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Tournoi des 6 nations 2014, Crunch - Les clés de France-Angleterre: conquête, culot et efficacité

Les clés de France-Angleterre: conquête, culot et efficacité

Par Fabien Pomiès
Dernière mise à jour Le 01/02/2014 à 09:49 -
Par Fabien Pomiès - Le 01/02/2014 à 09:49
Le XV de France mise sur sa solide conquête et le culot de sa jeune charnière Doussain-Plisson pour remporter une victoire-déclic samedi contre l'Angleterre, en ouverture du Tournoi des six nations.

LA CONQUÊTE DU SUCCÈS

Comme souvent, le "Crunch", le terme anglais difficile à traduire mais clairement évocateur de chaque rencontre entre les deux pays, se jouera dans le secteur de la conquête statique (touche, mêlée) et le combat dynamique (rucks). Les Français possèdent une des meilleures mêlées du monde, avec en tête de pont la première ligne Domingo-Kayser-Mas. "La mêlée est parfois mise de côté (par certaines nations). A nous de l'utiliser comme base de lancement et de mettre (l'anglaise) en difficulté", souligne le pilier Thomas Domingo, qui garde en tête le rôle prépondérant de la mêlée lors de la victoire (12-9) de 2010, qui avait offert aux Bleus leur dernier Grand Chelem.

Les Anglais, bien que privés de Geoff Parling, ont également un alignement efficace en touche, et Philippe Saint-André a choisi le géant du Stade français, Alexandre Flanquart (2,04 m), pour dérégler leur machine. "Ils ont un gros bloc, généralement au fond où ils envoient quasiment les trois-quarts des ballons. On a bossé pour les contrer, maintenant il va falloir être bon car ils montent haut, vite", souligne le Parisien.

Avec des joueurs puissants comme Pascal Papé en deuxième ligne, Bernard Le Roux et Louis Picamoles en troisième ligne et un banc à six avants incluant notamment Yoann Maestri et Antoine Burban (les Anglais n'en ont placés que cinq), l'encadrement a clairement misé sur le combat, une option qui pourrait s'avérer payante étant donné les averses annoncées sur le Stade de France samedi en fin de journée.

LES JEUNES ONT LA CLÉ

Ce "Crunch" opposera plusieurs jeunes talents dans les deux camps. Côté français, l'ouvreur à zéro sélection, Jules Plisson (22 ans), sera scruté par le public à un poste hautement sensible, et sans aucun doute ciblé par la troisième ligne Robshaw-Vunipola-Wood. Son sang-froid remarqué en Top 14 sera mis à rude épreuve dans une charnière très jeune avec Jean-Marc Doussain (22 ans, 5 sél.) en N.9. Ce pari de la jeunesse est aussi destiné à libérer une équipe apparue jusqu'ici inhibée par le poids de ses contre-performances. Et Saint-André a appelé ses troupes, notamment son pack et ses centres, à protéger ses chefs d'orchestre pour leur permettre de s'exprimer.

L'entraîneur anglais Stuart Lancaster n'a pas hésité non plus à lancer des jeunes. Avec le champion du monde des moins de 20 ans Jack Nowell sur l'aile droite (20 ans, aucune sélection), Jonny May (23 ans, 1 sélection) sur l'aile opposée et le solide Luther Burrell (26 ans, aucune sélection) en deuxième centre, la ligne de trois-quarts va découvrir la pression des grands rendez-vous internationaux. "Nowell m'avait fait bonne impression (en Coupe d'Europe contre Toulon), se rappelle Mathieu Bastareaud. Il avait fait un super match à l'aller à Exeter et un bon match à Toulon. A nous de le mettre sous pression, parce qu'une première sélection, ce n'est jamais évident". La performance -bonne ou mauvaise- de ces nombreux jeunes dans un match à fort enjeu pourrait bien décider du sort la rencontre.

L'ÉTERNELLE QUÊTE DE L'EFFICACITÉ

C'est le mal récurrent du XV de France depuis un an. "J'espère que cette année sera l'année de l'efficacité", martèle Saint-André depuis quinze jours. L'animation offensive et la conclusion des actions ont été un des grands chantiers des deux semaines de préparation. Les Bleus récolteront-ils enfin le fruit de leur travail ?

Si le XV de France possède quelques individualités au talent offensif indéniable, comme Wesley Fofana et Brice Dulin, c'est au niveau collectif, dans la transmission de balle et l'enchaînement du jeu que se posera le plus grand défi. D'autant que la défense anglaise est une des plus agressives et rapides de la planète.