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TOP 14 - Stade toulousain : Thierry Dusautoir, l'adieu aux larmes

Dusautoir, l'adieu aux larmes

Le 19/04/2017 à 15:30Mis à jour Le 19/04/2017 à 15:59

TOP 14 - Le capitaine du Stade toulousain a confirmé ce mercredi qu’il mettait un terme à sa carrière lors d’une conférence de presse pleine d’émotion. Rugbyrama y était pour vous…

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"Je vous préviens que je vais parler plus de cinq minutes, ne soyez pas surpris" a-t-il d’abord commencé dans un sourire plein d’autodérision. Lui, le taiseux s’est ensuite plongé "sur près de vingt ans de rugby". Il a commencé par ses débuts à Tréllisac où Florent, Alex, Jean et Arnaud, ses quatre amis, l’ont un jour convaincu de "mettre des crampons" en lui prêtant "leurs shorts". "Ils ont changé ma vie en faisant d’un adolescent timide quelqu’un qui a pris confiance en lui grâce au rugby" se souvient-il avant de remercier "tous les anonymes ou les bénévoles qui m’ont permis de faire cette carrière".

Des larmes dans les yeux, des sanglots dans la voix…

A 35 ans, Thierry Dusautoir a donc décidé d’y mettre un terme ce mercredi et il n’a voulu oublier personne au moment de quitter la scène. De Mr Gautry, celui qui "a su convaincre ma mère de me laisser jouer au rugby", entre Trélissac et Périgueux, en passant par Bernard Legrand et Michel Maillet, ceux qui lui ont donné sa chance en signant à Bordeaux pour plonger dans le monde professionnel tout en continuant ses études.

Thierry Dusautoir et Jean-Réné Bouscatel (Toulouse) - 19 avril 2017

Thierry Dusautoir et Jean-Réné Bouscatel (Toulouse) - 19 avril 2017AFP

Il n’a pas pu retenir ses larmes plus longtemps quand il a justement évoqué Yann Le Petitcorps, un enseignant de l’Université de physique-chimie de Bordeaux 1 qui l’a aidé à avoir son diplôme d’ingénieur en 2005. "Il a toujours été là pour moi et je lui en serai éternellement reconnaissant" l’a-t-il remercié, des sanglots dans la voix.

Novès, son mentor

Devant la trentaine de journalistes présents pour l’occasion mais aussi Fabien Pelous ou Jean-Louis Putinier, l’ancien intendant du club, il a ensuite raconté ses premiers pas à Colomiers (2003) où il a connu sa première blessure avant de rejoindre "les Galactiques" de Biarritz (2004) et ses stars comme "Yachvili, Betsen, Traille, Brusque et tous ceux que je ne voudrais pas oublier".

Thierry dusautoir (Toulouse) - avril 2017

Thierry dusautoir (Toulouse) - avril 2017Icon Sport

En 2006, il cède "sans hésiter" à la cour de Guy Novès, qui lui demande de le rejoindre à Toulouse. Le début d’une aventure de onze ans en Rouge et Noir et le souvenir d’une relation "très forte" avec l’actuel sélectionneur des Bleus, son "mentor". "J’avais envie de connaître ce club, curieux de savoir comment il faisait pour gagner et susciter autant de passion" se remémore-t-il. "Ici, j’ai connu les plus belles années de ma carrière" affirme-t-il en évoquant notamment le titre de 2008 et "cette folie place du Capitole quand après sept ans d’attente, on a enfin ramené le Bouclier à nos supporters".

" Je ne sais toujours pas pourquoi Liévremont m’a confié le capitanat..."

Sélectionné 80 fois en équipe de France, Dusautoir est aussi revenu sur sa riche carrière. "Cette chance que j’ai su saisir quand Laporte m’a appelé pour remplacer Vermeulen et participer à la Coupe du monde 2007" et ce pic que représente encore aujourd’hui cette finale de 2011. "C’est un lien que nous garderons toute notre vie avec tous ceux qui l’ont vécu" dit-il.

Dusautoir avec les Bleus lors du Mondial 2007

Dusautoir avec les Bleus lors du Mondial 2007AFP

"Mon histoire avec l’équipe de France, c’est aussi ces 56 capitanats. Je ne saurai pas dire encore aujourd’hui pourquoi Marc Lièvremont me l’a confié" sourit-il. Les yeux rougis, "Titi" a ensuite affirmé vouloir profiter "jusqu’au bout" de sa vie de rugbyman professionnel. Les adieux avec ses supporters sont prévus pour le 6 mai prochain à l’occasion de la dernière journée de Top 14, à domicile face à Bayonne. Seule ombre au tableau : son immense carrière ornée de cinq Brennus (2005 et 2006 avec Biarritz, 2008, 2011 et 2012 avec Toulouse) et d’une Coupe d’Europe (2010), "Titi" va malheureusement l’achever sans phases finales.

Bouscatel : "Permets-moi de te dire que tu es un très grand…"

"Le rêve absolu aurait été de quitter le club en meilleure position, voire sur un titre. Ce ne sera pas le cas et j’en suis triste mais j’ai eu beaucoup de chance dans ma carrière et je remercie le rugby pour cela" a-t-il ensuite conclu sous les applaudissements nourris.

"Il y a des grands, il y a des très grands, et permets moi simplement de te dire que tu es un très grand. Tu fais partie de cette grande famille à tout jamais" a ensuite salué le Président Jean-René Bouscatel, assis à ses côtés. Dans un club qui a souvent eu du mal à soigner la sortie de ces joueurs emblématiques, ce dernier a précisé que "c’est lui (Dusautoir, ndlr) qui avait pris cette décision", évitant ainsi de passer pour celui qui n’aura pas prolongé l’ancien taulier du vestiaire.

Thierry Dusautoir et Jean-Réné Bouscatel (Toulouse) - 19 avril 2017

Thierry Dusautoir et Jean-Réné Bouscatel (Toulouse) - 19 avril 2017AFP

De rugbyman à entrepreneur

Son après carrière, Thierry Dusautoir l’a préparé depuis un moment. "L’après, j’y pense depuis le début en fait et je vais pousser avec beaucoup d’enthousiasme la porte que j’ai commencé à entrouvrir il y a quelques années, celle de ma deuxième vie, celle d’entrepreneur" affirme-t-il. Associé depuis 2009 dans une entreprise spécialisée dans le marketing digital avec César Camy, son "ami", il a également une société d’import - export vers l’Argentine et il compte bien "s’investir à 100% dedans".

Il va aussi pouvoir profiter à temps plein de Canela, sa petite fille de deux ans, et de Sofia, son épouse argentine et sœur de l’ancien centre agenais Miguel Avramovic. Bon vent Monsieur Dusautoir…

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