu es seul ! Cet exercice s'apparente davantage à la boxe où tu es seul sur le ring. On peut davantage faire de parallèles avec ce sport plutôt qu'avec le rugby qui est un sport collectif où tu la partages alors que là, tu gardes tout pour toi. Cela change quand même plein de choses.

" Tu peux faire quatre années en étant nul et être champion du monde parce qu'à un moment donné, tu as un coup de bol, tu as une équipe qui fonctionne bien"

Vincent, on vous connait pour vos coups de gueule parfois et votre franc parler. Qu'auriez vous envie de dire à propos de notre XV de France ?

V.M: C'est décevant depuis quelques temps. Il y a eu la tournée où l'on a battu l'Australie pour finir sur une défaite face à l'Argentine. C'est un peu pénible. C'est une équipe qui passe un peu incognito, qui n'est pas médiatique. Elle n'est pas bonne, on ne s'amuse pas. Quand tu aimes le rugby, tu es un peu désolé quand le XV de France traverse une mauvaise passe. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu une telle souffrance avec toujours les mêmes excuses à la con du style "on joue trop", "on fait ci, on fait ça", ce qui fatigue au bout de cinq ans. Quand on est spectateur et amoureux de ce sport, on subit notre équipe qui ne joue pas bien, qui ne marche pas. Il y a cependant quelques espoirs sur cette tournée d'automne qui j'espère se concrétiseront pour le Tournoi. Ca va être le quatrième Tournoi et si on passe à côté, ça va être dur.

Ce Tournoi des 6 Nations risque de conditionner la Coupe du monde. Êtes-vous plus confiant pour ce dernier ou pour l'échéance mondiale ?

V.M: Non non... parce que les Français peuvent faire un très mauvais Tournoi et être bons lors de la Coupe du monde. C'est une autre compétition qui commence avec deux mois et demi de préparation physique, de préparation rugbystique. Si tu tournes bien pendant le Tournoi, tant mieux car cela va te donner de la confiance pour la suite. Mais ce n'est pas parce que tu vas mal tourner aux 6 Nations que tu vas faire une mauvaise Coupe du monde. Au rugby, tu as deux-trois équipes à battre et puis tu es champion du monde. Tu peux aussi faire quatre années en étant nul et être champion parce qu'à un moment donné, tu as un coup de bol, tu as une équipe qui fonctionne bien. En sport, tout est permis et c'est ce qui fait rêver les gens.

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