Getty Images

TOP 14 - Qu'es-tu devenu... Yann Delaigue ?

Qu'es-tu devenu... Yann Delaigue ?

Le 20/08/2017 à 17:16

TOP 14 - Sa première saison au haut niveau l'avait vu, à 19 ans, mener le RC Toulonnais jusqu'au Brennus. Yann Delaigue a fini sa carrière 15 ans plus tard avec deux autres titres de champion et une Coupe d'Europe. Il avait un profil de futur entraîneur mais par choix, il bifurqué vers l'événementiel et la gestion de partenariats sportifs.

Eurosport Player : Votre journal 100% numérique

Voir sur Eurosport

Il a suffit d'un drop pour raviver la légende. Quand, le 2 juin dernier au stade Vélodrome de Marseille, l'ouvreur de 21 ans Anthony Belleau a envoyé le RCT en finale du Top 14, le Var s'est imaginé retrouver un minot magique : l'héritier de Yann Delaigue qui, 25 ans plus tôt, à tout juste 19 piges, avait conduit Toulon jusqu'au Brennus. Même si pour Belleau, l'issue ne fut pas aussi belle, on ne peut que lui souhaiter de cultiver le plus longtemps possible la similitude dans la trajectoire.

Ne pas entraîner, un choix familial

Il est en effet des comparaisons plus désagréables. Yann Delaigue promettait beaucoup, et si les blessures l'ont, bien plus que d'autres, freiné, il affiche, après avoir quitté la scène voilà exactement 10 ans après une ultime saison au RCT qui ressembla à un piège, un palmarès éloquent : 3 Brennus (Toulon en 1992, Toulouse en 1999 et 2001), 1 titre de champion d'Europe en 2003 et 20 sélections entre 1994 et 2005. Un pedigree d'homme appelé à rester dans le rugby. Surtout cet homme-là qu'on surnommait "le petit Mozart". Parce qu'il était doué, ouvreur intelligent, on imaginait bien Yann Delaigue, fils de Gilles, international aussi, prendre les clés d'une équipe dans un autre rôle que celui de numéro 10.

Yann Delaigue sous les couleurs toulousaines

Yann Delaigue sous les couleurs toulousainesIcon Sport

D'ailleurs, en 2011, Delaigue avait donné raison à ceux qui lui voyaient un futur d'entraîneur : il avait été appelé comme consultant des trois-quarts de l'Aviron bayonnais par Christian Gajan. Mais le projet n'avait pas fait long feu dans le difficile contexte basque. Et puis par choix, Yann Delaigue, qui garantit une passion intacte pour le jeu, a exploré d'autres horizons. "Entraîner, ça m'a tenté. Mais j'ai des enfants et je ne vis pas avec eux : dans ce contexte, c'était difficile. Par définition, mes enfants étaient ma priorité. J'ai fait un choix familial". Il a goûté au métier de consultant pour Canal+, mais 10 ans après ses adieux au jeu, il porte essentiellement deux casquettes.

Le Tournoi des 6 stations, version plage

La première est celle de responsable des partenariats sportifs pour le groupe Schweppes - Orangina, parmi lesquels celui noué avec la Fédération française de handball et que la bande à Karabatic valorise parfaitement. Forcément, le contraste avec les difficultés du XV de France l'attriste. "Je suis déçu. On aimerait cette équipe de France plus rayonnante. Je suis inquiet aussi. On part de loin. Et on constate un vrai décalage avec les autres nations". Sa deuxième casquette est celle de gérant dans l'événementiel. Il avait déjà créé avec un associé, Stephane Rouault, le Tournoi des 6 Stations, du rugby sur neige, dont la 6e édition se déroulera en 2018. Il vient d'inaugurer une version d'été avec deux autres associés prestigieux, les ex-internationaux Cédric Desbrosse et Francis Ntamack.

Les terrains du Tournoi des 6 Stations d'été version ville

Les terrains du Tournoi des 6 Stations d'été version villeOther Agency

Principe décalqué : 6 stations balnéaires accueillent chacune un tournoi d'équipes composées d'amateurs et d'ex-internationaux (cinq contre cinq en deux fois dix minutes). "On voulait donner rendez-vous l'été pour en faire un véritable événement bi-annuel. Mais on ne voulait pas s'orienter vers le beach-rugby : on voulait quelque chose d'atypique, de nouveau. Et on a construit ce projet de jouer sur une plate-forme qui flotterait sur la Méditerranée", rembobine Delaigue. Ça a l'air d'un projet potache, c'est en réalité l'aboutissement d'un travail de deux ans avec commande dans un bureau d'étude et brevet déposé.

"Voir ce tournoi débuter, c'était beaucoup d'émotion", raconte Delaigue. "Ce fut un travail de longue haleine. Il y avait de la fierté. Et puis je crois que c'était beau. On a vu du jeu rapide, des images magnifiques, des plongeons dans l'eau pour marquer. Les joueurs se sont régalés". Dix ans après sa dernière passe, Yann Delaigue sait toujours faire jouer derrière lui.

Yann Delaigue

Yann DelaigueIcon Sport

0
0