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TOP 14 - Depuis la fusion avortée, le Racing 92 s’est fait un nouvel ennemi : Montpellier

Depuis la fusion avortée, le Racing s’est fait un nouvel ennemi : Montpellier

Le 18/05/2017 à 09:29

TOP 14 - Relativement normales jusqu’à cette année, les relations entre le Racing 92 et le MHR se sont particulièrement tendues depuis l’épisode de la fusion avortée. Retour sur les évènements qui ont fait monter la température entre les deux clubs.

17 mars : le Racing obtient le report du match à Montpellier

C’est l’élément déclencheur des hostilités. Quatre jours après l’annonce de la fusion entre le Racing et le Stade français, la LNR décide de reporter les matches du week-end des deux clubs, respectivement à Montpellier et à Castres, sous la pression des Ciel et Blanc qui ont menacé de faire grève à leur tour (une version contestée par certains joueurs franciliens).

Cette décision attise la colère de Mohed Altrad, qui y voit une manigance du Racing visant à récupérer ses internationaux sur le pont pour France - pays de Galles, avec la complaisance de la Ligue. Pour écarter la suspicion, le champion de France publie rapidement un communiqué dans lequel il s’engage à ne pas aligner ses internationaux lorsque le match sera rejoué. Pas suffisant pour calmer Altrad.

Mohed Altrad - MHR

Mohed Altrad - MHRIcon Sport

18 mars : Poite vient constater l’absence des Racingmen

Bien décidé à contre-attaquer, le président montpelliérain saisit la justice et demande à ses joueurs de se rendre au stade le lendemain. Romain Poite est invité à en faire de même avec l’aval de la FFR. L’arbitre pose même avec Fulgence Ouedraogo, capitaine héraultais du soir et la photo est immédiatement diffusée sur les réseaux sociaux. Comme pour immortaliser l’alliance naissante entre le MHR et la Fédération. Le mercredi suivant, cette dernière réforme la décision de reporter les deux matches prise par la Ligue, lui déclarant ouvertement la guerre.

11 avril : Altrad bloque les tentatives de compromis sur l’attribution des points des matches reportés

Près d’un mois après la fusion avortée, la LNR convoque les présidents de tous les clubs professionnels à Orly (Val-de-Marne) pour une réunion de crise. Ceux-ci renouvellent leur confiance à Paul Goze à l’exception de Mourad Boudjellal et Mohed Altrad. Ce dernier se distingue également en opposant un refus catégorique à chaque proposition d’accord à l’amiable sur l’attribution des points des matches reportés.

Pour lui, le Stade français mais surtout le Racing 92, qu’il juge comme un adversaire plus crédible pour les phases finales, doit perdre deux points sur tapis vert. Une attitude qui lui vaut les invectives de Jacky Lorenzetti, présent à la réunion et agacé par l’attitude de son homologue montpelliérain. Altrad quitte d’ailleurs la réunion le premier, bien avant les autres présidents. Le Conseil d’État tranche donc le lendemain et donne raison à la Ligue : Montpellier - Racing 92 et Castres - Stade français se joueront bien sur le terrain.

Mohed Altrad - Montpellier

Mohed Altrad - MontpellierIcon Sport

22 avril : les banderoles de la discorde…

C’est dans ce contexte très particulier que le MHR et le Racing se retrouvent pour disputer la rencontre. Et le ton est donné avec des banderoles déployées dans l’Altrad Stadium, particulièrement hostiles à Jacky Lorenzetti et Paul Goze ("Équité sportive = Goze démission", "Équité sportive ? Merci qui ? Merci Jacky et Paul", "Grève fictive = tricherie", "Goze + Lorenzetti, le menteur – le tricheur…"). Avant la rencontre, le président du Racing déambule sur le terrain, armé de son smartphone pour les prendre en photo. Son objectif : faire constater que ces banderoles, aux lettres calligraphiés, ne peuvent avoir été produites qu’en imprimerie, et auraient donc été financées voire commanditées par le MHR.

Le dossier est en cours d’examen du côté de la LNR et Paul Goze, que nous avons joint, semble décidé à frapper fort : "C’est le fait de laisser faire les choses qui me gêne le plus. Les clubs sont responsables de la sécurité dans leur stade et lorsqu’il y a un débordement, ils doivent eux-mêmes intervenir au plus vite. Dans les deux minutes où les banderoles ont été posées, elles auraient dû être enlevées. Malgré les demandes qui ont été faites par les représentants de la Ligue au stade, il a fallu attendre plus de soixante minutes de jeu pour que ce soit le cas. Elles sont restées aussi longtemps de manière volontaire et c’est cela qu’il faut sanctionner".

Les banderoles affichées dans l'Altrad Stadium

Les banderoles affichées dans l'Altrad StadiumAFP

22 avril (bis) : et les accusations sans filtre de Labit…

Sur le terrain, il n’y a pas photo. Le Racing est passé à la moulinette par le MHR (54-3). Une correction qui irrite l’entraîneur francilien Laurent Labit. Et comme souvent dans pareil cas, l’ancien Castrais jette la langue de bois et sort l’artillerie lourde contre Altrad : "On est au milieu de la guerre entre la Fédé et la Ligue. D'un côté, il y a des revendications sur notre président et la Ligue. D'un autre côté, on sait tout ce que le président de Montpellier a entrepris. Il a acheté la Fédération, le maillot en particulier, et une partie de la presse".

Invité à s’excuser par son club pour éviter des poursuites judiciaires, Labit s’exécute le lendemain par communiqué. Mais nul doute qu’il a gardé au fond de lui beaucoup de rancœur de cet épisode et une envie débordante de prendre sa revanche. Il en aura l’opportunité samedi avec ce barrage qui sent la poudre entre les nouveaux ennemis du rugby français.

Laurent Labit (Racing 92)

Laurent Labit (Racing 92)Icon Sport

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