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Top 14 - Racing 92 : Soldat, phénomène, champion olympique, offloads... voici Leone Nakarawa

Prison militaire, phénomène, champion olympique, offloads... voici Leone Nakarawa

Le 22/09/2016 à 11:13

TOP 14 - Recrue phare de l'intersaison francilienne, Leone Nakarawa est arrivée en France en fin de semaine dernière et devrait faire ses premiers pas avec le Racing 92 samedi à Castres. Une bonne nouvelle pour le Top 14 qui va découvrir un joueur hors du commun.

3 semaines dans une prison militaire avant le départ pour l'Écosse

La carrière de Leone Nakarawa s'est jouée sur une base militaire. C'est en tant que soldat de l'armée fidjienne, pour laquelle il s'est engagé à l'âge de 18 ans, que le jeune homme a découvert le rugby à bon niveau. Sa carrure (2 m ; 109 kg) et ses aptitudes naturelles lui ont ouvert dès 2009 les portes de la sélection nationale, et il est retenu pour disputer la Coupe du monde 2011, à l'instar de son futur partenaire au Racing Albert Vulivuli. Il doit alors démissionner temporairement de l'armée puisque la loi neo-zélandaise interdit sur son sol l'entrée de militaires fidjiens depuis un coup d'état dans l'archipel en 2006.

Jusqu'ici, tout va bien. Mais cela se gâte deux ans plus tard lorsque ses performances tapent dans l’œil des recruteurs européens. Les Glasgow Warriors empochent la mise : "Quand tu veux traverser les océans, tu dois démissionner de l'armée dans les règles", racontait-il peu après sa mésaventure. I"ls m'ont dit de venir pour régler des détails et qu'après je pourrai partir. Sauf que j'ai été confiné 3 semaines dans l'équivalent d'une prison militaire".

Un vilain traquenard qui se règle par une proposition bien tordue. Le jeune Leone doit faire gagner l'équipe de la base dans un match important s'il veut voir ses rêves de départ se réaliser. La partie est gagnée, Nakarawa est libre et peut rejoindre Glasgow.

Un deuxième ligne unique

Détaché de ses chaînes, Leone Nakarawa en a mis plein la vue à la Ligue celte. Il faut dire qu'on ne croise pas pareil phénomène tous les jours. Des géants hyper physiques, bons sauteurs et très dur à mettre au sol, le rugby britannique en a pourtant sorti quelques spécimens par le passé. Des rapides, doués balle en main, aussi. Mais les deux critères combinés en un seul homme, jamais.

Leone Nakarawa avec Glasgow en janvier 2016

Leone Nakarawa avec Glasgow en janvier 2016Icon Sport

"Pour l'avoir joué deux fois l'an dernier, on sait que ce n'est pas un deuxième ligne comme tout le monde", confirme Maxime Machenaud. "C'est quelqu'un de très athlétique et même s'il n'est pas aussi rapide qu'un ailier, il est très habile de ses mains". Un profil qui n'existe pas non plus en France.

Champion olympique à Rio

C'est simple, recensez tous les meilleurs deuxième ligne français et imaginez ensuite combien d'entre eux pourraient évoluer à bon niveau à 7. Disons très peu... Et quoi de plus normal, puisqu'on n'attend pas (encore) de ces travailleurs de l'ombre d'aller vite et de répéter les courses. Nakarawa en est non seulement capable, mais il a réussi à convaincre le désormais célèbre Ben Ryan, ancien sélectionneur des Fiji 7's, de l'intégrer juste avant les Jeux Olympiques de Rio dans sa bande de magiciens

"C'est un joueur très important pour l'équipe et qui adore jouer à 7", nous déclarait Ryan lors de l'étape de Paris en mai. "Il veut toujours faire vivre la balle et il est résiste très bien aux plaquages donc il peut faire jouer derrière lui. Il est tout simplement unique". Le technicien anglais n'a pas regretté de l'avoir pris dans ses bagages puisque Nakarawa, tout comme ses partenaires, à brillé au Brésil, marquant même un essai lors de la finale à sens unique contre la Grande-Bretagne (43-7).

Nakarawa lors des JO de Rio

Nakarawa lors des JO de RioIcon Sport

L'Argentin Juan Imhoff, qui a croisé sa route à Rio, n'a plus qu'une envie, jouer avec et non plus contre le phénomène : "À la fin de notre aventure aux JO, j'étais évidemment un peu triste, mais un peu content aussi de me dire qu'on allait l'avoir avec nous au Racing. De par mon poste, je vis des ballons que peuvent me donner mes coéquipiers. Nakarawa est capable de donner de très bons ballons et si j'arrive à le suivre, ce qui ne sera pas évident, j'aurais forcément la banane". Ses entraîneurs et ses coéquipiers aussi.

Le roi du offload

Sa grande spécialité, celle que les défenseurs du Top 14 vont apprendre à leurs dépends, c'est la passe après contact. Ils se demanderont sûrement pourquoi ce grand bonhomme reste autant de temps debout avant de tomber et comment fait-il pour passer ses bras tentaculaires, même souvent un seul. Ils regarderont alors peut-être ses exploits sur Youtube et verront que d'autres avant eux s'y sont déjà cassés les dents. Nakarawa est sûrement le profil du deuxième ligne de demain, mais à l'heure actuelle, il n'y en a tout simplement pas deux comme lui.

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