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TOP 14 - Préparation physique : les coulisses des méthodes de travail d’un groupe

Préparation physique : les coulisses des méthodes de travail d’un groupe

Le 13/07/2017 à 09:33

TOP 14 - La préparation physique estivale est un moment à ne pas rater pour un staff et son groupe puisque le joueur va pouvoir travailler ce qui ne peut pas l’être en saison. Rugbyrama vous propose de découvrir la méthodologie mise en place pour parvenir à la performance.

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Un mythe subsiste dans la préparation d’un sportif, celle de pouvoir cibler un pic de forme en saison. Autant dire que ceci est possible dans un sport individuel comme le cyclisme ou l’athlétisme mais pour le rugby, il est quasiment impossible de faire ce pari. Les contacts sont à prendre en compte et ils accroissent les risques de blessures. Cette zone spécifique de préparation "permet de développer certaines qualités que l’on ne peut pas développer en saison car il faut être à 100% tous les week-ends. En saison, la semaine sert à l’entretien et à la régénération", détaille Romain Loursac, ancien joueur devenu médecin du Sport. Ainsi, on travaille les composantes aérobie, l’endurance, la vitesse ou la puissance. Préparateur à Lyon, Benjamin Del Moral révèle avoir mis en place des groupes de niveaux : les joueurs en développement, le groupe optimisation des qualités et le groupe maintien des acquis.

Romain Loursac est devenu médecin

Romain Loursac est devenu médecinRugbyrama

Quels outils pour quels résultats ?

Toute une série de tests et d’outils permettent un suivi précis de la performance. Les cardiofréquencemètre et les GPS sont utilisés "pour évaluer la charge de travail et fixer des objectifs de métrage", précise Romain Loursac. Benjamin Del Moral ajoute que les tests internes couplés à des standards permettent d’insister sur "le développement moteur et d’agir sur les composantes neuromusculaires pour évaluer vitesse et puissance qui sont les facteurs déterminants de la performance".

Pour ce faire, on se sert d’un accéléromètre ou d’un équipement à air comprimé pour mesurer la puissance d’un joueur et établir un profil. Quant aux "masques d’hypoxie", ils servent à "travailler les muscles de l’inspiration et à les développer pour augmenter les capacités mais ne permettent pas de simuler l’altitude contrairement à ce qui est souvent dit", ajoute Romain Loursac. Le but ultime serait la possibilité d’avoir comme à l’INSEP des chambres recréant les conditions retrouvées en montagne : dormir en altitude pour s’entraîner en plaine et avoir les meilleurs résultats.

Le progrès est sans cesse recherché car il y a une volonté d’être le plus performant possible mais il n’aura échappé à personne que les blessures sont exponentielles. Sur ce point, les questionnaires bien-être sont fréquents "pour mieux suivre l’état de forme et moduler les entrainements des joueurs envoyant des signaux de fatigue", enchaîne Romain Loursac. On peut les coupler au travail des kinés qui sont des confidents et aux scores RPE (Rated Perceived Exertion) après les séances, donnant le ressenti de l’athlète.

Hoani Tui (Oyonnax) en pleine préparation physique

Hoani Tui (Oyonnax) en pleine préparation physiqueRugbyrama

Il faut souligner l’importance de la prévention pour identifier une faiblesse ou un déséquilibre, et le test isocinétique permet d’individualiser, d’éviter la blessure ou de réduire le risque de récidive. Lors des reprises, si les traumatologies sont rares, "les pathologies sont souvent des problèmes tendineux car les terrains sont durs ou musculaires en raison de la charge de travail à encaisser", précise Romain Loursac qui cite l’exemple de la périostite (syndrome douloureux au tibia) ; d’où la nécessité de s’entretenir pendant les vacances pour éviter la brutalité de la reprise.

L’importance de bien récupérer de l’effort

Justement, sur l’aspect récupération, la cryothérapie tend à se généraliser depuis le début des années 2010 et des clubs s’équipent à l’image d’Oyonnax. Le joueur se place dans une cabine où seule la tête dépasse et pendant trois minutes, un froid sec est pulvérisé faisant descendre la température entre -130° et -160°. Fini la bassine de glace qui agit sur le derme et fait grimacer, "le but est de créer un choc thermique. Le corps, en luttant contre le froid, va sécréter des endorphines, des antalgiques et des antis inflammatoires naturels permettant de lutter contre la douleur et d’accélérer la guérison de toutes les petites lésions", précise Alexis Vuillemard du centre CryoReflex. La société dispose de deux centres à Lyon et accueille les joueurs rhodaniens une fois par semaine en période de préparation pour aider à la récupération, et en saison après les matches ou pour suivre et traiter les joueurs blessés.

Jean Monribot (Toulon) - juillet 2017

Jean Monribot (Toulon) - juillet 2017Icon Sport

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