Noa Nakaitaci, l'ailier de Clermont - Icon Sport
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Top 14, Clermont - Oubliée la Coupe du monde, Noa Nakaitaci rayonne de nouveau

Oubliée la Coupe du monde, Nakaitaci rayonne de nouveau
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 10/03/2016 à 15:25 - Publié le 10/03/2016 à 15:25
Par Julien TEILLER - Le 10/03/2016 à 15:25

TOP 14 - Meilleur Clermontois sur la pelouse de Grenoble (45-12), Noa Nakaitaci est redevenu l’ailier inspiré que l’on connaissait. En difficulté depuis son retour de la Coupe du Monde, l’international est sorti de sa mauvaise passe et se régale à nouveau.

Insaisissable. Six franchissements, une douzaine de défenseurs battus, trois essais inscrits et une passe décisive. Ce sont presque des stats de rugby à 7 qu’a compilé Noa Nakaitaci à Grenoble vendredi dernier, et on s'en tient ici aux seuls chiffres offensifs... L’ailier a affolé la défense iséroise en offrant un aperçu de tout son registre. La vitesse, la dextérité, l’art de l’évitement et la puissance pour s’offrir le premier triplé de sa carrière.

Brillant depuis la trêve

En trois matches depuis la courte trêve de la mi-février, Nakaitaci est monté en puissance de façon spectaculaire, à l'image de toute l'équipe auvergnate. A Castres déjà (20/02), il avait laissé entrevoir les prémices de son retour en forme. Contre Oyonnax (27/02), il avait enfin inscrit son premier essai en Top 14 cette saison, et en avait offert un à Toeava après une relance de grande classe. Impliqué en attaque et en défense, il avait été salué ce soir-là par son coéquipier Wesley Fofana. "Il a fait un gros match et nous a fait du bien en nous faisant constamment avancer. Et son retour sur la dernière action c'est quelque chose de grand pour l'équipe".

Noa Nakaitaci (Clermont) face à Montpellier
Noa Nakaitaci (Clermont) face à Montpellier - Icon Sport

Vendredi au stade des Alpes, il a signé son meilleur match cette saison, de très loin. Associé à Fofana, Davies, Strettle et Spedding, il s’est régalé au cœur d’une ligne de trois-quarts internationale qui pourrait dérouter d’autres défenses cette saison. A condition que cessent les blessures à répétition, pas étrangères au manque de repères dont souffraient les trois-quarts Clermontois ces derniers mois.

Tout sourire face à la presse, le bourreau des Grenoblois préférait remercier ses coéquipiers qu'évoquer ses exploits. "C'est grâce à l'équipe que je fais de bons matches. Derrière, on a bien joué les coups, on s'est fait des passes, j'ai eu des espaces et j'ai saisi les occasions pour marquer. Merci aux mecs de me mettre en bonne situation".

Toujours soutenu par Azéma

Avant d'insister sur le rôle de son entraîneur Franck Azéma, qui ne l'a jamais lâché, le maintenant titulaire ces derniers mois malgré des prestations moyennes. "Cela fait quelques mois que j'essaie de tout remettre en place pour revenir petit à petit. Franck (Azéma) m'a beaucoup aidé, mentalement notamment, à traverser cette période difficile. Il a cru en moi et j'essaie de ne pas le décevoir".

Noa Nakaitaci (Clermont) tente d'échapper à plusieurs Grenoblois
Noa Nakaitaci (Clermont) tente d'échapper à plusieurs Grenoblois - Icon Sport

En écho, Azéma savourait le retour en grâce de son joueur. "Je suis franchement content pour lui qu'il prenne sa revanche. Il fait des matches énormes, et pas seulement sur des choses faciles. Il est très bon sur le pressing, sur le plaquage, et dans son agressivité. Sur les deux derniers matches, il est très actif de la première à la dernière minute".

Les deux hommes se connaissent bien. C’est à l’époque où Azéma était l’adjoint de Vern Cotter en charge des arrières que le Fidjien arrivé au centre de formation de l'ASM en 2010 a débuté avec les pros. Lors du Mondial néo-zélandais en 2011, Noa Nakaitaci avait saisi sa chance, pour ne manquer que quelques matches de la saison 2011-12, et s'installer durablement dans l'équipe.

Touché par l'échec en Angleterre

Sélectionné pour la Coupe du monde avec le XV de France seulement quatre ans plus tard, Nakaitaci reconnaît aujourd'hui avoir eu du mal à tout digérer. En particulier une saison 2014-15 épuisante, avec près de 30 matches disputés en club, et un nouveau statut d’international au sein d’une sélection sous pression. "C'est la première fois que je vivais un truc comme ça, dans un tel environnement, et je pense que c'était beaucoup pour moi".

Noa Nakaitaci, l'ailier du XV de France
Noa Nakaitaci, l'ailier du XV de France - Icon Sport

Personnellement visé par les critiques au cœur du marasme collectif, l’ailier a été marqué par le Mondial raté des Bleus, et a eu besoin de temps pour retrouver avec Clermont son rendement de la saison dernière. "Il a été touché par la Coupe du monde et ensuite par les critiques à son retour à Clermont, qui l'ont mis en difficulté", témoigne Morgan Parra.

Devenu l’une des cibles d’une partie du public lors de la mauvaise passe traversée par l’équipe en décembre et janvier, Nakaitaci ne parvenait plus à masquer sa fébrilité. Parfois distrait en défense, moins tranchant offensivement, il était une pâle copie de lui-même. Très loin du niveau qui l’avait, en toute légitimité au vu de ses prestations la saison dernière, envoyé en Angleterre avec les Bleus.

Pas d'euphorie

"C'est le sport de haut niveau", observe Franck Azéma, fataliste. "Quand tu es touché ça prend des proportions énormes, et quand tu es en réussite ça va dans l'autre sens. Je pense qu'il a beaucoup appris de sa sortie de Coupe du monde, il a mûri, et il faut qu'il soit capable de maîtriser l'euphorie et l'engouement qu'il y a à nouveau autour de lui. Il ne faut pas qu'il s'enflamme, mais il doit savourer les bonnes choses qu'il fait aujourd'hui".

Noa Nakaitaci félicité par ses coéquipiers du XV de France après son essai contre l'Ecosse - 5 septembre 2015
Noa Nakaitaci félicité par ses coéquipiers du XV de France après son essai contre l'Ecosse - 5 septembre 2015 - Icon Sport

Alors que le XV de France se cherche des ailiers, difficile de ne pas penser à lui quand il joue à ce niveau... Mais Nakaitaci laisse couler, et refuse de s'encombrer l'esprit avec un retour en Bleu avant la fin du Tournoi. "Je savais que je ne retournerai pas tout de suite en Équipe de France à cause de mes performances depuis la Coupe du monde, et ces deux mois pendant lesquels je n'ai pas bien joué. Pour l'instant, je me concentre sur le club et sur la qualification pour les phases finales du Top 14. J'essaie de rester humble, les pieds sur terre, de travailler tous les jours pour faire des bons matches tous les week-ends".

En attendant, il suit les débuts en Bleu d'un certain Virimi Vakatawa. "C'est mon cousin éloigné, et j'espère jouer avec lui". S'il continue sur sa lancée ce week-end face à Brive, les retrouvailles entre cousins pourraient avoir lieu rapidement...

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