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TOP 14 - Préparation physique : une étape essentielle et spécifique

Préparation physique : une étape essentielle et spécifique

Le 12/07/2017 à 17:58

TOP 14 - Étape obligatoire de l’avant-saison, la préparation physique est une période essentielle. Rugbyrama vous propose de découvrir les objectifs et les enjeux de ce moment à ne pas rater, que les joueurs redoutent parfois et qui demande un investissement sans faille.

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"Chaque préparation physique évolue d’une année sur l’autre en tenant compte de l’effectif et du vécu du joueur." Le décor est planté par Benjamin Del Moral, auteur de Préparation physique – prophylaxie et performance des qualités athlétiques. Ancien préparateur du Stade français aujourd’hui en poste au Lou, cet ancien rugbyman semi-pro précise "faire en fonction du vécu, de l’historique et surtout par rapport au bon de commande de l’entraîneur. Du jeu que tu veux proposer découlera une préparation physique spécifique."

Le rôle du préparateur est essentiel, d’autant plus qu’il demande beaucoup d’analyse. On estime à environ deux ans le temps nécessaire pour bien connaître chaque joueur d’un groupe dépassant les quarante individualités. Tout rentre en ligne de compte : "La motivation, le profil, la réaction à l’effort et comment l’extra-rugby peut interférer", ajoute Benjamin Del Moral.

Une méthodologie pour progresser

Difficile d’établir un calendrier précis mais, souvent, les trois-quatre premières semaines sont dédiées à la préparation physique "pure". Cependant, la tendance actuelle tend à intégrer davantage le rugby qu’auparavant. Par exemple, les séances à dominante physique sont couplées avec des skills ou des jeux, "ce qui permet de gagner du temps, de proposer des efforts intenses et spécifiques et d’avoir plus de repères et d’automatismes", explique Benjamin Del Moral.

Hoani Tui (Oyonnax) en pleine préparation physique

Hoani Tui (Oyonnax) en pleine préparation physiqueRugbyrama

Fini les simples tours de terrain, il faut se rapprocher de ce qui sera demandé en compétition. "Notre but est de mettre en place une préparation qui colle aux exigences du rugby mais aussi de mettre l’accent sur la dextérité, la capacité à se mouvoir et la technique sous pression, afin que les joueurs soient capables de faire les gestes justes et précis sous fatigue. C’est pourquoi on réduit les impacts pour éviter les traumatismes", poursuit le préparateur. L’objectif est d’être opérationnel dès le début, ce qui ramène aux difficultés des champions les années post-titres, victimes de préparations tronquées et de décompressions mentales.

Cette vision qui cherche à moins distinguer préparation physique et rugby est récente. On peut comparer avec les joueurs des années 90 qui, en temps de préparation, ont emmagasiné en carrière ce qu’un joueur de l’hémisphère Sud accumule en moyenne en cinq ans. Dans le fonctionnement français, une préparation dure en moyenne neuf à dix semaines et le niveau de rugby monte progressivement, à mesure que la dose de physique descend. C’est pour cela que les stages arrivent après, pour vaincre la routine et passer dans la phase de constitution du groupe.

Julien Caminati (Castres) - juillet 2017

Julien Caminati (Castres) - juillet 2017Icon Sport

C’est à ce moment précis que l’entraîneur se rend compte de la manière dont s’expriment ses joueurs et va prendre les initiatives pour ainsi voir naître les leaders. Mais le physique n’est pas loin, notamment quand il s’agit de faire ces stages en altitude afin de pouvoir tirer profit du manque d’oxygène. Cela favorise la production de globules rouges transportant l’oxygène dans le sang, bien qu’il faille au minimum trois semaines pour constater de véritables effets sur le corps. Les matches amicaux arrivent ensuite, pour finaliser.

Les différences entre hémisphères

Il n’est pas rare de voir des joueurs de l’hémisphère Sud éprouver des difficultés dans le Top 14, qui demande d’être capable de répéter des performances pendant près de dix mois, sans relâche, tandis que ces profils sont habitués à des saisons plus courtes. Pour ces éléments, il est souvent demandé d’enchainer deux saisons consécutives sans véritable période de récupération (et de régénération !).

Ma'a Nonu (Toulon) - juillet 2017

Ma'a Nonu (Toulon) - juillet 2017Icon Sport

À blessure égale, il sera souvent conseillé à un lambda d’arrêter totalement le sport tandis que l’athlète de haut niveau devra continuer les efforts différemment, au risque de ne jamais totalement récupérer. La dernière tournée sud-africaine du XV de France est un exemple criant de la confrontation des méthodes de travail. Les saisons ne suivent pas les mêmes calendriers ni les mêmes logiques et le Sud est plus proche du système nord-américain qui laisse plus de temps à la récupération des sportifs.

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