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TOP 14 - Record, Fédérale 1, Woodward... Qu'es-tu devenu, Ludovic Mercier ?

Record, Fédérale 1, Woodward... Qu'es-tu devenu, Ludovic Mercier ?

Le 23/08/2017 à 14:08Mis à jour Le 13/09/2017 à 15:22

TOP 14 - Meilleur réalisateur de l'histoire de l'European Rugby Challenge Cup, l'ouvreur Ludovic Mercier œuvre désormais comme manager en Fédérale 3 au Havre, le plus ancien club français qu'il espère ramener aux portes du monde professionnel.

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Il a quitté le jeu il y a trois ans mais il est toujours le meilleur réalisateur de l'histoire de la Challenge Cup. Ça pourrait être le descriptif de Jonny Wilkinson, qui a pris sa retraite en 2014 sur un ultime titre avec le RCT. Le champion du monde 2003 n'est en fait que le deuxième du classement avec 485 points. Le leader est un Français : Ludovic Mercier, auteur de 520 points avec 7 clubs différents - Béziers, Aurillac, Gloucester, Grenoble, Pau, Petrarca Padova et Aironi Rugby - et sacré dans l'épreuve en 2006 avec Gloucester (victoire 36-34 contre les London Irish). Mercier, toujours au sommet alors qu'il a disputé son dernier match dans l'épreuve en 2010…

"La Fédérale, c'est très formateur pour un entraîneur"

S'il a bien arrêté sa carrière en 2014, c'est parce qu'il a choisi de s'offrir des ultimes défis dans des divisions inférieures, lui qui a débuté en groupe B à Angoulême alors qu'il n'était pas majeur. D'abord à Saint-Étienne en Fédérale 1 en 2012/2013, où il vit son rôle évoluer en cours de saison passant d'ouvreur et capitaine au poste de directeur sportif suite à l'éviction des entraîneurs Jean-Bernard Duplantier et Frédéric Cocq. Les problèmes financiers du CASE mettront fin à l'aventure, mais pas à son désir de jouer. Alors, il s'engagea en Fédérale 2 à Hyères-Carqueiranne pour un ultime défi. La mission fut accomplie : il participa à la montée du club en Fédérale 1 avant de raccrocher sur une opération à la hanche.

Ludovic Mercier

Ludovic MercierIcon Sport

Mercier avait gagné des titres, affronté les plus grands dont David Campese pour son dernier match, il n'avait plus rien à (se) prouver : il pouvait embrasser une seconde carrière murement réfléchie, celle d'entraîneur. Chez les amateurs pour débuter : à Angers (Honneur) puis à L'Aquila en première division italienne et depuis 2016 au Havre en Fédérale 3 où il a le titre de manager. "Rejoindre un club professionnel, c'est mon objectif final. En ayant terminé ma carrière au niveau amateur, je me suis un peu compliqué la tâche. Je vois par exemple Julien Dupuy qui a arrêté et a intégré le staff du Stade français. Pour moi, je sais que ça sera dur et que rien n'est acquis".

Les Bleus, son seul regret

Pour autant, l'ancien demi d'ouverture assure que le troisième échelon national est enrichissant : "En même temps, la Fédérale c'est très formateur pour un entraîneur. Il y a des joueurs très intéressants, qui ont le potentiel d'aller plus haut, mais ne tentent pas l'aventure par choix. En Fédérale, j'estime qu'on y apprend beaucoup des joueurs qui sont passionnés, très demandeurs. Je me forge mon expérience. Et j'ai la chance de le faire au Havre où l'on me fait confiance pour construire un projet afin d'amener le club le plus haut possible." Puisqu'il ne faut rien négliger, le manager s'investit aussi aux côtés de trois entraîneurs du club doyen pour les séances dédiées au jeu au pied et aux buteurs. Un luxe pour les Havrais mais sûrement pas un projet de spécialisation pour Ludovic Mercier, comme ont pu le faire Gonzalo Quesada ou Romain Teulet, autres buteurs redoutables.

Ludovic Mercier avec Petrarca Padova

Ludovic Mercier avec Petrarca PadovaGetty Images

Mercier est déjà intervenu dans des centres de formation, à Bourg-en-Bresse par exemple, mais il a trop souffert d'être catalogué "buteur" pour vouloir en faire son unique domaine de compétence. Il est vrai que lorsque Béziers, alors entraîné par Richard Astre l'a recruté en 1996, c'était parce qu'il collait au projet de jeu offensif prôné par le club à son retour dans l'Élite. Seulement, Mercier butait très bien et on a fini par ne voir que ça. Sa réputation, en un sens, était flatteuse. Mais ne lui a t-elle pas coûté cher ? Il s'interroge. International A, retenu en 2006 dans le XV mondial contre les Springboks aux côtés de Chabal, Califano, Marshall, Carlos Spencer et sous les ordres de Bob Dwyer, il n'a, malgré ses performances avec Gloucester, jamais été appelé en Bleu.

" Clive Woodward était venu me sonder"

"C'est mon seul regret. On m'avait dit des choses mais elles n'ont pas été suivies d'effets. J'ai effectué des tests physiques, on m'a dit qu'ils étaient bons et puis rien. Je me suis interrogé." D'autant qu'un jour, un sélectionneur est venu le sonder.. 15 ans après, le buteur gaucher raconte. "Je n'en ai jamais parlé, mais alors que j'étais à Gloucester et que j'allais être éligible, j'avais reçu la visite de Clive Woodward qui était venu me sonder..." Il n'aura jamais été le coéquipier de Jonny Wilkinson. Ça aurait fabuleux. Il reste cette consolation de le devancer au classement des buteurs de l'European Rugby Challenge Cup. Et c'est tout de même magique.

Ludovic Mercier

Ludovic MercierIcon Sport

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