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Top 14 / Benoît Paillaugue : "Maintenant, ça serait bien que la roue tourne !"

Paillaugue : "Maintenant, ça serait bien que la roue tourne !"
Par Rugbyrama

Le 06/10/2017 à 11:53Mis à jour Le 06/10/2017 à 12:08

TOP 14 - Il est déjà de retour ! Blessé lors de la première journée de Top14 face à Agen (entorse du ligament interne du genou gauche), Benoît Paillaugue retrouvera la compétition samedi au Stade Français. Un renfort de poids pour le MHR. En avance, comme à son habitude, le numéro 9 espère tourner définitivement la page de ses blessures à répétition et retrouver rapidement ses sensations passées.

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Benoît, êtes-vous heureux d’avoir retrouvé les terrains d’entraînement depuis deux semaines ?

Benoit Paillaugue : Ça me fait plaisir et beaucoup de bien de revoir les copains et de retoucher le ballon. Maintenant, il ne me reste plus qu’à être performant sur le terrain.

Ressentez-vous encore des douleurs au genou ?

B.P. : Non, plus aucune douleur. Mon rétablissement a été assez rapide, grâce au bon boulot effectué par les kinés. J’ai aussi bien récupéré en respectant ce qu’on m’a demandé. Et cela a été payant puisque je suis en avance (une semaine d’avance sur la date initiale de retour, NDLR). J’espère maintenant que je vais avoir un peu de temps de jeu et surtout, que le rythme va vite revenir.

Vous êtes devenu le roi des retours anticipés…

B.P. : J’aimerai surtout ne plus être le roi des retours ! C’est vrai que je récupère plutôt rapidement, peut-être plus vite que la normale, mais je le répète, le staff médical du MHR a vraiment fait du bon boulot. Maintenant, ça serait bien que la roue tourne ! Je pense que j’ai assez donné sur les deux dernières saisons au niveau des blessures. J’en ai marre ! Après, je n’avais rien eu pendant cinq ans, même pas une blessure musculaire. Les aléas de notre métier. J’espère que cela est désormais derrière moi et que je vais pouvoir faire une saison pleine, puisque je n’ai loupé que cinq matchs au final.

Vous étiez-vous fixé la coupe d’Europe et le déplacement au Leinster la semaine prochaine comme date de retour ?

B.P. : Pour être honnête, je m’étais fixé l’objectif de revenir la semaine dernière face à Brive. Après, c’est vrai que quand je m’étais blessé, on m’avait dit six semaines d’absence au minimum, et ça tombait sur les débuts européens. Mais c’est mieux de reprendre avant, car on sait que la coupe d’Europe c’est un niveau au dessus.

Benoît Paillaugue (Montpellier) - août 2017

Benoît Paillaugue (Montpellier) - août 2017Icon Sport

Quel est votre moteur pour revenir à chaque fois plus fort ?

B.P. : Je ne sais pas, c’est peut-être mon caractère qui joue un peu là-dessus. J’ai reçu de nombreux messages de soutien quand je me suis blessé et il y en a un en particulier qui m’a fait sourire : "La malchance est avec toi mais elle ne sait pas que tu es beaucoup plus têtu qu’elle." J’ai trouvé ça pas mal. C’est toute la frustration que je ressens en regardant mes copains jouer et gagner, qui me donne l’envie de revenir le plus rapidement possible pour m’éclater avec eux. Le rugby représente beaucoup de choses pour moi. J’ai fait énormément de sacrifices pour y arriver et c’est vrai que quand je ne joue pas, les semaines sont très longues.

Comment jugez-vous de l’extérieur les cinq dernières journées disputées par Montpellier ?

B.P. : L’équipe monte en puissance. Les feux sont au vert car nous sommes premiers et je pense qu’on fait plaisir à beaucoup de monde. Nous sommes passés à travers à Bordeaux, cela arrive, mais on a su relever la tête face à Brive. Nous gardons dans un coin de notre tête cette défaite. On en a tiré les leçons mais nous ne nous focalisons plus dessus. Si on doit perdre à nouveau, il faudra montrer un autre visage et se battre davantage. Aujourd’hui, on ne vise pas plus loin que le match qui arrive. Être premier c’est bien pour la tête, la confiance, mais à la fin, ce n’est pas le premier qui est champion. Il ne faut pas s’enflammer et rester humble, car cela peut vite tourner.

" Il n'y a pas de concurrence entre nous (avec Ruan Pienaar)"

Pensez-vous qu’il manque encore de la vitesse d’exécution et de réaction dans vos gestes et dans les rucks pour accélérer votre jeu ?

B.P. : Il y a toujours des choses à améliorer, même dans la victoire. Nos adversaires ont le droit de se défendre et nous pouvons être gênés. Mais c’est à nous de chercher le facteur qui permet de trouver des solutions et de les contourner. C’est vrai qu’on a des joueurs de qualités derrière, surtout sur nos ailes et on veut donc mettre de la vitesse dans notre jeu. Mais pour cela, il faut qu’on soit très bons dans les rucks. A Bordeaux on ne l’a pas été et contre Brive, il y a eu des moments difficiles. Je le répète, à nous de trouver des solutions.

Quel regard portez-vous sur le Stade Français qui vous accueille samedi ?

B.P. : Ils alternent le très bon et les résultats en dents de scie. Je pense que leur victoire à l’extérieur contre Pau a été une grande bouffée d’oxygène pour Paris, après le match contre Toulon à domicile qu’ils auraient dû gagner. C’est une équipe qui ne lâche jamais et qui met beaucoup de vitesse dans son jeu. Ils ont des joueurs de qualité qui aiment jouer debout le plus longtemps possible. A nous de les gêner au maximum pour qu’ils ne puissent pas mettre leur jeu de mouvement en place.

Ruan Pienaar (Montpellier) face à Toulon

Ruan Pienaar (Montpellier) face à ToulonGetty Images

Durant votre absence, Ruan Pienaar s’est installé à la mêmée en réalisant de belles performances. Comment jugez-vous cette concurrence ?

B.P. : (agacé, NDLR) Il n’y a pas de concurrence entre nous-deux ! Ça se passe très bien. C’est un grand joueur, on le sait tous. Il a fait de grands matchs, mais je ne suis pas surpris. Si vous vous l’êtes, moi non ! Tant mieux pour l’équipe, et pour moi, car cela va me permettre d’élever mon niveau pour essayer d’être au sien.

Vern Cotter répète depuis longtemps qu’il veut que l’équipe élève son niveau de jeu avant le début de la coupe d’Europe. Ce match au Stade Français est donc un important dernier “galop d’essai” ?

B.P. : Le discours, il ne faut pas le voir dans ce sens car cela voudrait dire qu’on se projette vite sur la coupe d’Europe sans se concentrer sur le match de Paris. Ce dernier peut-être un bon facteur pour bien se projeter ensuite. Mais il faut d’abord penser à ce premier match. Le Stade Français a déjà perdu deux fois à domicile et il aura donc à cœur de se racheter pour bonifier aussi sa dernière sortie. A nous de répondre présents avant de nous projeter. Même s’il est vrai que si on fait un mauvais match à Paris, il sera ensuite encore plus difficile de gagner au Leinster.

Le MHR a bénéficié d’un début de calendrier assez “facile”. Avez-vous l’impression que c’est maintenant que vous allez pouvoir vous jauger réellement ?

B.P. : Il va y avoir des moments difficiles je pense. Là on se déplace, ensuite il y a la coupe d’Europe et après, on va affronter que des équipes qui jouent les six premières places (Clermont, Toulouse, La Rochelle, le Racing92… ; NDLR). Ça va donc être un bon test pour nous. Ça va nous permettre de voir comment on termine cette première série de matchs en Top14 avant de basculer sur l’Europe et ensuite, de voir comment on rebascule sur le championnat. Les deux mois qui arrivent sont vraiment intéressants. On va pourvoir voir ce qu’on a dans le ventre.

Propos recueillis par Julien Louis

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