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Rugby - Tri-Nations

26/07/2010 - 18:22 - Mis à jour le 26/07/2010 - 18:33

De Villiers : du paradis à l’enfer


Deux lourdes défaites en Nouvelle-Zélande puis un revers cuisant en Australie et voilà l'Afrique du Sud installée à la dernière place des Tri-Nations. Les champions du monde déçoivent et les choix de leur sélectionneur, Peter De Villiers, sont vivement critiqués. Ce dernier semble même menacé.

Il y a un mois, il était certainement le sélectionneur le plus en vogue de la planète rugby. Il faut dire que l’année 2009 avait été un cru exceptionnel pour lui et pour l’Afrique du Sud : victoire finale étincelante dans les Tri-Nations avec des succès de prestige à la clé face aux All Blacks, après avoir dominé les Lions britanniques et irlandais… Mais voilà, trois matchs et trois défaites plus tard, Peter De Villiers est plus que jamais menacé à la tête des Springboks. Les deux corrections subies en Nouvelle-Zélande avaient déjà fait grincer des dents au pays des champions du monde. Mais le revers de samedi dernier (13-30) en Australie, face à un adversaire qui semblait en perdition ces dernières semaines, a carrément donné place à une vague de colère et d’indignation. Les Boks ont été dominés dans tous les compartiments du jeu et aujourd’hui, ils pointent à une triste dernière position au classement des Tri-Nations, avec zéro point au compteur.

Alors depuis ce week-end, les critiques s’abattent sur le premier coach de couleur de l’histoire des Sud-Africains. "Il n’y a pas besoin d’être un grand spécialiste du rugby pour se rendre compte que le déséquilibre de la formation alignée par les Boks a coûté le match, mais malheureusement, la seule personne qui compte – De Villiers – est celle qui prend les décisions. Les mauvaises. Les Wallabies n’avaient aucune crainte de conserver le ballon en main, non pas à cause des nouvelles règles et interprétations, mais parce que les Boks n’avaient personne pour lutter au sol", écrit ainsi le journaliste Grant Ball dans la presse sud-africaine. En effet, les choix du sélectionneur springbok ne cessent d’être critiqués. En optant pour une troisième ligne Burger-Spies-Kankowski encore inédite dans la compétition, il s’est privé de son meilleur gratteur-récupérateur en la personne de François Louw. Du coup, les Boks ont été déficitaires dans le jeu au sol et le flanker australien, David Pocock, en a profité (cinq ballons récupérés au sol).

" De Villiers a montré ses limites "

Même si les joueurs sud-africains plaident "la fatigue" comme principale défense, le plan de jeu de Peter De Villers est pointé du doigt. L’analyse de Richard Loe, l’ancien pilier all black, est édifiante : "Les Stormers et les Bulls, qui composent à eux seuls l’équipe des Springboks, ont impressionné tout le monde lors du dernier Super 14. Nul n’a pu rivaliser avec eux cette saison. Dès lors, je pose une question simple : si les joueurs sud-africains sont les meilleurs du monde à leur poste, où se situe le problème des Springboks, sinon dans la façon dont ils sont coachés ? Pour moi, Peter De Villiers a montré ses limites. Il n’y a ni projet de jeu, ni âme dans son équipe. Si les Sud-Africains le maintiennent à ce poste jusqu’à la Coupe du monde 2011, ils feront, de fait, un cadeau inestimable aux All Blacks…"

En effet, depuis samedi, De Villiers est désormais menacé. Même les anciennes gloires springboks semblent prendre position contre lui, à l’image de Bobby Skinstadt, qui a ouvertement critiqué son schéma de jeu : "Il n’y a jamais de plan B. […] Il y a péril en la demeure. Le staff va devoir donner à cette équipe des orientations de jeu nouvelles ou nous courons droit à la catastrophe…". Comme le révèle Midi Olympique ce lundi, Heineke Meyer, l’ancien boss des Bulls, ou Eddie Jones, l’ex-coach des Wallabies, seraient déjà pressentis pour prendre la succession de De Villiers. Ce dernier préfère botter en touche : "Suis-je menacé ? Je n’en ai aucune idée. Posez la question à mes employeurs !". En attendant, il a tout intérêt à enchaîner les succès en cette fin de Tri-Nations, sous peine de ne pas devenir le premier entraîneur de couleur à mener la sélection sud-africaine durant une Coupe du monde…

Rugbyrama - Jérémy FADAT
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