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TOP 14 - La Section paloise, une incursion parmi les grands

Pau, une incursion parmi les grands

Le 14/06/2017 à 14:27Mis à jour Le 14/06/2017 à 15:39

TOP 14 - Suite de notre bilan de la saison avec Pau. Remontée en Top 14 il y a deux saisons, la Section paloise a, un temps, joué les troubles fêtes en fin de saison, avant de manquer la qualification sur les derniers matches. Une apparition qui ne devrait pas rester sans lendemain.

La saison : l'inconstance comme maître-mot

Sans trois défaites, aussi imméritées que déconcertantes, concédées à domicile en début de saison, contre Toulon, Bordeaux-Bègles et Toulouse, la Section aurait pu monter dans le train des barragistes ce printemps. Même si la prudence s'impose par rapport à ce constat, ces faux-pas à la maison, assortis d'indiscutables revers à l'extérieur, ont plombé la première partie du championnat des Palois. Si bien qu'à mi-parcours, les hommes de Simon Mannix pointaient à une peu honorable 12e place, cinq longueurs devant Bayonne, premier relégable. Bien qu'ils s'en défendaient, les Vert et Blanc avançaient un œil rivé sur le rétroviseur. La mêlée souffrait, la conquête était à la peine et le jeu entâché de maladresses tardait à se mettre en place. La venue de Clermont début décembre laissait présager le pire.

Louis Dupichot (Pau) face à Clermont - 3 décembre 2016

Louis Dupichot (Pau) face à Clermont - 3 décembre 2016AFP

Ce jour-là, sous un soleil printanier et des températures douces, il régnait une ambiance de fête au Hameau. Les Béarnais ont livré le plus beau match de leur saison. Un festival d'essais ponctua un débat de haute qualité et la victoire à la clé des partenaires de Julien Pierre (40-35) fit chavirer le stade. Cette rencontre provoqua le déclic attendu. Comme par enchantement, tout alla ensuite beaucoup mieux.

Les Palois alignèrent huit matches sans défaite, parmi lesquels les victoires à Bordeaux et Toulouse. En voyant les leurs s'emparer de la 4e place, les supporters ont un moment rêvé d'une place de barragiste. Ironie du sort, c'est à Clermont, lors du match retour, que la Section, battue 65 à 13, perdit une partie de ses illusions. D'autant qu'en parallèle, plusieurs titulaires furent écartés des terrains par des blessures au long cours, parmi lesquels Conrad Smith et Colin Slade. En décrochant ensuite un seul succès lors des cinq derniers matches, les Vert et Blanc dégringolèrent à la 9e place (57 points). Un classement qui reflète leur inconstance, mais qui marque toutefois une progression puisqu'ils avaient terminé 11e la saison précédente.

Le chiffre : 8

Cela restera le chiffre marquant de la Section cette année. Huit comme les huit rencontres alignées sans défaite par les Palois, du 3 décembre au 11 mars. Voilà une performance qui s'inscrit en lettres capitales dans l'histoire du club. Bien que le début du championnat chaotique ne laissait pas présager un tel scénario, à la mi-saison la mêlée retrouva de la stabilité, la conquête s'embellit et le jeu mieux léché mit en difficulté les défenses adverses. Le travail portait certes ses fruits, mais de là à imaginer les Vert et Blanc battre successivement Clermont, Bordeaux-Bègles, Montpellier, Lyon, Toulouse, Grenoble, Castres et décrocher le nul à Bayonne, alors que le voisin basque visait particulièrement ce match, il y avait un pas que peu de monde aurait osé franchir. Et pourtant, ils l'ont fait ! Ces résultats ont jeté le trouble parmi les grands du Top 14 qui, suite à ce grand huit, ont pris ce petit Poucet plus au sérieux.

La révélation : Malik Hamadache

Arrivé à l'intersaison d'Albi en Pro D2, Malik Hamadache, 28 ans, a véritablement éclos cette saison sous le maillot vert et blanc. Ce pilier aux mensurations hors norme, 1,93 m pour 142 kg, a pris une part prépondérante dans l'embellie de la mêlée de la Section vers la mi-saison. Lui et son partenaire Mackintosh (pilier gauche) ont permis à un pack en souffrance de réenclencher la marche avant et de mettre à son tour au supplice quelques grosses mêlées du Top 14.

Des progrès qui sont également à mettre à l'actif de Carl Hayman, ancien pilier des All-Blacks (45 sélections) et de Toulon, qui entraîne les avants. Cet entraîneur proche des joueurs, très discret depuis son arrivée dans la capitale béarnaise, a su transmettre patiemment son savoir et son expérience à Malik Hamadache. La poutre du pack palois s'est même fait remarquer par Pierre Mignoni, coach des Barbarians français. Ce dernier l'a appelé pour disputer les deux matches que la sélection livrera en Afrique du Sud, à Durban le 16 juin, et à Johannesbourg le 23 juin.

Malik Hamadache (Pau)

Malik Hamadache (Pau) AFP

La déception : Taniela Moa

Venu à Pau après la Coupe du monde 2011 alors que la Section évoluait en Pro D2, Taniéla Moa aura été, par son inconstance, l'une des plus grandes déceptions de ces dernières saisons. Présenté comme une rock star au Hameau dès qu'il foula le sol béarnais, le numéro 9 était à l'époque auréolé de la magnifique prestation réalisée par le Tonga face à l'équipe de France en match de poule. Rencontre au cours de laquelle les Français avaient été battus 19 à 14. Joueur talentueux, au bagage technique impressionnant, Tanièla Moa était à lui seul capable de faire basculer un match sur un mouvement ou un geste de génie.

Sa longue passe offrait un confort appréciable à l'ouvreur qui jouait à ses côtés. En proie à des soucis de régularité, Moa ne s'est jamais adapté à la discipline prônée par Simon Mannix et à son système de jeu. Des supporters voulant sauver le soldat Moa ont eu beau lancer en fin de saison une pétition, via les réseaux sociaux, le staff n'a pas souhaité le conserver. Lors de l’officialisation du non-renouvellement du contrat, le président Pontneau a déclaré : "À un moment, le talent ne suffit pas." Dommage que l'esprit fantasque du Tongien l'ait empêché de s’épanouir et de prétendre à la brillante carrière à laquelle il était promis.

L'avenir : poser de solides fondations

11e au classement à l'issue de sa première saison en Top 14, 9e cette année, la Section veut progresser dans la hiérarchie la saison prochaine. "Bien sûr que notre objectif est d'être dans la progression", déclarait récemment le vice-président Yannick Le Garrérès. "Néanmoins, nous devons nous appliquer à poser de solides fondations afin de nous installer durablement dans ce championnat, avant de viser un Top 6 ou un Top 4." Un Top 6 décroché cette saison aurait été en ce sens prématuré, car il était synonyme de grande Coupe d'Europe avec un groupe encore en construction. D'autant que la Challenge Cup jouée ces deux dernières saisons a davantage servi de faire-valoir que de véritable compétition. Il conviendra, peut-être, de tenter d'y jouer un rôle en 2017/2018.

Les joueurs de la Section paloise

Les joueurs de la Section paloiseAFP

Le recrutement : pas de folies mais du solide

De l'expérience sans nom clinquant. Voilà comment pourrait être caractérisé le recrutement de la Section paloise en vue de la saison prochaine. Pour se rapprocher un peu plus des places qualificatives, Simon Mannix et son staff ont misé sur Thomas Domingo, l'international sud-africain Lourens Adriaanse (pilier, 6 sélections), le deuxième ligne Dave Foley qui arrive du Munster, le centre clermontois Benson Stanley et Frank Halaï, ailier tongien et international néo-zélandais. Par ailleurs, Laurent Bouchet, Martin Puech, Peter Saili, Florian Nicot et Adrien Planté viennent renforer le groupe.

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