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Jacky Lorenzetti : "On a l'impression qu'on traitait d'un problème de drogue dans les banlieues"

Lorenzetti : "On a l'impression qu'on traitait d'un problème de drogue dans les banlieues"

Le 18/10/2016 à 17:10

AFFAIRE CORTICOIDES - Bien décidé à régler ses comptes avec ses accusateurs, Jacky Lorenzetti, accompagné du duo Travers-Labit et du médecin du club Sylvain Blanchard, a tiré à vue ce mardi. Le président du Racing 92 a souhaité rappeler ses devoirs à certains...

Le Racing 92 avait promis de contre-attaquer après les remous de l'"affaire des corticoïdes" et a tenu parole. Quelques heures après réception de la notification de la commission de la FFR qui a blanchi Dan Carter, Joe Rokocoko et Juan Imhoff, le club des Hauts-de-Seine a convoqué la presse. Pour réagir mais aussi pour dénoncer, par l'intermédiaire de son président Jacky Lorenzetti. "Le rugby sort propre de cette affaire, nos joueurs sont innocents, le médecin a fait son boulot et le Racing 92 est éthique", s'est d'abord réjoui l'homme d'affaire franco-suisse. "C'est bien que vous (les journalistes, ndlr) fassiez votre boulot mais c'est moins bien que certains puissent s'autoriser des amalgames et des raccourcis".

Venu avec les preuves de l'innocence de ses joueurs, Jacky Lorenzetti a aussi tenu à apporter un exemplaire du journal L'Équipe datant du jour des auditions des trois joueurs à Marcoussis afin de donner la leçon aux journalistes présents dans la petite salle du centre d'entraînement du Plessis-Robinson. "On a l'impression qu'on est en train de traiter d'un problème de drogue dans les banlieues. Regardez la photo de Dan Carter ! On le devine dans une voiture, vitre teintée. On a l'impression que c'est le chef d'un clan mafieux qui vient témoigner ! Le parti pris a été non pas de traiter cette affaire honnêtement mais d'agresser le club". Et le président du Racing 92 de poursuivre dans son idée en brandissant le journal incriminé. "Voyez, le titre aurait pu être ''Rififi, je ne sais où'' car je ne voudrais pas citer de villes pour ne pas m'attirer de problèmes. Sur une autre photo, on est en plein jour et pourtant Joe Rokocoko apparaît très sombre, comme s'il se cachait".

Lorenzetti : "Le rugby était visé, le sport aussi"

Après avoir retracé le timing de l'affaire, qui lui a été révélée par un confrère de Canal+ le 1er septembre, Jacky Lorenzetti a assuré avoir été très tôt convaincu de l'innocence de ses joueurs. "Je les ai réunis très vite, on s'est regardé dans le blanc des yeux et je leur ai demandé : ''vous avez fait une connerie ?'' et ils m'ont juré que non".

"À notre avis, le rugby était visé, le sport aussi et on a voulu faire du sensationnel", poursuit Lorenzetti. "Des médias deviennent tabloïds, c'est leur droit, mais on n'a pas le droit de salir des hommes, un club et un sport. J'en veux beaucoup au groupe L'Équipe qui est loin d'être exempt de tout reproche. Un débat a peut-être été ouvert sur la médicalisation dans le sport. Mais dans ce cas parlons du football, de l'haltérophilie, du tennis et pas uniquement de ce qui se passe dans les Hauts-de-Seine".

Venu également s'expliquer, Sylvain Blanchard, le médecin du club, a voulu donner son point de vue. "Je n'ai pas l'habitude d'administrer des glucocorticoïdes de façon trop rapprochée d'un match car l'efficacité n'est pas aussi avérée que cela lorsqu'on ne prend pas le temps de le faire correctement et, deuxièmement, ce sont des traitements un peu agressifs et donc pas anodins. Si on me pose la question, je suis complètement pour laisser les glucocorticoïdes sur la liste des produits interdits". Mais le médecin a immédiatement été interrompu par son président. "Ce n'est pas le sujet ! Le sujet, c'est que tu es innocent, que le Racing 92 est innocent. Après, c'est un autre sujet". Une polémique suffit.

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