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RUGBY - TOP 14 - Raconte-moi ton essai... Julien Dumora

Dumora : "Il me manque un essai de cinquante mètres"
Par Rugbyrama

Le 08/11/2017 à 09:48

TOP 14 - Auteur d'un nouvel essai face à Oyonnax, l'arrière du CO nous fait part de ses impressions et revient également sur son début de saison convaincant. Sans doute le meilleur de sa carrière.

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Contre Oyonnax, vous êtes au départ puis à la conclusion du premier essai du CO... Racontez-nous.

Julien Dumora : Je récupère le ballon après un coup de pied oyonnaxien : j'échappe alors au plaquage du centre adverse avant de courir le long de la ligne de touche puis je donne à Rory (Kockott) qui se propose intérieur. Il finit par se faire plaquer à cinq mètres de la ligne mais se retrouve projeté vers l'en-but, avec l'élan. Il essaie alors de tendre les bras mais voyant qu'il va être court, je lui prends le ballon dans les mains et finis par aplatir.

" Nous nous entraînons à couper les courses des soutiens adverses pour les ralentir sans commettre de blocage"

Lorsque la chandelle est tapée, un joueur de l'USO monte rapidement pour vous disputer le ballon...

J. D. : Je ne regarde pas ce qui se passe autour mais me focalise exclusivement sur le ballon afin d'anticiper son point de chute. C'est un exercice que nous (arrières et ailiers) travaillons énormément à l'entraînement en compagnie de Romain (Teulet, spécialiste du jeu au pied) et de Sitiveni (Sivivatu, entraîneur des skills). Cela nous permet de mieux se sentir lors des matches et de pouvoir récupérer des ballons sous les chandelles. Notre travail a payé ce week-end et cela nous poussera à travailler encore davantage à l'entraînement.

Sur l'action on voit également votre ailier gêner la course de l'adversaire. Est-ce que c'est aussi travaillé à l’entraînement ?

J. D. : Nous nous entraînons également à couper les courses des soutiens adverses pour les ralentir sans commettre de blocage, et éviter ainsi d'être pénalisés. Calquer sa course sur celle de l'adversaire est utilisé par de nombreuses équipes qui s'en servent pour être plus performantes sous les chandelles. Le coach nous demande de travailler après chaque coup de pied : sur celui-ci chacun a rempli sa mission et l'équipe en a récolté les fruits, avec cet essai. J'ai pas eu le temps de remercier mon coéquipier mais j'ai vu son travail à la vidéo et je lui en parlerai au retour de vacances (rires).

Julien Dumora (Castres olympique), face à Agen - Top 14 (29 octobre 2017)

Julien Dumora (Castres olympique), face à Agen - Top 14 (29 octobre 2017)Icon Sport

Votre essai est inscrit après une redoublée avec Kockott. C'est beaucoup une histoire d'automatismes non ?

J. D. : Ce sont des choses que l'on ressent sur un terrain : Rory a anticipé ma course extérieure et vient bien se proposer à l'intérieur. Cela fait quatre ans que nous jouons ensemble donc nous commençons à avoir des automatismes d'anticipation qui font la différence sur certaines actions. Surtout, chacun essaie de faire les efforts pour les copains : ce n'est pas parce que j'ai fait la passe intérieure que mon rôle se terminait, au contraire je me devais de continuer ma course pour être au soutien de Rory et pouvoir concrétiser l'action.

" Je dois encore améliorer mes placements défensifs, mes anticipations ou encore certains timings sur les lancements"

Sur l'action vous faites successivement parler votre habileté sous les ballons hauts, votre pointe de vitesse et enfin votre sens du placement. Vous êtes l'archétype de l'arrière moderne...

J. D. : En ce début de saison, j'enchaîne les titularisations au poste d’arrière, donc les repères sont présents et la confiance également, ce qui me rend performant sur le terrain. Les coaches me demandent de mettre beaucoup de vitesse dans le triangle de derrière : c'est ce que je m’efforce d'apporter lors des contre-attaques mais également sur les prises d'intervalles. A contrario, je dois encore améliorer mes placements défensifs, mes anticipations ou encore certains timings sur les lancements.

Vous en êtes à sept essais inscrits depuis le début de saison (toutes compétitions confondues). Quel est celui dont vous êtes le plus fier ?

Seul Castrais a avoir été titularisé sur les neuf premières journées de Top 14, vous êtes un pilier de l'équipe...

J. D. : J'arrive à un âge avancé (29 ans) donc j'ai gagné en maturité au fil des saisons et profite aujourd'hui de toutes les opportunités que les coaches me donnent. Suite aux blessures de Pierre (Bérard) et Geoffrey (Palis), j'ai été repositionné à l'arrière et j'ai eu la chance de pouvoir attaquer tous les matches à ce poste-là. J'essaie d'apporter un maximum au groupe, que ce soit sur le terrain mais également à travers certaines prises de parole. Au même titre que les autres leaders de jeu, je prends mon rôle au sérieux et tends à tirer l'équipe vers le haut.

" Tout joueur conserve l'équipe de France dans un coin de sa tête... et garde donc un petit espoir, même inconscient"

Vous battez d'ores et déjà votre record d'essais sur une saison en Top 14 avec six essais inscrits. Comment expliquer votre début de saison ?

J. D. : Je me sens bien physiquement mais également en dehors du rugby, ce qui est important pour être épanoui sur le terrain. Je suis dans cette équipe depuis quatre ans et m'y sens à ma place. Cela se ressent sur mon début de saison : je prends énormément de plaisir.

Est-ce que vous avez l'équipe de France dans un coin de la tête, d'autant que personne ne s'est vraiment imposé au poste d'arrière ?

J. D. : Après notre début de saison difficile, je me focalise uniquement sur l'équipe de Castres, nos résultats ainsi que nos prochaines échéances. Concernant ma non-présence dans la liste ? Il n'y a pas de déception parce que les autres joueurs appelés sont de qualité. Même si tout joueur conserve forcement l'équipe de France dans un coin de sa tête...et garde donc un petit espoir, même inconscient.

Quel serait l'essai de vos rêves ?

J. D. : (Hésitations) A la suite d'une contre-attaque, marquer un essai de plus de cinquante mètres me comblerait... c'est peut-être le genre d'essai qui me manque. Nous rêvons tous de marquer de cette façon lors d'un match de phase finale, ou dans un grand match face à une grosse adversité.

Propos recueillis par Johan CAILLEUX

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