Louis-Benoit Madaule (Bordeaux-Bègles) face à Toulon - 14 février 2016 - Icon Sport
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TOP 14 - Louis-Benoit Madaule (UBB): "L'aventure dans ce XV de France a l'air d'être belle"

Madaule: "L'aventure dans ce XV de France a l'air d'être belle"
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 17/02/2016 à 10:05 - Publié le 17/02/2016 à 09:27
Par Pierre FALAR - Le 17/02/2016 à 10:05

TOP 14 - Régulier dans la performance à l'image de son match face à Toulon (15-12), Louis-Benoît Madaule, troisième ligne ligne devenu capitaine de l'UBB, se rapproche petit à petit du très haut niveau en espérant prochainement voir la vie en Bleu.

On vous sent soulagé d'avoir battu Toulon...

Louis-Benoit MADAULE: C'était une étape primordiale dans la construction de nos objectifs, c'est une réussite. C'est vrai qu'en termes de production, on n'a pas forcément fait un match plein mais en termes de stratégie, d'occupation, de résistance et de défi physique, on est soulagé de la victoire car on a répondu à tout ça.

L'observateur lambda connaissait l'UBB joueuse, il a découvert une équipe pragmatique, sachant alterner.

L-B.M: C'est vrai. On sait qu'il faut avoir différentes formes de jeu pour pouvoir gagner le maximum de matchs. Cette forme de jeu nous a permis de gagner mais on sait qu'il ne faut pas être cloisonné dans une forme de jeu. C'est une source de plus.

Vu son scénario, auriez-vous gagné ce match les saisons précédentes?

L-B.M: Je n'ai pas envie de dire que c'est un match que l'on aurait perdu l'année dernière car une équipe évolue, prend de l'expérience au fil des années. On a des certitudes sur certaines formes de jeu, certaines bases. Il faut arriver à maintenir ça chaque week-end et créer des brèches dans les défenses ce que l'on a pas réussi à faire, sans marquer d'essai mais en poussant l'équipe adverse à la faute. Émile Ntamack le disait pendant le match à la télé, "3+3+3", c'est bien d'arriver à mettre à la faute des équipes comme Toulon, qui est triple champion d'Europe, les grosses écuries. Si on arrive à trouver les solutions pour les mettre à la faute régulièrement, à un moment, cela va sourire.

Louis-Benoît Madaule (Bordeaux-Bègles) face au Montpellier de François Trinh-Duc - 6 septembre 2015
Louis-Benoît Madaule (Bordeaux-Bègles) face au Montpellier de François Trinh-Duc - 6 septembre 2015 - Icon Sport
" C'est interdit pour nous d'avoir un moment de décompression et de ne pas être à la hauteur, quelle que soit l'équipe"

Inconsciemment, existe-t-il un risque de décompression quand on passe du triple champion d'Europe à la lanterne rouge?

L-B.M: Le discours deux heures après le match de Toulon était déjà axé sur Agen, avec de la reconcentration dès le lundi. Si on veut faire un comparatif avec les saisons précédentes, c'est interdit pour nous d'avoir un moment de décompression et de ne pas être à la hauteur, quelle que soit l'équipe. On est déjà sur un gros affrontement. La victoire que l'on a été cherchée chez eux va les galvaniser pour ce week-end, on sait à quoi s'attendre.

Vous sortez d'un gros affrontement, Agen n'a pas joué. En termes de rythme, de fraicheur, de continuité, qui sera avantagé?

L-B.M: On est un groupe de joueurs qui enchaîne, il y a du turnover au sein de l'effectif, on risque d'être sur un pied d'égalité en terme de ratio "temps de jeu-joueurs" et j'espère que ce sera bien pour garder du rythme. Le fait d'avoir joué contre Toulon doit nous permettre d'avoir un maximum de rythme dès l'entame.

Aujourd'hui, vous êtes 40 à l'entraînement, qu'est-ce que cela change au quotidien?

L-B.M: Il y a de la concurrence, plus d'engagement quand il y a les matchs qui arrivent durant les entraînements, il faut se gagner la place. Ce qui est positif, c'est qu'en terme de précision, tout le monde affine la justesse des détails pour être sur la feuille de match. Il y a une émulation collective et cette victoire qui s'est dessinée dans les trois dernières minutes face à Toulon va nous renforcer dans notre objectif et nos certitudes. Au haut niveau, le plus dur est d'arriver à répéter les performances, avoir des bases solides. Après, quand il y aura des matchs importants, c'est sûr qu'il va y avoir de la frustration chez les joueurs qui ne sont pas concernés.

Louis-Benoit Madaule (Bordeaux-Bègles) face à Toulouse - 23 mai 2015
Louis-Benoit Madaule (Bordeaux-Bègles) face à Toulouse - 23 mai 2015 - Icon Sport
" Il faut s'attendre à tout dans un match de rugby, la férocité de l'adversaire et ne jamais prendre quelqu'un à la légère ou trop regarder l'adversaire. C'est quelque chose qui est ancré en moi"

Les joueurs qui n'ont pas joué contre Toulon doivent avoir les dents longues pour la suite...

L-B.M: Pour en avoir discuté avec certains, ils n'ont surtout pas lâché et ils seront prêts à donner le maximum à Agen, contre Pau s'ils n'y sont pas contre Agen, contre Oyonnax s'ils ne vont pas à Pau. C'est dur quand on est joueur de ne pas être concerné, d’être à 100 % au match d'après mais c'est le seul moyen pour que l'équipe progresse.

Sur un plan plus personnel, avez-vous le sentiment d'avoir franchi un cap cette saison?

L-B.M: Oui. Je suis content d'enchaîner les matchs, de voir que contre les équipes du Top 6, physiquement, il n'y a pas de comparaison, j'arrive à dominer des impacts, à régulièrement franchir, à casser des plaquages. C'est quelque chose que j'ai envie de poursuivre, comme la gestion du capitanat, la communication avec le 9 et le 10. C'est du travail au quotidien, il faut être constant sur toute une saison et bon dans les moments clés.

L'appréhension est-elle la même quand vous jouez Smith ou Vermeulen ou la troisième ligne d'Agen?

L-B.M: A Agen, qui est lanterne rouge, il y a aussi des joueurs qui sont aussi hargneux en attaque ballon en main ou en défense que les joueurs du Top 3, pour prendre vraiment les stars. Il faut s'attendre à tout dans un match de rugby, la férocité de l'adversaire et ne jamais prendre quelqu'un à la légère ou trop regarder l'adversaire. C'est quelque chose qui est ancré en moi.

Louis-Benoit Madaule et Raphaël Ibanez (UBB) - 14 février 2016
Louis-Benoit Madaule et Raphaël Ibanez (UBB) - 14 février 2016 - AFP
" Le XV de France? Ce sont des moments auxquels j'aimerais goûter "

Vous êtes bon défenseur, bon en touche notamment au contre, présent dans le jeu courant au soutien, certains comme votre manager ou votre président militent pour vous voir en Bleu. Que vous manque-t-il pour être appelé?

L-B.M: (sourire) Le rugby est devenu tellement ouvert que le joueur qui n'a pas forcément une palette dans tous les secteurs est mis en difficulté. Les situations où il fallait exceller dans une tâche, au niveau international, n'existe plus. Aujourd'hui, un pilier doit savoir faire des passes, courir, un talonneur pareil. En troisième ligne, il y a des profils différents mais quand on voit le pays de Galles avec Sam Warburton et Justin Tipuric qui ont le même profil, ils font ce qu'il faut sur le terrain. Moi, j'essaye d'être bon dans tous les domaines, touche, plaquage-grattage et jouer avec les trois-quarts.

Êtes-vous déçu quand il y a une liste qui tombe et que vous n'y figurez pas?

L-B.M: Bien sûr car je suis un compétiteur et que je regarde toujours vers le haut. Je suis parti de Narbonne pour aller toucher le Top 14. Là, j'ai acquis pas mal d'expérience, j'aimerais toucher la sélection nationale. Après, c'est du travail au quotidien. Quand je vois Jeff (Poirot) et Loann (Goujon) quand ils rentrent, on en discute pas mal. Et puis l'aventure a l'air d'être belle dans cette sélection, les deux premiers matchs ont montré qu'il y avait une équipe, de la joie sur le terrain, une envie de se dépasser pour le maillot. Ce sont des moments auxquels j'aimerais goûter mais c'est toujours pareil, il faut être bon en club, enchaîner les bonnes performances et avoir le facteur chance de notre côté.

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