Hugo Bonneval (Stade français) face au Racing 92 - octobre 2015 - Icon Sport
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TOP 14 - Stade français-Racing 92 - Paris ou la peur du ridicule

Le Stade français ou la peur du ridicule
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 11/03/2016 à 09:58 - Publié le 11/03/2016 à 09:55
Par Vincent Péré-Lahaille - Le 11/03/2016 à 09:58

TOP 14 - Après sa défaite à Pau (19-12), le Stade français est un peu plus menacé par la relégation. Mais au moment de recevoir le Racing 92 à Jean-Bouin (samedi, 14h30), la priorité du club parisien est ailleurs : éviter le ridicule.

Le Stade français n’a pas encore changé de sport. Même sous la menace d’une relégation. Jeudi, sur sa pelouse d’entraînement du Saut-du-Loup en plein cœur du Bois-de-Boulogne, les Parisiens ont toutefois laissé de côté le rugby à 15 le temps d’un échauffement original en mode footy (football australien). Quinze minutes pour oublier le mal de tête d’une douzième place, après le revers enregistré à Pau (19-12), et préserver cette bonne humeur qui sauve encore le groupe de la sinistrose. "C’est bien d’avoir un groupe qui a le sourire, où ça rigole un peu", confie le trois-quarts aile Djibril Camara. "Si tu te trouves dans un groupe qui a la tête au fond du seau, t’as pas envie d’aller batailler le week-end. C’est bien qu’il y ait cette humeur sinon, dans nos têtes, on se dirait que c’est terminé".

Johan Goosen (Racing 92) face au Stade français - 23 octobre 2015
Johan Goosen (Racing 92) face au Stade français - 23 octobre 2015 - AFP

Quesada: "Je sens qu’on joue plus avec la peur au ventre quand on reçoit des équipes que l’on devrait gagner sur le papier"

Si la course aux phases finales (le club pointe à 19 points de la 6ème place occupée par Montpellier, NDLR) n’est plus d’actualité, le maintien est en revanche une réalité un peu plus menaçante au moment d’affronter le Racing 92 dans le cadre du derby francilien (samedi, 14h30). "La motivation apparaît toute seule. On joue à la maison contre peut-être la meilleure équipe du Top 14", souligne le Directeur Sportif Gonzalo Quesada. "On sent que c’est le moment pour nos joueurs de hisser leur niveau pour rivaliser. Après, peu importe la notion de derby, même si on a presque 30 points d’écarts (28 NDLR), notre destin dépend un peu de ce match. Mais le fait d’être vraiment dans des conditions compliquées enlève un peu la pression. Je sens qu’on joue plus avec la peur au ventre quand on reçoit des équipes que l’on devrait gagner sur le papier. Là, l’adversaire est tellement compliqué que les joueurs n’ont pas cette notion de pression".

Sempéré: "C’est dur à dire mais à l’heure actuelle, on est à notre place"

Pour briser l’hégémonie des coéquipiers de Dimitri Szarzewski, l’Argentin pourra s’appuyer sur les retours de blessure du troisième ligne sud-africain Willem Alberts (biceps) et du talonneur Rémi Bonfils ainsi que sur la présence de certains internationaux libérés par le staff du XV de France (Jonathan Danty, Djibril Camara, Hugo Bonneval). Mais l’inquiétude reste pesante. "On essaye de se croiser, d’échanger, de trouver des solutions pour voir comment rebondir", avoue Quesada. "Il faut travailler sans trop paniquer, en essayant de retrouver nos repères".

Laurent Sempéré (Stade français) - 2015
Laurent Sempéré (Stade français) - 2015 - Icon Sport

Mais après deux revers consécutifs, dont cette claque à domicile contre Grenoble (18-33), difficile de nier l’évidence du classement. "C’est dur à dire mais à l’heure actuelle, on est à notre place", reconnaît le talonneur Laurent Sempéré. "Ce n’est pas une situation à laquelle on est habitué, en tout cas on n’y était plus habitué. Cette saison, c’est un peu les montagnes russes émotionnellement. Il y a beaucoup de frustration par rapport à ce qu’on est capable de produire sur le terrain. Ce qui se dégage le plus, c’est de la fébrilité. Par moment, on a été paralysé mais notre collectif reste une force. On commencera à être vraiment en danger à partir du moment où on aura plus cette confiance mutuelle".

Camara: "Il faut tout faire pour sortir ce club de cette merde…"

Leader du Top 14, les Racingmen emmenés par Dan Carter n’auront donc aucune pitié à enfoncer davantage les Parisiens dans les abysses du classement. "Si on n’est pas au niveau contre le Racing, on peut vraiment prendre cher", prévient Gonzalo Quesada. "Il y a la notion de performance mais aussi de caractère, de détermination, de fierté à mettre sur le terrain avant tout". Un état d’esprit irréprochable pour éviter une fin de saison cauchemardesque.

Djibril Camara, l'arrière du Stade français
Djibril Camara, l'arrière du Stade français - Icon Sport

"Il faut tout faire pour sortir ce club de cette merde (sic)", insiste Camara. "On va tout faire pour même si je ne sais pas si on a les ressources mentales. Après, je sens un groupe confiant. Mais je ne pense pas qu’on ait un surplus de confiance". L’honneur sera-t-il le meilleur allié des Parisiens ? "Déjà, on joue pour se maintenir et pour essayer d’être le moins ridicule possible", coupe Camara. "Si on n’est pas ridicule, ce sera un grand pas…"

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